Médicaments et vitamines

Le terme de vitamine a été créé par FUNK en 1911 à propos de la thiamine pour indiquer qu’il s’agissait d’une amine indispensable à la vie.

Actuellement, le terme de vitamine désigne des substances organiques nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme et qui, sauf exception, ne sont pas synthétisées par lui. Elles doivent donc être fournies par l’alimentation. En effet, celle-ci apporte à l’organisme :

  • en quantité importante, des substances organiques comme les lipides, les glucides, les protides, qui entrent dans sa constitution et assurent la production d’énergie, ainsi que des éléments comme le sodium, le potassium, qui sont présents dans le milieu extracellulaire et dans l’os
  • en faible quantité, des substances d’origine organique comme les vitamines ou d’origine inorganique comme certains éléments, le cuivre, le zinc, le sélénium… indispensables au fonctionnement cellulaire et appelés oligo-éléments.

Apport

L’apport d’une ou de plusieurs vitamines peut être considéré comme insuffisant, minimum, optimum ou pharmacologique :

  1. Apport insuffisant
    Des symptômes de carence apparaissent en cas d’apport insuffisant, et disparaissent lorsqu’un apport suffisant est rétabli.
  2. Apport minimum
    L’apport minimum de chaque vitamine a été déterminé par des expérimentations animales au cours desquelles on diminuait l’apport jusqu’à apparition de troubles. On considère l’apport immédiatement supérieur au minimum comme suffisant.
  3. Apport optimum
    L’apport optimum serait celui qui assure la meilleure résistance au stress, aux infections etc. Il peut être nettement supérieur au minimum.

    L’idée qu’il y a un écart faible entre un apport insuffisant et un apport optimum d’une vitamine est certainement erronée. Entre la déficience franche et l’optimum, il y a divers états de déficience plus ou moins prononcés. L’apport quotidien recommandé ou RDA (recommended dietary allowance) pourrait être, dans un certain nombre de cas, insuffisant pour assurer l’effet optimum.
  4. Apport pharmacologique
    C’est l’apport de doses plusieurs fois supérieures à celles qui sont recommandées. Il ne paraît pas souhaitable d’une manière générale et les posologies élevées ne doivent être utilisées que dans des cas particuliers et pour une durée limitée, par exemple la vitamine B1 en cas de risque d’encéphalopathie de type Gayet-Vernicke.

Par ailleurs, dans la mesure où il n’existe pas de forme de réserve pour certaines vitamines, mieux vaut un apport répété à dose faible qu’un apport discontinu à dose élevée.

Origine des carences

On distingue des carences d’apport et d’absorption et des carences par besoins majorés.

Carence d’apport

La carence d’apport s’observe lorsque l’alimentation, insuffisante ou mal équilibrée, n’apporte pas la quantité nécessaire de vitamines ou en raison d’une perte d’appétit chez les malades et les sujets âgés.

Carence d’absorption

Dans ce cas l’alimentation peut apporter suffisamment de vitamines, mais elles ne sont pas absorbées convenablement :

  • à cause de troubles du transit digestif (résections intestinales)
  • à cause d’une inhibition de leur absorption par certains médicaments, par exemple la cholestyramine.

Carence par besoins majorés

Dans certaines circonstances physiologiques ou pathologiques, un apport de vitamines considéré comme normal peut être insuffisant, car l’organisme a des besoins majorés :

  • pendant la grossesse, l’allaitement, la croissance, la sénescence
  • au cours de certaines maladies infectieuses
  • chez l’alcoolique
  • en cas de déséquilibre alimentaire
  • au cours d’un traitement par certains médicaments :
    1. les sulfamides, le triméthoprime, certains anticonvulsivants, qui tendent à créer une déficience en acide folique
    2. l’isoniazide qui inactive partiellement la pyridoxine
    3. la metformine qui diminue l’absorption de vitamine B12
    4. les contraceptifs oraux qui modifient les besoins.

Les carences vitaminiques peuvent être isolées ou multiples ou associées à d’autres carences, notamment en oligoéléments.

Classification

On peut classer les différentes vitamines en fonction de leur structure chimique, de leur solubilité : liposolubles (A, E, D, K) et hydrosolubles (les autres), ou, mieux, de leur mécanisme d’action essentiel. Ainsi on peut distinguer :

  • les vitamines qui, par action nucléaire, modifient la transcription du DNA en mRNA et en protéines correspondantes. Ce sont les vitamines A et D.
  • les vitamines qui inactivent des radicaux libres au niveau membranaire, comme la vitamine E.
  • les vitamines qui participent au métabolisme, en catalysant des réactions enzymatiques de transfert de groupes comme CO2, CH3, NH2. C’est le cas des vitamines B1, B6, B12 et de l’acide folique
  • les vitamines qui participent au transfert d’électrons. C’est le cas de la nicotinamide, ou vitamine PP, après sa transformation en nicotinamide adénine dinucléotide, NAD, et nicotinamide adénine dinucléotide phosphate, NADP, ainsi que de la riboflavine après sa transformation en flavine mono-nucléotide, FMN, et flavine adénine dinucléotide, FAD, de l’acide ascorbique et de la vitamine K.

Remarque

En dehors des vitamines et des éléments, il existe des acides aminés indispensables qui, n’étant pas synthétisés par l’organisme, doivent être apportés par l’alimentation : valine, leucine, isoleucine, thréonine, méthionine, cystine, phénylalanine, lysine et tryptophane.

La vitamine D est étudiée dans le chapitre « Hormones et os » et la vitamine K dans le chapitre « Coagulation ».

Effets nucléaires

Effets membranaires

Biotransformations

Transfert de groupes

Transfert d’électrons

Vitamine A et rétinoïdes

Vitamine D

Vitamine E

VitamineB1

Vitamine B6

Biotine

Acide pantothénique

Vitamine B12

Acide folique

Vitamine C

Vitamine K

Vitamine PP

Vitamine B2

Classification des vitamines en fonction de leur mécanisme d’action