Bore, pharmacologie

Le bore est un élément léger, existant sous forme de deux isotopes : isotope de masse 10, présent à 20%, et de masse 11, présent à 80%.

L’alimentation, surtout les végétaux, apporte du bore dont une partie est absorbée par le tube digestif sans que l’on connaisse les mécanismes en cause.

La concentration de bore dans le plasma des sujets normaux est de l’ordre de 30 microgrammes par litre et son élimination urinaire est d’environ 1 mg par 24 h.

Le bore a trois indications différentes, antiseptique, anti-ostéoporotique et antinéoplasique.

  • Antiseptique
    Le bore est utilisé comme antiseptique sous forme d’acide borique ou de borate de sodium. L’acide borique B (OH)3 n’est pas un donneur de proton mais un acide de Lewis, accepteur de OH. L’acidité provient de la dissociation de l’eau.
    B(OH)3 + H2O <=> B (OH)4 + H+
    Compte tenu de l’existence d’antiseptiques plus efficaces, les dérivés du bore sont actuellement peu utilisés. Il existe des spécialités pharmaceutiques contenant de l’acide borique, ce sont BOROSTYROL* sous forme de pommade, de solution et de collyre, BOROCLARINE*, CHIBRO-BORALINE* etc. qui contiennent du borate de sodium et de l’acide borique.
  • Anti-ostéoporotique
    Un certain nombre d’études effectuées chez l’animal suggèrent qu’une supplémentation en bore favoriserait la rétention de Ca2+ et que le bore pourrait être utilisé dans la prévention de l’ostéoporose.
  • Antinéoplasique : boroneutronthérapie
    L’isotope 10 du bore a la particularité d’absorber des neutrons lents et de se transformer en lithium avec émission de particules a (He) et d’une énergie exprimée en méga-électron-volt (Mev) qui correspond à l’énergie cinétique des particules, selon la réaction :

    10 B + 1n → [11 B] → 4 He2+ + 7 Li 2++ 2,79 MeV

    La boroneutronthérapie consiste à administrer à un malade des dérivés du bore ayant la plus grande affinité possible pour les tissus néoplasiques et ensuite à bombarder ces tissus par des neutrons, les atomes de bore sans action par eux-mêmes captent les neutrons et émettent des particules a, He2+ et Li3+ qui lèsent les tissus. La difficulté de cette technique est d’une part de synthétiser des molécules à base de bore ayant une affinité élevée pour les tissus néoplasiques, et d’autre part de disposer d’une source de production de neutrons.
    Plusieurs molécules contenant des atomes de bore sont actuellement en cours d’expérimentation sous la désignation de BNCT (boron neutron capture therapy)