Les auteurs d’un article publié dans le BMJ en avril 2016[1] ont repris les résultats d’études menées il y a plus de 40 ans mais qui n’ont pas été publies et les ont complétées par une méta-analyse de données récentes concernant les effets à long terme d’une alimentation riche en acides gras saturées ou en acides gras polyinsaturés type acide linoléique. Ils ont abouti à la conclusion suivante:
Le remplacement d’une alimentation riche en acides gras saturés, d’origine animale, par une alimentation riche an acides gras insaturés, riche notamment en acide linoléique, 18:2 oméga 6, d’origine végétale, entraîne un abaissement de la cholestérolémie d’environ 14 %. Mais ce remplacement, bien qu’abaissant le cholestérol, ne réduit pas la mortalité globale, mai tend à l’augmenter..
Cette conclusion, contraire à ce que l’on répète habituellement, concerne les huiles riches en oméga-6 mais pas les huiles riches en oméga-3, huile de poissons, et ou en acide oléique, acide gras mono-insaturé, huile d’olive, à effet bénéfique. Voir ce commentaire[2].
Pour compliquer les choses, rappelons qu’une méta-analyse publiée dans le JNCI en aout 2013[3] avait conclu qu’une teneur élevée en acides gras oméga-3 augmentait le risque de cancer de la prostate alors qu’une teneur élevée en acides gras oméga-6 diminuait ce risque.
Rappelons aussi qu’une méta-analyse moyenne des résultats parfois contradictoires et qu’un effet, même statistiquement significatif, ce n’est pas une vérité absolue, d’autres études peuvent venir le contredire.
Références citées
- Ramsden CE, Zamora D, Majchrzak-Hong S, Faurot KR et coll. Re-evaluation of the traditional diet-heart hypothesis: analysis of recovered data from Minnesota Coronary Experiment (1968-73). BMJ. 2016:i1246. doi:10.1136/bmj.i1246
- Veerman JL. Dietary fats: a new look at old data challenges established wisdom. BMJ. 2016:i1512. doi:10.1136/bmj.i1512
- Brasky TM, Darke AK, Song X, Tangen CM et coll. Plasma Phospholipid Fatty Acids and Prostate Cancer Risk in the SELECT Trial. JNCI: Journal of the National Cancer Institute. 2013;105(15):1132-1141. doi:10.1093/jnci/djt174
