Hypolipémiants
Les médicaments et les
régimes que l'on utilise aujourd'hui pour modifier le métabolisme
des lipides agissent sur les acides gras ou le cholestérol
mais non sur les apoprotéines par modification de leur synthèse
ou de leur fixation aux récepteurs. À impact sur les
acides gras Modifications de
l'apport alimentaire
L'apport d'acides gras
saturés, c'est-à-dire de graisses d'origine animale comme
le beurre et le lard, ou d'acide gras insaturés de type trans,
présents dans certaines margarines, tend à augmenter les LDL
considérées comme néfastes et à diminuer les HDL considérées
comme bénéfiques. Toutefois l'acide stéarique (C18 : 0, saturé)
est peu hypercholestérolémiant car il est rapidement transformé
en acide oléique (C18 :1), monoinsaturé) par le foie. L'acide
palmitique (C16 :0) est peu hypercholestérolémiant ; les
acides myristique (C14 :0) et laurique (C12) le sont davantage.
Parmi les acides gras
insaturés de type cis, l'acide oléique (C18 :1) présent dans
les huiles végétales, réduit les LDL et augmente les HDL.
L'acide linoléique (C18 :2) est moins approprié car il est
plus facilement peroxydé par les réactions radicalaires. Les
acides gras polyinsaturés de type w3
comme l'acide eicosapentaénoïque, EPA, (C20 :5) et l'acide
docohexaénoïque, DHA, (C22 :6), présents dans les poissons
des mers froides, inhibent l'agrégation plaquettaire mais
ont assez peu d'effet sur le cholestérol. L'enrichissement
du régime alimentaire en acides gras insaturés n-3 diminue
le risque de troubles du rythme cardiaque, d'accidents coronariens
et de mort subite. Une solution simple pour enrichir modérément
l'alimentation en acide oléique est la consommation d'olives,
d'avocats, d'huile d'arachide ou de noix, riches en acides
gras insaturés, arginine et magnésium.
Il existe des préparations
diététiques à base d'huiles de poissons, riches en acides
gras insaturés de type cis w3
(ex : huile MAXÉPA*, dont la commercialisation a été arrêtée en 2008). Mais la meilleure solution est d'adopter un régime alimentaire de type méditerranéen. Le régime dit méditerranéen, riche en fruits, légumes, céréales complètes, oléagineux , huile d'olive, poissons, avec un peu de vin, et relativement pauvre en viandes et produits laitiers, réduit d'environ 20 % la mortalité toutes causes confondues, la mortalité d'origine cardiovasculaire et par cancer.
Signalons
qu'un acide gras saturé à quatre atomes de carbone, l'acide
butyrique, CH3CH2CH2COOH,
présent dans le beurre possède un effet antinéoplasique
confirmé par de nombreuses études in vitro et in vivo.
Les aliments qui ont
ou sont supposés avoir un effet bénéfique sur la santé sont
parfois appelés "alicaments". Inhibiteurs de l'absorption
intestinale
des acides gras
L'absorption digestive
des lipides, notamment des triglycérides, ne se fait qu'après
leur hydrolyse sous l'effet de la lipase gastrique puis pancréatique
en acides gras et monoglycérides qui, eux, sont absorbés.
Si l'on inhibe ces lipases,
on réduit considérablement l'absorption digestive des lipides
ingérés. La tétrahydrolipstatine
ou orlistat, dérivé hydrogéné de la lipstatine, substance
naturelle produite par Streptomyces toxytricini, est un inhibiteur
des lipases. Administré par voie orale, il est peu absorbé
par le tube digestif et agit dans la lumière intestinale.
L'orlistat inhibe les lipases en formant une liaison ester
avec la sérine de leur site actif.
L'orlistat
inhibe la lipase et diminue l'absorption digestive des lipides
qui sont éliminés dans les selles. L'orlistat tend à provoquer
une diminution des triglycérides et une perte de poids
et il est indiqué dans le traitement de l'obésité.
|
Orlistat |
XÉNICAL*
Gélules 120 mg |
Ses effets indésirables
les plus fréquents sont des troubles digestifs, selles huileuses,
suintement anal, gaz. À impact sur le
cholestérol Pour abaisser la concentration
de cholestérol dans le plasma, on peut réduire son apport
exogène et sa biosynthèse (endogène) ou augmenter son catabolisme.
Réduction de l'apport
alimentaire
de cholestérol
La réduction de la consommation
d'aliments riches en cholestérol, jaune d'uf, abats, beurre,
est toujours conseillée mais souvent insuffisante.
Inhibiteurs de l'absorption
intestinale du cholestérol, stérols végétaux et ézétimibe
Les stérols et stanols
d'origine végétale comme le sitostérol et le sitostanol réduisent
l'absorption intestinale de cholestérol et abaissent le LDL-cholestérol plasmatique. Leur effet apparaît d'autant plus
important que l'apport alimentaire de cholestérol est élevé.
Le sitostanol, présent par exemple dans l'huile de soja, qui
lui-même n'est pratiquement pas absorbé est le plus efficace.
Cependant il n'existe pas, semble-t-il, d'études démontrant
leur efficacité sur la symptomatologie clinique ni sur la
mortalité.
Diverses préparations alimentaires, notamment à base de lait écrémé, sont actuellement enrichis en stérols végétaux en vue d'abaisser le taux de cholestérol.
L'ézétimibe est un médicament de synthèse qui inhibe sélectivement l'absorption intestinale de cholestérol et de certains phytostérols comme le sitostérol. Il inhibe le transporteur de stérols. Il agit au niveau de la muqueuse intestinale mais il est lui-même absorbé et partiellement transformé en un métabolite actif glycuronoconjugué, l'ézétimibe-glycuronide. Lors des essais cliniques de courte durée, l'ézétimide a abaissé de près de 20 % la concentration de LDL cholestérol plasmatique.
L'indication de l'ézétimibe, en complément d'une statine, est l'hypercholestérolémie. Seul, sans statine, il a l'indication sitostérolémie, maladie rare due à une absorption intestinale excessive et à une élimination insuffisante de sitostérol, stérol d'origine végétale.
|
Ezétimibe |
EZETROL*, Cp à 10 mg |
|
Ezétimibe + Simvastatine |
INEGY* |
Les études cliniques n'ont pas pour le moment permis de prouver que l'ézétimibe réduit la fréquence des accidents cardiovasculaires ni qu'il retarde la mortalité toutes causes confondues. Elles ne garantissent pas non plus sa bonne tolérance en utilisation prolongée.
Inhibiteurs de la biosynthèse du cholestérol, les statines
Les médicaments actuellement
utilisés inhibent l'hydroxy-méthyl-glutaryl-CoA (HMGCoA)
réductase, enzyme assurant la transformation du HMG-CoA en
mévalonate. Cette réaction constitue l'étape limitante de
la synthèse de cholestérol.
Ces inhibiteurs, désignés
sous le nom de statines, ont été découverts au Japon vers
1975 dans des cultures de Penicillium; le premier inhibiteur
efficace a été la mévastatine. L'inhibition de la HMG-CoA
réductase entraîne une diminution très importante de la synthèse
endogène de cholestérol, synthèse qui n'est cependant pas
totalement supprimée. L'organisme a donc à sa disposition
du cholestérol d'origine exogène et, en partie, d'origine
endogène. L'activité de la HMG-CoA réductase est plus importante
la nuit que le jour et les inhibiteurs sont pris de préférence
le soir au coucher.
Inhibition de la HMG-CoA réductase
La diminution de la synthèse
endogène de cholestérol, provoquée par les inhibiteurs de
la HMG-CoA réductase, induit une augmentation de la synthèse
de HMG-CoA réductase qui est ensuite inhibée et surtout une
augmentation des récepteurs hépatiques aux LDL, fait confirmé
par l'augmentation de l'ARN messager correspondant.
Cette inhibition induit
en conséquence une captation
hépatique majorée des LDL dont la concentration
plasmatique s'abaisse.
Biosynthèse du cholestérol Par ce mécanisme les
inhibiteurs de la HMG-CoA réductase entraînent un abaissement
dose-dépendant du cholestérol de type LDL allant de 20 à 50%.
Il y a également une diminution des triglycérides mais de
moindre importance, de 15 à 30%. L'abaissement de la concentration
des lipides sanguins ne constitue pas une preuve de l'efficacité
de ces médicaments, leur but est de réduire la fréquence et
la gravité des accidents cardiovasculaires d'origine athéromateuse
et de diminuer la mortalité. Il est démontré
qu'un traitement par la simvastatine ou la pravastatine diminue
la concentration plasmatique des LDL et la fréquence des accidents
coronaires, infarctus du myocarde, des pontages, des angioplasties
avec réduction de la mortalité par coronaropathies et de la
mortalité globale, toutes causes confondues. Ces résultats
favorables ont été obtenus en prévention primaire et secondaire.
La diminution de la mortalité
par les inhibiteurs de la HMG-CoA réductase, qui est le but
à atteindre, ne démontre pas nécessairement que c'est l'abaissement
du cholestérol plasmatique lui-même qui en est la seule cause. En
effet les inhibiteurs de la HMG-CoA réductase diminuent aussi
la concentration des précurseurs du cholestérol comme le farnesylpyrophosphate
et le géranylpyrophosphate, qui interviennent dans divers
processus cellulaires, notamment la farnélysation de Ras,
condition nécessaire à son activation et à celle de la voie
de signalisation MAPK. La pravastatine s'est montrée efficace
dans la prévention des accidents cardiovasculaires chez des
coronariens ayant une cholestérolémie normale et a réduit
leur mortalité totale.
Les statines utilisées
en France, outre les plus anciens, la simvastatine et
la pravastatine, sont la fluvastatine, l'atorvastatine et la
rosuvastatine.
|
Simvastatine |
ZOCOR*, Comprimés à 20 et 40 mg |
|
Pravastatine |
VASTEN*
Comprimés à 10, 20 et 40 mg
ELISOR* Comprimés à 10, 20 et 40 mg |
|
Fluvastatine |
LESCoL*
Comprimés à 20, 40 et 80 mg
FRACTAL*
Comprimés à 20, 40 et 80 mg |
|
Atorvastatine |
TAHOR*
Comprimés à 10, 20, 40 et 80 mg |
| Rosuvastatine |
CRESTOR*, Comprimés à 5, 10 et 20 mg |
La cérivastatine a été commercialisée dans certains pays puis retirée du commerce en raison d'effets indésirables.
Les principaux effets
indésirables des inhibiteurs de l'HMG-CoA réductase, généralement
dose-dépendants, sont d'ordre hépatique et musculaire :
- Troubles hépatiques
se limitant à une élévation des transaminases qu'il est
nécessaire de surveiller au cours du traitement
- Douleurs et faiblesse
musculaires qui doivent conduire au dosage de la créatine
phosphokinase et à l'arrêt de leur prescription et très
rarement des polyneuropathies
- Diminution de
la synthèse d'ubiquinone (coenzyme Q10) sans que ses conséquences
cliniques aient été démontrées.
D'autres effets indésirables,
de type digestif par exemple, ont été également signalés.
Par ailleurs, la simvastatine
est métabolisée par le cytochrome P450 3A4; lorsque ce dernier
est inhibé par d'autres médicaments comme l'itraconazole ou
le jus de pamplemousse, sa concentration plasmatique s'élève
considérablement. L'atorvastatine est aussi métabolisée par le cytochrome P450 3A4 et des interactions sont possibles, surtout lorsqu'elle est utilisée à doses très élevées.
Ces inhibiteurs sont
contre-indiqués au cours de la grossesse mais la simvastatine,
lorsqu'elle a été prise par des femmes enceintes ne semble
pas avoir augmenté le risque tératogène.
Le tiadénol
a une structure chimique différente de celle des autres
hypolipémiants. Il abaisse les lipides sanguins par des
mécanismes complexes et mal élucidés, probablement une
diminution de la synthèse de cholestérol par inhibition
des premières étapes avant le mévalonate. Jusqu'à présent,
peu d'effets indésirables ont été signalés lors de sa
prescription.
|
Tiadénol
|
FONLIPOL*
Cp 400 mg
|
Activateurs indirects du catabolisme du cholestérol, cholestyramine
Le principal médicament
de ce groupe est la cholestyramine. C'est une résine échangeuse
d'anions qui abaisse indirectement le cholestérol sanguin.
La cholestyramine est
un polymère de poids moléculaire élevé, comportant des groupes
ammonium quaternaire. Administrée sous forme de chlorure,
elle échange les anions chlorure contre d'autres anions, en
particulier les acides biliaires. La cholestyramine n'est
pas absorbée par le tube digestif. Son effet est seulement
intestinal : elle fixe les acides et en particulier les acides
biliaires qui sont éliminés dans les selles, liés à elle.
En supprimant le cycle entéro-hépatique des acides biliaires,
elle diminue la concentration d'acides biliaires dans les
cellules hépatiques, ce qui entraîne une activation de la
7-a-hydroxylase,
enzyme responsable de la transformation du cholestérol en
acides biliaires. En accélérant le catabolisme du cholestérol,
elle provoque indirectement une augmentation des récepteurs
LDL au niveau hépatique et donc une captation accélérée des
LDL circulants et une chute du cholestérol. La cholestyramine entraîne,
au bout d'une dizaine de jours de traitement, une chute du
cholestérol d'environ 20% par abaissement des LDL. Cet abaissement
est accompagné d'une élévation -
au moins transitoire -
des triglycérides et la cholestyramine ne doit pas être utilisée
en cas d'hypertriglycéridémie. L'indication de la cholestyramine
est l'hypercholestérolémie isolée (par augmentation des LDL).
Elle a été également utilisée pour traiter le prurit provoqué
par l'accumulation d'acides biliaires dans le sang des malades
ayant une cholestase. L'association cholestyramine
et inhibiteur de l'HMG-CoA réductase est d'une très grande
efficacité pour faire chuter le cholestérol en cas d'hypercholestérolémie
majeure.
|
Cholestyramine
|
QUESTRAN*
Sachets 4 g |
L'effet indésirable le
plus fréquent est la constipation avec flatulence et stéatorrhée.
On peut aussi observer une hyperchlorémie car la résine libère
des ions chlorure qui sont absorbés par le tube digestif.
En raison de sa non-spécificité
vis-à-vis des acides biliaires, la cholestyramine fixe et
empêche l'absorption intestinale de tous les médicaments à
fonction acide, diurétiques, antivitamines K, anti-inflammatoires
non stéroïdiens et des vitamines A, D, E, K, dont l'absorption
est favorisée par les sels biliaires. En principe, la cholestyramine
ne pas doit être prise en même temps que les autres médicaments
mais généralement 2 à 4 heures après. Un inconvénient de la
cholestyramine est qu'il en faut une quantité importante pour
obtenir un effet et la prise trois fois par jour d'un paquet
de poudre à mettre en suspension dans un verre d'eau peut
être rebutante.
« Elévateurs » du HDL-cholestérol
Le HDL-cholestérol ayant un effet anti-athérogène, on a cherché à augmenter sa concentration plasmatique. Les moyens qui sont connus pour augmenter modérément sa concentration sont une consommation modérée d'alcool et la pratique de l'exercice physique. Parmi les médicaments qui élèvent le plus la concentration le HDL-cholestérol, on peut citer l'acide nicotinique.
La CETP, ou cholesteryl ester transfer protein, est une glycoprotéine présente dans le plasma qui facilite le transfert des esters du cholestérol du HDL (apolipoprotéine A-1) vers les VLDL et les LDL (apolipoprotéine-B). L'inhibition de la CETP tend à augmenter la concentration de HDL-cholestérol.
Le torcetrapib est un inhibiteur de la CETP, il augmente la concentration de HDL-cholestérol et diminue celle des LDL, mais au cours des essais cliniques il a augmenté la mortalité et son étude a été abandonnée, sans qu'on sache s'il s'agit d'un effet liée à la molécule elle-même ou à l'inhibition de la CETP.
Hypocholestérolémiants à mécanismes d'action complexe
Fibrates
Le premier médicament
de ce groupe, le clofibrate, dérivé de l'acide aryl-oxy-butyrique,
a été commercialisé à partir de 1965. D'autres dérivés dont
la structure chimique présente une très grande ressemblance
avec celle du clofibrate ont été commercialisés ultérieurement :
le gemfibrozil, le fénofibrate, le ciprofibrate et le bézafibrate
qui sont appelés « fibrates de deuxième génération ».
Bien qu'il s'agisse de
médicaments utilisés depuis de nombreuses années, leur mécanisme
d'action est mal connu. Leur effet principal serait dû à l'activation
de la lipoprotéine lipase conduisant à une hydrolyse accélérée
des VLDL ainsi que des LDL. Une inhibition de l'HMG-CoA réductase
a été évoquée, mais elle n'est guère compatible avec les résultats
cliniques.
L'acide clofibrique et
ses dérivés, chez le rat mais apparemment pas chez l'homme,
activent les PPAR
a et b
(peroxisome proliferator activated receptor) qui alors forment
des hétérodimères avec les récepteurs de l'acide rétinoïque.
Ces hétérodimères fonctionnent comme facteurs transcriptionnels
favorisant notamment la formation de peroxisomes. Les peroxisomes,
présents notamment dans les hépatocytes, sont des vésicules
contenant des enzymes qui, en présence d'oxygène moléculaire,
assurent l'oxydation de substrats avec formation de peroxyde
d'hydrogène. Les conséquences bénéfiques ou néfastes de cette
action n'ont pas été clairement précisées.
Le clofibrate et ses
analogues abaissent peu le cholestérol sanguin mais font chuter
nettement les triglycérides en agissant sur les VLDL. Administrés
à des malades porteurs d'une élévation des VLDL, ils ont pu
entraîner une régression des xanthomes (dépôts lipidiques
non vasculaires) mais les triglycérides ne semblent pas jouer
un rôle important dans le développement de l'athérome. Administrés sous forme
d'acides ou d'esters, les fibrates sont bien absorbés par
le tube digestif. Les esters sont hydrolysés en acides, seule
forme active, par exemple le clofibrate est hydrolysé en acide
clofibrique. Les acides se lient aux protéines plasmatiques.
Ils peuvent déplacer les antivitamines K liés aux protéines
plasmatiques.
Le produit le mieux
connu de ce groupe est le clofibrate. Dans les études cliniques
contre groupe témoin, le clofibrate réduit la fréquence des
infarctus du myocarde d'environ 20%, mais il double celle
des lithiases biliaires et a entraîné une surmortalité, d'origine
non précisée. Il n'est plus commercialisé.
Les fibrates en général,
bien que n'ayant pas fait la preuve de leur efficacité en
réduisant la mortalité globale au cours d'études comparatives,
ont été très largement prescrits. Dans une étude,
le gemfibrozil a réduit la mortalité d'origine cardiovasculaire
sans toutefois réduire la mortalité toutes causes confondues.
|
Gemfibrozil |
LIPUR*
Cp 450 mg |
|
Fénofibrate |
LIPANTHYL*
Cp
à 67, 145, 160 et 200 mg |
|
Ciprofibrate |
LIPANOR*
Gélules à 100 mg |
|
Bézafibrate |
BÉFIZAL*
Cp 200 et 400 mg |
Les effets indésirables
les plus fréquents du clofibrate, et probablement des autres
dérivés, sont digestifs et musculaires.
- digestifs : dyspepsie,
flatulence, augmentation des transaminases, hépatomégalie,
lithiase biliaire.
- musculaires :
crampes, faiblesse musculaire, myosite, myalgie, élévation
de la créatine phosphokinase, exceptionnellement rhabdomyolyse.
- divers : fatigue,
prise de poids, alopécie...
Il est à noter que les
fibrates potentialisent l'effet des anticoagulants oraux,
par compétition de fixation sur les protéines plasmatiques
et par altération de la synthèse des facteurs vitamine K-dépendants.
Ils sont contre-indiqués
pendant la grossesse.
Acide nicotinique
L'acide nicotinique, connu depuis plus de 50 ans, a été utilisé en thérapeutique, à faible dose de l'ordre du 1 mg comme vasodilatateur et à fortes doses, de l'ordre du gramme, comme hypolipémiant ; il possède de plus des propriétés de type vitamine PP après sa transformation dans l'organisme en nicotinamide qui théoriquement ne donne pas de vasodilatation.
L'acide nicotinique a des effets bénéfiques sur les lipides sanguins : il abaisse le LDL-cholestérol, augmente le HDL-cholestérol, diminue Lp(a), abaisse les triglycérides, par des mécanismes complexes. Cependant aucune étude clinique ne semble avoir démontré que l'acide nicotinique diminuait le risque d'accidents cardiovasculaires ni la mortalité toutes causes confondues.
La commercialisation de l'acide nicotinique (préparations à libération non retardée) a été interrompue pendant plusieurs années en France ; une préparation à libération prolongée, Niaspan LP*, a été commercialisée. Cette libération prolongée diminue l'intensité des bouffées de chaleur communément observée avec l'acide nicotinique mais ne réduit pas ses autres effets indésirables : dyspepsie, nausées, vomissements, diarrhée, hépatotoxicité, aggravation du diabète, troubles oculaires : amblyopie toxique et oedème maculaire … Par ailleurs, l'association d'acide nicotinique à une statine semble augmenter le risque d'atteinte musculaire et de rhabdomyolyse.
La vasodilatation provoquée par l'acide nicotinique résulterait de la stimulation des récepteurs PD2 de la prostaglandine PGD2. Le laropiprant est un produit de synthèse en cours d'expérimentation qui inhibe les récepteurs PD2 et diminue ainsi les flushs provoqués par l'acide nicotinique.
| Sommaire de ce chapitre : | |
|
Extrait de "Les médicaments" 3ème édition - P. Allain
|