Bisphosphonates
Les bisphosphonates sont
des dérivés de synthèse de type P-C-P (liaison phosphore-carbone-phosphore)
non présents naturellement dans l'organisme; ce sont des analogues
du pyrophosphate, acide pyrophosphorique où l'oxygène est
remplacé par un carbone.
Les principaux bisphosphonates
utilisés en thérapeutique sont l'étidronate, le clodronate
et le pamidronate, l'ibandronate, l'alendronate et le tiludronate.
Ils inhibent l'activité des ostéoclastes. Effets
In vitro, les bisphosphonates
s'absorbent sur les cristaux de phosphate de calcium et inhibent
leur dissolution. In vivo, ils inhibent
la résorption osseuse spontanée ou induite par la parathormone
ou d'autres peptides d'origine tumorale. L'inhibition de la
résorption osseuse tend à diminuer la calcémie et la calciurie.
Cet effet est particulièrement net en cas d'hypercalcémie.
Le mécanisme de cette
inhibition est complexe et mal élucidé. Contrairement à celui
de la calcitonine, leur effet n'apparaît qu'au bout de 48
h. Les bisphosphonates s'absorbent sur l'hydroxyapatite, inhibent
l'activité des ostéoclastes, en général sans réduire leur
nombre, et inhibent la production d'acide lactique, l'activité
de la pyrophosphatase et celle de diverses enzymes lysosomales.
On pense que les bisphosphonates
comme le clodronate et l'étidronate agiraient en formant des
analogues non hydrolysables de l'ATP alors que d'autres comme
l'alendronate et le risédronate agiraient en inhibant le métabolisme
du mévalonate ce qui conduit à une diminution de la synthèse
de farnésyldiphosphate et de géranylgéranyldiphosphate, nécessaires
à la prénylation post-traductionnelle de certaines protéines
(Voir "Hypolipémiants".).
La possibilité que les
bisphosphonates puissent avoir un effet antitumoral est actuellement
discutée. Pharmacocinétique
Les bisphosphonates sont
des acides qui dans le milieu intestinal alcalin sont dissociés
et sont peu absorbés : leur biodisponibilité orale est de
l'ordre de 1 à 5%. Elle est réduite en cas de prise simultanée
de calcium qui forme avec les bisphosphonates des complexes
insolubles. La demi-vie plasmatique
des bisphosphonates est courte, de l'ordre de une à quelques
heures, car une grande partie est rapidement captée par le
squelette et le reste éliminé par le rein. La demi-vie osseuse,
par contre, est très longue, environ un an. La liaison -P-C-P- des
bisphosphonates n'est pas hydrolysée dans l'organisme, contrairement
à la liaison -P-O-P-du pyrophosphate. Les bisphosphonates
comportant une fonction amine sont appelés aminophosphonates.
Ils s'éliminent par le
rein et leur posologie doit être réduite en cas d'insuffisance
rénale.
Utilisation
Les bisphosphonates sont
utilisés pour traiter les maladies dans lesquelles il existe
une résorption osseuse excessive conduisant d'une part à des
hypercalcémies et d'autre part à des atteintes osseuses à
l'origine de douleurs et de fractures. On peut diviser les
bisphosphonates en deux groupes, ceux qui sont utilisés dans
les hypercalcémies malignes et les ostéolyses tumorales et
ceux qui sont utilisés dans l'ostéoporose, le même pouvant
éventuellement avoir les deux indications.
- Hypercalcémies
malignes
- Les hypercalcémies
malignes proviennent d'une ostéolyse excessive et d'une
insuffisance de l'excrétion rénale de l'excès de calcium.
Les bisphosphonates n'agissent que sur la composante
osseuse en inhibant son catabolisme.
- L'hypercalcémie
constitue en effet une complication métabolique très
fréquente des affections malignes : elle affecte jusqu'à
30% des cancéreux (cancer du poumon, cancer du sein,
atteintes hématologiques). Il s'agit d'une affection
non seulement fréquente mais également grave, entraînant
diverses manifestations telles que nausées, vomissements,
polyurie, état confusionnel, dépression voire coma.
- Ostéolyses
- d'origine
tumorale soit focalisée (cancer primitif de l'os ou
métastases), soit généralisée, diffuse, due à la libération
de facteurs activant les ostéoclastes comme certains
peptides apparentés à la parathormone
- de la maladie
de Paget
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Etidronate
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DIDRONEL*
Cp 200 |
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Clodronate
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CLASTOBAN*
Gélules 400 mg, Inj
LYTOS*
Cp 520 mg, Inj |
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Tiludronate
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SKELID*
Cp 200 mg |
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Pamidronate
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ARÉDIA*
Inj 15, 60 et 90 mg |
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Ibandronate
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BONDRONAT*
Inj 2 mg
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| Zolédronate |
ZOMETA*, Inj 4 mg |
| Risédronate |
ACTONEL*, Cp 30 mg |
.
- Les formes injectables donnent fréquemment mais surtout en début de traitement, un syndrome pseudo-grippal avec fièvre à 38° ou 39°C , voire plus. Ce syndrome dure de 24 à 48 heures et serait la conséquence d'une libération d'IL1 et IL6 par les macrophages.
- Ostéoporose
Dans l'ostéoporose post-ménopausique et l'ostéoporose cortisonique certains bisphosphonates ont, en association avec le calcium, un effet bénéfique. Ils augmentent la densité minérale osseuse et surtout diminuent le risque fracturaire. Les bisphosphonates ayant une activité reconnue dans cette indication sont l'étidronate qui s'administre en cures discontinues et l'alendronate et le risédronate qui s'administrent d'une manière continue mais qui peut être espacée, par exemple une prise par semaine. Au cours des études cliniques l'alendronate et le risédronate ont augmenté la densité osseuse et réduit la fréquence des fractures sans entraîner d'effets indésirables notables. Pour ne pas réduire leur biodisponibilité qui est déjà faible, les bisphosphonates doivent être pris en dehors des repas soit à jeun une demi-heure avant le petit déjeuner soit au cours de la journée deux heures avant ou après un repas. On trouve dans la notice et le RCP de chacun de ces médicaments des conseils à ce sujet. L'alendronate doit être pris avec un verre d'eau peu minéralisée, le calcium et le magnésium réduisant sa biodisponibilité, en position assise ou debout, pour éviter des troubles oesophagiens qui sont assez fréquents.
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Etidronate
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DIDRONEL*
Cp 400 mg |
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Alendronate
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FOSAMAX*
Cp
5, 10 et 70 mg |
| Risédronate |
ACTONEL* C p 5 et 35 mg |
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Ibandronate |
BONVIVA*, comprimé pelliculé à 150 mg, 1 par mois |
Les bisphosphonates dans
leur ensemble peuvent donner divers troubles digestifs (nausées,
diarrhée, etc) et, à posologie élevée, des hypocalcémies.
Extrait de "Les
médicaments" 3ème édition - P. Allain
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