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Hormones thyroïdiennes
T4 et T3
Les hormones thyroïdiennes,
triiodothyronine (T3) et thyroxine (T4), contiennent respectivement
trois et quatre atomes d'iode par molécule. Ces atomes d'iode
sont fixés sur la thyronine qui résulte de la condensation
de deux molécules de tyrosine.
Biosynthèse des hormones thyroïdiennes Métabolisme L'iode est indispensable
à la synthèse des hormones thyroïdiennes. Il est apporté par
l'alimentation sous forme d'iodure I-
ou d'iodate IO3-
qui sont absorbés par le tube digestif. On trouve dans le
plasma des concentrations de 2 à 4 d'iode dans le plasma,
représentée pour l'essentiel par l'iode des hormones thyroïdiennes,
surtout la thyroxine, est de 40 à 80 Un apport d'iode en quantité
suffisante dans l'alimentation est nécessaire pour éviter
les hypothyroïdies chez l'adulte et surtout chez l'enfant.
Pour un adulte, un apport quotidien de 100 à 150 Lorsque l'élimination
urinaire d'iode est inférieure à 50 mg
par gramme de créatinine, il y a risque de déficience et lorsqu'elle
est inférieure à 25 mg
la déficience peut être considérée comme certaine. Synthèse des hormones
thyroïdiennes La synthèse des hormones
thyroïdiennes comporte plusieurs étapes : iodation des résidus
tyrosyl de la thyroglobuline qui est une protéine glycosylée
de 670 Kda, couplage de ces résidus pour former les hormones
et libération des hormones par hydrolyse de la thyroglobuline
:
- Captation
de l'iode
- L'iode sous
forme d'iodure est capté préférentiellement par la thyroïde.
Sa captation par la cellule thyroïdienne ou thyrocyte
est liée au cotransport de sodium pour la traversée
de la membrane basale et à l'existence de deux types
de canaux anioniques pour le passage dans la colloïde.
La captation d'iodure qui entraîne une clearance plasmatique
d'environ 15 ml/mn est stimulée par la TSH et inhibée
par des anions comme le thiocyanate, SCN-
et le perchlorate, ClO4-.
- L'iodure
est parallèlement éliminé par le rein. Sa clearance
plasmatique totale résultant de sa fixation thyroïdienne
et de son élimination rénale est d'environ 45 à 60 ml/mn,
ce qui correspond à une demi-vie d'environ 5 heures.
Ces résultats ont été obtenus avec un apport physiologique
d'iodure.
- Fixation
de l'iode sur les groupes tyrosyl de la thyroglobuline
- L'iodure,
qui arrive dans la colloïde, partie centrale du follicule
thyroïdien est activé par la peroxydase thyroïdienne
ou thyroperoxydase, enzyme à sélénium, en I° ou I+
qui se fixe sur les noyaux tyrosine de la thyroglobuline
pour former des résidus de monoiodotyrosine (MIT) et
de diiodotyrosine (DIT).
- Couplage
- Un résidu
de monoiodotyrosine et un résidu de diiodotyrosine se
combinent pour former la triiodothyronine, T3, et deux
résidus de diiodotyrosine pour former la tétraiodothyronine
ou thyroxine, T4. T3 et T4 sont fixées à la thyroglobuline.
En cas de déficience en iode il y a augmentation relative
de la synthèse de T3 par rapport à T4.
- Stockage
- L'ensemble
thyroglobuline avec ses molécules T3, T4, MIT et DIT,
est stocké dans la colloïde.
- Libération
- Après son
passage par microendocytose de la colloïde dans la cellule
épithéliale, la thyroglobuline est hydrolysée par des
enzymes protéolytiques libérant ainsi les hormones thyroïdiennes
T3 et T4 qui sont ensuite sécrétées dans le plasma.
La DIT et la MIT, ainsi libérées par hydrolyse de la
thyroglobuline sont en grande partie désiodées dans
la cellule épithéliale et l'iodure récupéré pour une
nouvelle synthèse hormonale. Une partie de la T3 libérée
par les thyrocytes provient de la transformation de
T4 en T3 sous l'influence de la 5'-désiodase.
- Ces étapes,
notamment la libération, sont activées par la TSH dont
la sécrétion est freinée par les hormones thyroïdiennes.
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Distribution
- Hormones circulantes
- Dans le plasma,
les hormones thyroïdiennes T4 et T3 se fixent sur des
protéines, en particulier la TBG (thyroxine binding
globulin) et la TBPA (thyroxine binding prealbumin).
La concentration plasmatique de TBG est augmentée par
les estrogènes et diminuée par les androgènes. La concentration
normale de T4 est de 55 à 130 tration normale de T3
est de l'ordre de 0,8 à 2,2 avec une demi-vie de un
jour. La concentration normale de la FT4 (free thyroxine)
est comprise entre 12 à 26 picomol/L.
- Captation tissulaire
et transformation de T4 en T3
- La T4 et
la T3 sous forme libre sont captées par les tissus par
des mécanismes mal connus. Dans les tissus, notamment
le foie, la T4 peut être transformée en T3 qui est la
véritable molécule active, ou transformée en rT3 (reverse
triiodothyronine dépourvue d'activité thyromimétique).
La transformation de T4 en T3 est assurée par une enzyme
l'iodothyronine 5'-désiodase dont on distingue deux
types : le type I présent dans la thyroïde, le foie,
le rein et le type II présent notamment dans le cerveau.
La 5'-désiodase de type I est une enzyme à sélénium,
cet élément étant incorporé dans une sélénocystéine.
Cette enzyme est inhibée par le propylthiouracile, le
propranolol et l'acide iopanoïque, agent de contraste
non commercialisé en France.
- En principe,
les hormones thyroïdiennes ne traversent pas la barrière
placentaire
Catabolisme La T3 est transformée
par désiodation en diiodo-thyronine inactive. La T3 et la T4 sont de
plus inactivées par glucuronoconjugaison et sulfatation. La T3 et la T4 sont également
métabolisées en TRIAC (triodo-acetic-acid) et TETRAC (tetraiodo-acetic-acid)
qui conservent une activité thyromimétique. Régulation Dans les conditions physiologiques,
la sécrétion des hormones thyroïdiennes est régulée par la
TRH et la TSH. En cas de maladie de Basedow la sécrétion de
TRH et de TSH est réduite mais il existe une stimulation par
des anticorps anormaux.
Effets
Les hormones thyroïdiennes
agissent au niveau du noyau, des mitochondries et peut-être
de la membrane plasmique en activant des récepteurs TR alpha, TR bêta nucléaires et l'intégrine alpha V bêta 3..
- Action nucléaire
: elles pénètrent dans le cytoplasme des cellules cibles
et ensuite à l'intérieur du noyau où elles agissent au niveau
du DNA pour stimuler ou inhiber la synthèse d'ARN messager.
L'ARN messager est à l'origine de la synthèse d'enzymes,
par exemple la Na+/K+-ATPase,
la carbamyl-phosphate-synthase, ainsi que de protéines intervenant
dans le transport des acides aminés et des glucides.
- Action mitochondriale
: elles favorisent le découplage des phosphorylations oxydatives
qui conduisent à une augmentation de la consommation d'oxygène
sans synthèse correspondante d'ATP.
- Elles ont aussi
des effets encore mal cernés sur la membrane cellulaire.
Les effets des hormones
thyroïdiennes sont très complexes et sont surtout connus par
les conséquences de leur déficience. Elles agissent à plusieurs
niveaux :
- Croissance staturopondérale :
- Une déficience
avant la naissance donne un défaut d'ossification mais
l'enfant naît avec une taille normale. Une déficience
après la naissance entraîne un défaut de développement
staturopondéral.
- Maturation du
système nerveux central :
- Le rôle des
hormones thyroïdiennes est particulièrement important
chez l'enfant avant la naissance et dans les 45 premiers
jours suivants, car leur déficience est à l'origine
du crétinisme. La gravité de cette déficience s'explique
par l'absence de synthèse de myéline, d'où l'importance
du diagnostic précoce pour la mise en route du traitement
substitutif nécessaire pour éviter une déficience mentale
grave et définitive.
- Une hypothyroïdie
apparaissant après l'âge de deux ans a moins de conséquences
sur le développement mental et les manifestations d'hypothyroïdisme
sont réversibles par le traitement substitutif.
- Métabolisme basal et thermogenèse :
- Les hormones
thyroïdiennes augmentent le métabolisme basal et la
consommation d'oxygène au niveau du coeur, des muscles
squelettiques, du foie, des reins, mais pas au niveau
du cerveau. Ces effets ont été attribués, au moins partiellement,
à un découplage des phosphorylations oxydatives.
- Coeur :
- Elles augmentent
le débit et surtout le rythme cardiaques.
- Muscle strié :
- L'hyperthyroïdie
entraîne une fonte musculaire et l'hypothyroïdie un
ralentissement de la contraction.
- Tissu adipeux :
- Elles augmentent
la sensibilité des cellules adipeuses à l'effet lipolytique
de diverses hormones, en particulier les catécholamines.
Le cholestérol plasmatique est augmenté chez les hypothyroïdiens.
Utilisation Indications Les hormones thyroïdiennes,
le plus souvent la lévothyroxine, sont indiquées à titre substitutif
dans le traitement de l'hypothyroïdie de l'adulte ou de l'enfant.
Chez l'enfant, l'hypothyroïdie
congénitale doit impérativement être traitée le plus tôt possible
et avant le trentième jour de la vie pour préserver le développement
intellectuel. Chez l'adulte, il s'agit
du traitement du myxdème ou du coma myxdémateux. En cas d'hypothyroïdie,
la femme enceinte doit également être traitée. Les hormones thyroïdiennes
sont utilisées pour inhiber la sécrétion de TSH et mettre
au repos la thyroïde en cas de nodules thyroïdiens ou de cancer
de la thyroïde. Elles peuvent également
être utilisées en association avec les antithyroïdiens de
synthèse dans la maladie de Basedow, pour freiner la sécrétion
de TSH.
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Lévothyroxine L-T4
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LÉVOTHYROX* Cp 25, 50, 75, 100, 150 microgrammes |
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Liothyronine L-T3
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CYNOMEL* Cp 25 microgrammes
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Lévothyroxine L-T4
+Liothyronine L-T3 |
EUTHYRAL* Cp 100 microgrammes |
Le tiratricol
est un métabolite de la T3 qui inhiberait davantage la
sécrétion de TSH que ne le font la T3 et la T4. Le tiratricol a une activité hormonale faible mais qui existe néanmoins et dont il faut tenir compte.
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Tiratricol
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TRIACANA*
Cp à 0,35 mg, crème
TÉATROIS*
Cp à 0,35 mg |
Des thyromimétiques abaissant le cholestérol sanguin en activant spécifiquement les récepteurs TR bêta présents notamment dans le foie sont en cours d'études.
Effets indésirables
La prescription d'hormones
thyroïdiennes peut aggraver des cardiopathies ischémiques
latentes et faire apparaître des troubles du rythme cardiaque.
Bien que les hormones
thyroïdiennes et le tiratricol entraînent une perte de poids,
ils ne doivent pas être utilisés dans le traitement des obésités
non liées à une insuffisance thyroïdienne, car ils risquent
de perturber l'homéostasie hormonale.
Remarque
La mesure de la TSH plasmatique est le principal critère biologique pour apprécier l'activité thyroïdienne. Les valeurs de TSH considérées comme normales sont étendues et peuvent ne pas faire ressortir des états d'hyperthyroïdie et hypothyroïdies frustes.
Extrait de "Les médicaments" 3ème édition - P. Allain
avec mise à jour Août 2008 par P. Allain |
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