Paracétamol, quelle surmortalité en cas de coronavirus?

J’ai plaidé  à plusieurs reprises dans Pharmacorama contre l’utilisation systématique du paracétamol en cas de suspicion de grippe ou d’infection par le coronavirus, Covid-19. J’ai conseillé à ma famille et à mon entourage de s’abstenir autant que possible de toute prise de paracétamol dans ce cas.

Je n’ai pas été entendu, du moins par les médias. Aucune réticence à l’égard de l’utilisation systématique du paracétamol dans les infections virales n’a été soulevée et le paracétamol a été  largement utilisé à doses élevées, à l’initiative des malades eux-mêmes ou sur prescription médicale, au point de craindre un épuisement des stocks dans les pharmacies. Cette utilisation a été prônée par le Ministre de la Santé lui-même et par certains papes de l’information médicale. Le paracétamol est ainsi devenu le médicament incontournable de l’infection par le coronavirus .

Cet engouement pour le paracétamol aurait pu être tempéré si la Notice et le Résumé des Caractéristiques du Produit, RCP, du paracétamol avaient mentionné une donnée connue de la littérature à savoir que le paracétamol réduit  la formation des anticorps lors des vaccinations et par conséquent affaiblit les défenses de l’organisme. On comprend que l’industrie pharmaceutique n’ait pas été tentée d’informer sur ce risque, tant le paracétamol se vend à la pelle, et le Ministère  de la Santé a préféré taire ce risque. Prendre 3 ou 4 g paracétamol par jour, même sur une courte durée, n’est pourtant sans doute pas anodin. 

L’extrême diversité de la maladie à Coronavirus, allant des formes inapparentes aux formes mortelles, laisse supposer qu’une certaine immunité acquise non spécifique, dite croisée, ait pu jouer un rôle protecteur et qu’à l’inverse un ou plusieurs facteurs externes, comme la prise de paracétamol, aient pu jouer un rôle aggravant. C’est cette  cette crainte d’aggravation de la maladie qui m’a conduit à préférer l’inconfort transitoire de la douleur et de la fièvre à la prise de paracétamol.

Au point où en sont les choses, on peut craindre qu’aucune étude concernant l’aggravation possible de l’évolution d’une infection virale, grippe ou coronavirus, par la prise de paracétamol, ne soit entreprise. L’industrie pharmaceutique n’y a pas intérêt, elle vend déjà tant de paracétamol, et le ministère de la santé qui s’est engagé en faveur du paracétamol n’a pas intérêt à devoir réviser sa position. Quand au grand public, il dispose d’une arme supposée anodine qui soulage douleur et fièvre, mais aggrave très probablement le pronostic vital.

Dans ce contexte, je demande

  • la révision du RCP et de la Notice du paracétamol pour y introduire la notion  que le paracétamol peut avoir un effet délétère sur la formation des anticorps, effet démontré lors des vaccinations, les citoyens ont droit à la transparence…
  • la mise en route d’une étude clinique rétrospective portant sur la mortalité attribuée au coronavirus chez les malades ayant pris du paracétamol et chez les malades n’en ayant pas pris. Compte tenu de la mortalité relativement élevée et du déroulement récent des faits, il est opportun de lancer cette étude sans trop tarder.

Remarque.

Par ailleurs, concernant le vaccin anti-coronavirus tant recherché, on peut espérer que le nouveau vaccin soit plus efficace que le vaccin antigrippal actuel qui a montré sa quasi inefficacité pour réduire la morbidité et la mortalité chez les personnes âgées. Mais cela se passait en Angleterre! Voir Annals of Internal Medicine du 3 mars 2020. Lors des prochaines campagnes d’incitation  à la vaccination antigrippale chez les personnes âgées le taux d’efficacité de la précédente vaccination, voire celui des 10 dernières années, devrait être donné. Transparence!

12 commentaires on “Paracétamol, quelle surmortalité en cas de coronavirus?

  1. Bonjour.
    OK.
    Vous oubliez également le point suivant : bannir chez tout le monde et a fortiori chez les personnes âgées (recommandations FDA) des doses de paracétamol EFFERVESCENT excédant 650 mg par prise.

  2. Bonjour,
    Merci pour votre article, qui me laisse dans un certain désarroi.

    En automédication, il y a trois antalgiques disponibles. L’aspirine et l’ibuprophène étaient déjà déconseillés pour les maladies type grippe ou covid, en raison de leur caractère anti inflammatoire. Maintenant vous nous déconseillez également le paracétamol.
    Ma question : existe-t-il un antalgique disponible sans effet secondaire dangereux en cas de grippe ou covid ?
    Comment combattre la douleur dans pendant ce type de maladie ?
    En vous remerciant d’avance

  3. Bonjour,

    Il m’est revenu qu’en un certain temps j’avais passé la ligne, tirant virtuellement jusqu’en Nouvelle-Zélande : sans s’obliger à suivre toutes les recommandations, conseils…d’Hillary, on trouvera toutefois -en anglais- de multiples références sur son site (désormais je crois en préretraite) : http://beyondconformity.org/

    Renseignez fever dans le moteur de recherche intégré …

  4. Bonjour,
    Je reviens pour signaler un article, une antiquité presque, mais qui vaut tant par son contenu que par l’identité de son auteur : Pasteur Vallery-Radot. Vu la date de publication, 1935, il ne peut être précisément question du paracétamol. Plus généralement, l’auteur, dans la foulée de l’attribution du Nobel de médecine à Wagner-Jaurreg, expose les divers procédés et indications de pyrétothérapie alors en usage.
    Article librement accessible : Vallery-Radot, Pasteur. “QUESTIONS MÉDICALES: LA FIÈVRE CURATRICE.” Revue Des Deux Mondes (1829-1971), vol. 27, no. 2, 1935, pp. 440–447. JSTOR, http://www.jstor.org/stable/44850910.

  5. [3 commentaires, à la suite, coup sur coup ! Rassurons-nous, cette fièvre scripturaire va baisser]

    Sur le site Éthique et pandémie [Emmanuel Hirsch ; APHP], on trouve un article intitulé Température corporelle : un laisser-passer comme un autre. Je le signale car ce qu’il interroge rejoint, élargit, développe -je crois- ce qui motive également la position plus spécifique de Pharmacorama au sujet du paracetamol ( par exemple).

    On y trouve outre des réflexions faisant référence à Canguilhem et Foucault ( bonne pâte) quelques informations, certes non inédites, mais qui donnent ainsi regroupées une certaine consistance à la réflexion :

    « La température normale (au sens gaussien du terme) du corps humain est de 37° Celsius (elle tend à baisser depuis le XIXe siècle). Mais c’est oublier les variations physiologiques : nycthémérales (36,5° le matin, 37,5°, voire 38° le soir), les modifications induites pas les efforts physiques, les bains, l’exposition au soleil, l’alimentation, et même les cycles menstruels. Ainsi, lors de l’ovulation, la température peut atteindre 38°.Question : interdira-t-on l’accès aux femmes en période d’ovulation ? Le ridicule va-t-il l’emporter ? » [il n’y aura plus lieu de s’inquiéter du dernier point quand la société aura considéré les menstruations comme un reliquat de l’animalité dont on peut se passer systématiquement ; il y a déjà des pilules pour ça…]

    http://ethique-pandemie.com/temperature-corporelle-un-laissez-passer-comme-un-autre/

    [ A la relecture,dans l’extrait ci-dessus, m’intrigue ceci : (elle tend à baisser depuis le XIXe siècle) ]

    J’en profite pour signaler un fait moins connu : la nature poïkilotherme des êtres humains pendant le bref moment du sommeil paradoxal. Il est vrai que cette caractéristique n’a que peu d’importance au regard du contrôle social considéré , sauf à craindre, par une anticipation exagérément pessimiste, que les êtres humains ne soient considérés bientôt que comme des sortes de zombies…

  6. Merci à Dusamedisoir, grâce à qui je viens de lire l’article de M. Pasteur Vallery-Radot. Très intéressant ! Autre document très intéressant aussi, à mon sens, c’est l’émission « Les dossiers de l’écran » du 26 avril 1973, intitulés « La virulence des virus ». Le journaliste interviewe le professeur André Lwoff sur l’importance de la fièvre dans l’issue de certaines infections. Les expériences de Lwoff ont porté sur des lapins auxquels des myxomavirus ont été inoculés. Ensuite ces lapins ont été répartis en 3 lots. Le 1er lot dans un environnement à 0 degré qui donnait une température rectale de 38°, le 2ème lot dans un environnement à 20° où les lapîns avaient une température rectale de 39° et, enfin, le dernier lot dans un environnement à 36° ce qui donnait aux lapins une température rectale de 40°. Je vous laisse découvrir la suite à cette adresse : https://www.ina.fr/video/CPF86644119
    Je vous signale aussi l’existence d’un livre en anglais de 1979 : « Fever its biology, evolution and function » Princeton University Press, par Matthew J. Kluger. Je crois qu’il a été réédité récemment.

  7. @Georges :
    Merci de citer les travaux d’André Lwoff qui me sont -un peu- connus ainsi que je le signalais dans un précédent post de pharmacorama ( https://www.pharmacorama.com/2020/03/pas-daccord-avec-le-ministre-de-la-sante-a-propos-du-paracetamol/ ).

    J’attire votre attention sur le fait que certaines découvertes de Lwoff concernant l’effet de la fièvre sur les virus ont été – sont encore ?- utilisés pour le développement de virus atténués à fin de vaccin…

    D’ailleurs, en cette affaire, ne convient-il pas d’examiner l’effet de la fièvre sur l’organisme dans son ensemble et non pas seulement sur le ou les microorganismes qui en subissent les effets ?

    Heureux, aussi, de constater que je ne suis pas seul à apprécier l’intérêt de l’article de Pasteur Vallery-Radot.

    Cordiales salutations

  8. @Georges :

    Je m’aperçois que je n’ai rien dit de la référence à Matthew J. Kluger : je crois l’avoir lu avec grand intérêt autrefois ; tacherai d’y accéder de nouveau.

    Bonne soirée (du moins si vous résidez dans un fuseau horaire identique au mien)

  9. Re-bonjour,

    Sans attendre la publication de mon précédent commentaire de ce jour, c’est avec un vif intérêt que j’attire votre attention vers cet article à paraître (?) :

    The use of ibuprofen to treat fever in COVID-19: A possible indirect association with worse outcome?

    Author: Brenda D. Jamerson,T. Ho Haryadi
    Publication: Medical Hypotheses
    Publisher: Elsevier
    Date: November 2020

    Cet article, plutot court, conclut : « In conclusion, it is plausible to hypothesize that the antipyretic efficacy of ibuprofen may be hindering the benefits of a fever response. The difference in perceived safety of these agents in COVID-19 illness could be related to the more potent efficacy to reduce fever with ibuprofen compared to acetaminophen. Compelling data on the benefit of fever warrant further research and review to determine when to treat or withhold ibuprofen for early stage fever for COVID-19 and other related viral illnesses. »

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