Régime méditerranéen, mode de vie et mortalité de causes diverses

Le JAMA, numéro 12, de septembre 2004, a publié deux articles sur l’influence du régime méditerranéen et du mode de vie sur la santé.

Le premier article rapporte les résultats de l’étude HALE ( Healthy Ageing : a Longitudinal Study in Europe), menée pendant 10 ans chez des personnes de 70 à 90 ans, apparemment bien portantes, sans maladie caractérisée, classées selon leur régime alimentaire (méditerranéen ou non), leur mode de vie (consommation d’alcool, activité physique, tabac) et comparant leur mortalité (d’origine cardiovasculaire, coronaire ou non, cancer, et toutes causes confondues).

Les résultats : chaque facteur séparément (adoption d’un régime méditerranéen, consommation modérée d’alcool, exercice physique, le fait de ne pas fumer) a réduit la mortalité toutes causes confondues et spécifique d’environ 25 à 30 %. L’association des 4 facteurs, c’est-à-dire avoir un régime méditerranéen, au moins 30 minutes d’activité physique par jour, boire modérément de l’alcool, ne pas fumer, réduit la mortalité de près des 2/3, 65 %.

Le deuxième article étudie l’effet du régime méditerranéen sur l’endothélium et les marqueurs de l’inflammation chez des malades, âgés de 40 à 50 ans, présentant un syndrome métabolique. Le syndrome métabolique est caractérisé par une obésité abdominale (tour de taille), une dyslipémie (triglycérides supérieurs à 1,5 g par litre, HDL cholestérol inférieur à 400 mg), une tension artérielle supérieure à 130/85 mmHg et une glycémie à jeun supérieure à 1,1 g par litre.

L’adoption d’un régime méditerranéen (avec diminution de l’apport d’acides gras saturés et de cholestérol et augmentation de l’apport d’acides gras mono et poly-insaturés, fruits, légumes, noix) pendant 2 ans, a amélioré par rapport au groupe témoin, la réponse de l’endothélium à un stimulus et a atténué l’inflammation mesurée sur quelques paramètres biologiques.

Commentaires

Les résultats cités ici ainsi que d’autres de la littérature conduisent à conseiller à l’ensemble de la population adulte un régime méditerranéen avec une petite consommation d’alcool et la pratique d’une activité physique et, bien sûr, de ne pas fumer. L’habitude de consommer un peu d’alcool ne risque-t-elle pas d’entraîner une consommation excessive ? Un régime méditerranéen riche en acides oméga-3 et très pauvre en acides gras saturés n’a-t-il aucun inconvénient ? Pour le moment peu d’effets indésirables de ce régime ont été signalés. Cependant il a été noté que la prise de quantités importantes d’acides gras oméga-3 pouvait être à l’origine de dyspepsies et d’éructations. Les personnes suivant ce régime ont-elles plus de dyspepsies que les autres ?

Un traitement par statines est-il plus efficace que le régime méditerranéen ? L’adjonction d’une statine à un régime méditerranéen en augmente t-il nettement les bénéfices ? Les précédentes interrogations sont faites pour susciter des réflexions et non pour dissuader les gens d’adopter un régime méditerranéen !

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