Capsaïcine, récepteurs vanilloïdes, VR, TRPV

Les récepteurs vanilloïdes sont désignés par VR, vanilloid receptors, ou par TRPV, transient receptor potential vanilloid. Ce sont des récepteurs-canaux cationiques qui, à l’état ouvert, laissent entrer dans la cellule le calcium et le sodium, ce qui crée une dépolarisation.

Le récepteur le plus connu est VR1 ou TRPV1. Les VR1 sont présents à la surface des nerfs sensitifs periphériques (peau, langue, vessie par exemple) et dans le cerveau et la moelle épinière… Ils sont activés par la chaleur (environ 45°C , ils sont thermosensibles), par l’acidité, par l’anandamide, des métabolites résultant de l’action des lipoxygénases et par des produits exogènes comme la capsaïcine ; la résinifératoxine. Certaines substances modulent la sensibilité des récepteurs par effet intracytoplasmique. Il existe des produits antagonistes des récepteurs VR1 comme le rouge de ruthénium et la capsazépine, non utilisés en thérapeutique.

La capsaïcine, produit naturel trouvé dans le piment rouge, genre Capsicum, a une action biphasique, elle stimule au premier contact les récepteurs VR1 provoquant une douleur et ensuite par contact prolongé inhibe, désensibilise les récepteurs entraînant un effet analgésique. Une déplétion en substance P participerait à cet effet analgésique. A doses élevées la capsaïcine est neurotoxique.

La capsaïcine est commercilisée aux USA comme topique sous le nom de Axsain*, crème qui contient aussi de la lidocaine. L’application de capsaicine sur la peau donne une sensation de brûlure (dans le cas présent atténuée par la lidocaine) qui précède l’effet analgésique. Elle est utilisée dans le traitement des douleurs des neuropathies diabétiques et des douleurs post-zostériennes.

Dans le groupe des récepteurs TRP on a, outre les VR1 ou TRPV1 déjà vus, d’autres récepteurs appelés VRL, vanilloid receptor-like protein. Le VRL-1 par exemple qui correspond au TRPV2 est activé par des températures supérieures à 52°C .

Dans ce groupe des TRP, on classe aussi des récepteurs au froid, activés par le menthol appelés CMR1 pour cold-menthol receptor1 et TRPM8, M pour menthol.

 

Il existe donc des récepteurs capables de nous faire sentir le chaud et le froid ; comme il s’agit souvent de sensations désagréables, on les appelle aussi nocicepteurs.

Cette courte incursion dans un domaine très complexe est destinée à donner quelques points de repère à ceux qui rencontreront ces mots, ces sigles, dont la signification est loin d’être évidente.

Les articles que j’ai consultés pour rédiger ce texte ne sont pas accessibles gratuitement sur internet.

Mise à jour Juin 2009 : La capsaïcine, sous forme de patch cutané appelé Qutenza* a obtenu son AMM européenne dans l’indication douleurs neuropathiques périphériques. Son RCP est disponible sue le site de l’EMEA. En juin 2009 Qutenza* n’est pas commercialisé en France.

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