Paracétamol: informations dissimulées

Il est regrettable que les laboratoires pharmaceutiques qui vendent du paracétamol en France et en ont vendu des quantités astronomiques en ces temps de coronavirus, n’aient pas porté à la connaissance des acheteurs les conclusions d’un article du Lancet de 2009 montrant que le paracétamol, lors des vaccinations, diminue la formation des anticorps  et que ses auteurs déconseillent son utilisation lors des vaccinations. Ce qui est vrai lors des vaccinations l’est encore plus lors des infections réelles et graves où toute diminution des défenses de l’organisme peut avoir des conséquences désastreuses.

Cet article du Lancet est référencé dans  le Martindale, 37 ème édition, page 11. Que les savants commentateurs qui pérorent à  la télévision ne soient pas au courant de cet article, je le comprends, ils n’ont pas le temps de s’occuper de ça, mais que les services de documentation des laboratoires pharmaceutiques, Sanofi en particulier, et du Ministère de la Santé ne le soient pas et n’aient pas mis en garde les consommateurs, est pour le moins regrettable.

L’article que je cite remonte à 2009 mais il faut comprendre que les laboratoires pharmaceutiques ne cherchent pas à insister sur le fait que le paracétamol réduit la formation d’anticorps et à publier à ce sujet.

 

 

14 commentaires on “Paracétamol: informations dissimulées

  1. Cela dit, un seul article, sur les vaccinations seulement, cela fait un peu léger pour se prononcer.
    Il en faudrait d’autres mais le sujet ne semble pas intéresser grand monde.
    Si vous avez une idée de protocole pour tester l’hypothèse en question, n’hésitez pas à le proposer.

    • Le raisonnement est le suivant :

      1. Le paracétamol n’a aucune action sur le coronavirus – ce point est établi et n’est pas contesté. C’est un médicament de confort essentiellement, au moins dans le cas de la grippe.
      2. Il y a une possibilité que le paracétamol aggrave la maladie virale. L’article que je cite est un des éléments à charge, mais la logique même de faire baisser la fièvre en cas de grippe est aussi de plus en plus contestée.

      Sur ces bases, plutôt que je doive faire des propositions de protocole de test, il me semble que les laboratoires, qui vendent du paracétamol à tour de bras dans cette épidémie de coronavirus, pourraient étudier le sujet et nous confirmer 1. l’utilité pour les malades de prendre du paracétamol et 2. l’absence d’effets indésirables et notamment la non réduction de la formation d’anticorps.

  2. En tant que médecin généraliste,ayant exercé pendant 40 ans, j’ai lu des dizaines de publications démontrant le rôle délétère des antipyrétiques dans les affections virales. Les plus connues portent sur l’augmentation et la gravité des paralysies favorisées par ces produits lors des épidémies de poliomyélite , mais les effets indésirables se traduisant par une aggravation des signes cliniques et une prolongation de la contagiosité, se retrouvent dans la quasi totalité des travaux portant sur les maladies infectieuses surtout d’origine virale. Donc il n’y a rien de nouveau à supposer l’effet délétère du paracétamol en cas de grippe ou de covid19 .

    • Je vous comprends et le fait qu’il n’y ait pas à la télévision un seul journaliste à évoquer la possibilité d’un effet indésirable de certains médicaments, en particulier du paracétamol, me laisse pantois.

      Par ailleurs, essayer un médicament comme l’hydroxychloroquine dans seulement les cas graves ou extrêmement graves revient à chercher un médicament qui ressuscite les morts. C’est au début de la maladie qu’on a le plus de chances de faire évoluer favorablement les choses ou de les aggraver.

    • Merci pour votre courage aux 2 Alain. Est il vrai que l aspirine Bayer conseillée également à tour de bras par les services de santé pendant la grippe espagnole de 1918, aurait flambé cette catastrophe et favorisé , en plus des drames de l après guerre et des gens abandonnés affamés par peur de la contagion. , cette mortalité incroyable d autant de mort que la guerre 14-18.????
      Le paracetamol au delà de 3g par jour et plus de 3 ou 5 jours peut vous amener vers la greffe de foie nous dit l OMS. L’ ANSM à pris une mesure en 2019 de mettre les boîtes derrière le comptoir des pharmacies pour paracetamol et aspirine.

  3. Bonjour
    Il me semble que les médecins font les mêmes études lors des premieres années de médecine. On nous enseigne notamment que lors d’une infection au tout début la fièvre et l’inflammation sont indispensable pour lutter contre cette infection, générant une hyperhémie, amenant sur place grand nombre de cellules de défense dont les macrophages, qui vont détruire les virus et par la même « informer » le systeme immunitaire qui va pouvoir dans un deuxieme temps fabriquer des anticorps. de fait il tombe sous le sens que tout élément qui empêche ou diminue l’inflammation favorise l’invasion virale !!! LA FIEVRE EST UN ELEMENT DE DÉFENSE PRIMORDIAL ET PAS UNE MALADIE, laissons là nous protoger.

  4. Je comprends le raisonnement et la logique sous-jacente.
    Je ne suis moi même pas un adepte de la prescription de paracétamol loin de là.
    Ce n’est pas une raison non plus pour le diaboliser.
    C’est pourquoi, j’apprécierais grandement si l’un de vous pouvez me donner des références précises sur les études qui corroborent vos craintes.

    • Concernant le paracétamol, la démonstration du fait qu’il réduit la production d’anticorps au cours des vaccinations est incontestable et n’a pas été contestée, à ma connaissance.

      A noter que plusieurs des auteurs de l’article cité travaillent ou travaillaient pour… … GlaxoSmithKline…

      Concernant la fièvre dans les infections virales on trouve de nombreux avis dans la littérature qui pour la plupart la considère comme un moyen de défense naturel à ne pas décapiter par un antipyrétique.

      Mais je n’ai pas trouvé de comparaison de grippes traitées par le paracétamol et non traitées… alors que c’est sans doute le protocole qui viendrait à l’idée d’un étudiant en 1ère année de médecine 🙂 pour peu qu’il se pose la question.

  5. Bonjour,

    Je savais que les antipyrétiques en réduisant la fièvre avaient une effet négatif sur la réponse immunitaire, mais n’y a t’il pas non plus un risque à laisser « cuire » le malade ?
    À quel moment doit on prendre du paracetamol dans ce cas ? Jamais ?

    • En général les fièvres d’origine infectieuse, virale notamment, peuvent être très déplaisantes mais ne font pas « cuire » le malade. C’est surtout l’interprétation qui lui est attribuée qui est angoissante, une fièvre à 40 ne fait pas sauter les plombs. Donc, si on ne peut pas supporter une fièvre, généralement passagère, et que le fait de se découvrir ne suffit pas, ( on est supposé être au lit) on peut prendre une petite dose de paracétamol.

      • bonjour, j’avais vu cette étude.. pour ma part, je pense qu’en cas d’infection virale ou bactérienne, ou vaccin, l’on doit pouvoir supporter un petit 38,5, ce qui va initier la réponse immunitaire, ( immunité innée , puis acquise plus tard ) mais qu’au dela, la fievre peut etre délètere ( convulsions fébriles du petit enfant, patient fragile sur le plan cardiaque par ex ). Un 40 n’est pas trés agréable. J’ai vu une patiente ayant fait un infarctus, ayant de la fievre à 39, en hopital – grippe ? – pour laquelle on a tardé à donner du paracétamol… cela s’est terminé en oedéme aigu du poumon.

  6. OK, merci pour cette info, mais dans le cas du covid c’est l’hyper inflammation et la réaction auto-immune qui finirait par entrainer des séquelles terribles, voir la mort, donc faut il calmer le système immunitaire et l’inflammation avec du paracetamol..?
    En fait on nage complétement dans la panade…
    on est au 21 eme siecle en France et on vient bien de se rendre compte que le système de santé est précaire

    • Oui,il semble qu’il existe une réaction tardive au coronavirus appelée » tempête cytokinique » et il a été proposé, entre autres choses, de la traiter par un anti-IL-6, le tocilizumab, Roactemra, déjà utilisé en rhumatologie depuis plusieurs années. Le paracétamol n’a pas été cité dans cette perspective.

      Je vous concède qu’on navigue dans le brouillard.

      • à priori, la phase inflammatoire et tempete de cytokine, vient dans un second temps.. c’est une surréaction du systéme immunitaire, qui dépasse ses objectifs, ( comme tirer à boulet rouge sur un moineau ) donc dans la deuxieme phase de la maladie covid, on donne des  » inhibiteurs  » du systéme immunitaire.

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