Hypoglycémiants - Autres médicaments
Les médicaments réduisant
l'hyperglycémie peuvent être classés en trois groupes :
- les insulomimétiques
directs qui activent les récepteurs de l'insuline
- les insulinomimétiques
indirects qui augmentent la libération d'insuline comme
les sulfamides hypoglycémiants ou potentialisent l'effet
de l'insuline comme la metformine
- les médicaments
qui agissent directement sur le métabolisme du glucose comme
les inhibiteurs des a-glucosidases
et les inhibiteurs de l'aldose réductase.
Insulomimétiques
directs ou agonistes Il n'y a pas pour le
moment de médicament disponible autre que l'insuline elle-même
à agir directement sur ses récepteurs. De nombreuses études
sont en cours pour trouver des médicaments non peptidiques
susceptibles d'activer le récepteur de l'insuline en agissant
soit sur la partie extramembranaire soit sur la partie intracytoplasmique
du récepteur de l'insuline. Le vanadium, sous forme
de vanadate, à doses pharmacologiques, a un effet insulinomimétique
direct et indirect, mais il n'est pas commercialisé comme
médicament. Son intérêt thérapeutique qui semble réel reste
à confirmer. Activateurs de la
sécrétion d'insuline Les premiers activateurs
de la sécrétion d'insuline à être connus ont été les sulfamides
hypoglycémiants. Sulfamides hypoglycémiants
L'effet hypoglycémiant
des sulfamides a été découvert à Montpellier vers 1945 par
Janbon qui observa l'effet hypoglycémiant d'un sulfamide utilisé
comme antibactérien, et par Loubatière qui en précisa le mécanisme
d'action en montrant que l'effet hypoglycémiant résultait
d'une augmentation de la sécrétion d'insuline par le pancréas.
Effets Les sulfamides hypoglycémiants
stimulent la sécrétion d'insuline par les cellules ß du pancréas
en les sensibilisant à l'action du glucose. Ils se lient à un récepteur
situé sur la membrane plasmique, appelé SUR (sulfonylurea
receptor), et dont on ne connaît pas le médiateur endogène,
et inhibent l'efflux de potassium de la cellule ß par fermeture
des canaux potassiques ATP-dépendants. L'élévation de la concentration
de potassium intra-cellulaire qui s'ensuit crée une dépolarisation
cellulaire suffisante pour déclencher l'ouverture des canaux
calcium voltage-dépendants. C'est en définitive l'augmentation
du Ca2+
intracellulaire qui provoque la sécrétion d'insuline. Les sulfamides hypoglycémiants
peuvent, de plus, inhiber la sécrétion de glucagon et sensibiliser
les tissus cibles à l'action de l'insuline. Les sulfamides hypoglycémiants
s'administrent par voie orale, se fixent aux protéines plasmatiques,
ont des demi-vies plasmatiques allant de cinq à dix heures,
à l'exception du chlorpropamide et de la carbutamide où elle
dépasse trente heures. Ils sont métabolisés au niveau hépatique.
Les sulfamides hypoglycémiants
utilisés en thérapeutique peuvent être classés en fonction
de leur durée d'action et de la quantité de produit actif
efficace. Les nouveaux hypoglycémiants, glipizide, glibenclamide,
gliclazide, glibornuride et glimépiride, sont actifs à doses
beaucoup plus faibles que les anciens, tolbutamide, chlorpropamide
qui ne sont plus commercialisés et carbutamide qui l'est encore.
Utilisation L'indication des sulfamides
hypoglycémiants est le diabète de type II -
c'est-à-dire ayant un pancréas capable de répondre à une stimulation
par une augmentation de la sécrétion d'insuline -
et non acido-cétosique et non équilibré par un régime
approprié. Un bénéfice clinique résultant d'un traitement
par sulfamides hypoglycémiants a été montré sur certaines
manifestations, notamment les troubles rénaux et oculaires.
Chez les diabétiques non insulinodépendants qui ont déjà une
hyperinsulinémie, une sensibilisation des tissus à l'action
de l'insuline par la metformine, par exemple, semble préférable
à une stimulation de la sécrétion d'insuline.
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D.C.I
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T1/2
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Dénomination Commerciale |
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Glipizide
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4
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GLIBÉNÈSE* Cp 5mg
MINIDIAB* Cp 5mg
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Glibenclamide
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6
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DAONIL* Cp 5mg
HÉMI-DAONIL* Cp
2,5 mg
DAONIL FAIBLE*Cp
1,5 mg
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Glibornuride |
8
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GLUTRIL* Cp 25
mg
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Gliclazide |
12
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DIAMICRON* Cp 30
mg |
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Carbutamide
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45
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GLUCIDORAL* Cp
500 mg
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Glimépiride
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7
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AMAREL*
Cp 1, 2, 3, 4 mg
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Les sulfamides hypoglycémiants
peuvent avoir des effets indésirables :
- Hypoglycémie,
surtout en cas de surdosage par posologie trop élevée ou
par inhibition de leur catabolisme ou par suppression d'un
repas à la suite d'un exercice physique inhabituel
- Troubles digestifs
(nausées, vomissements, cholestase)
- Troubles sanguins
(anémie hémolytique)
- Réactions de
type disulfirame ou Antabuse, surtout avec le chlorpropamide
qui n'est plus commercialisé
- Hyponatrémies,
par potentialisation de l'effet de l'hormone antidiurétique.
Glinides
D'autres substances n'ayant
pas de groupe sulfamide comme la nateglinide et le repaglinide
augmentent la sécrétion d'insuline par le même mécanisme d'action que les sulfamides. Leur effet hypoglycémiant
est plus rapide et de plus courte durée que celui des sulfamides
hypoglycémiants.
Le répaglinide a été
le premier à être commercialisé en France. Pris avant les
repas il évite l'hyperglycémie post-prandiale mais ses avantages
et inconvénients à long terme par rapport aux sulfamides hypoglycémiants
restent à préciser.
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Répaglinide |
NOVONORM* Cp 0,5,
1 et 2 mg |
Les incrétinomimétiques sont des substances qui augmentent la libération d'insuline. Ce sont l'exénatique (BYETTA*), analogue GLP-1, les gliptines - sitagliptine (JANUVIA*). Voir
Hormones d'origine digestive.
Potentialisateurs
des effets de l'insuline Les médicaments qui potentialisent
les effets de l'insuline sont la metformine et les dérivés
thiazolidinedione. Metformine La metformine est un
biguanide. Elle diminue l'hyperglycémie sans risque d'hypoglycémie
car elle n'abaisse pas la glycémie du sujet sain.
Son mécanisme d'action
est complexe. Elle agit en présence d'insuline :
- en favorisant
l'utilisation du glucose par les tissus, notamment par les
muscles squelettiques
- en inhibant la
néoglycogenèse hépatique, c'est-à-dire la formation du glycogène
à partir des acides aminés et des lipides.
Les essais cliniques
ont montré que la metformine réduisait chez les diabétiques
la glycémie à jeun, l'hémoglobine glycosylée, la cholestérolémie
et les triglycérides. Contrairement aux sulfamides
hypoglycémiants, la metformine ne stimule pas la sécrétion
d'insuline. Elle peut donc être considérée comme un potentialisateur
de l'effet de l'insuline. La metformine n'est pas
métabolisée par biotransformations. Elle est présente dans
le plasma sous forme libre, non liée aux protéines. Sa demi-vie
plasmatique est de l'ordre de deux à quatre heures. Elle s'élimine
par le rein et, en cas d'insuffisance rénale, risque de s'accumuler.
L'insuffisance rénale est donc une contre-indication à sa
prescription. Elle est indiquée dans
le traitement du diabète de type II non équilibré par un régime
approprié, particulièrement chez les sujets en surpoids. Elle
est parfois utilisée comme adjuvant de l'insulinothérapie
dans le traitement du diabète insulinodépendant. La metformine
pourrait retarder la mortalité des diabétiques, surtout les
obèses. L'effet indésirable le
plus grave de la metformine est l'acidose lactique, qui peut
être mortelle, dont les signes prémonitoires sont des crampes,
des troubles digestifs, des douleurs abdominales intenses,
de l'asthénie. Ces signes doivent conduire à l'arrêt du traitement
et à l'hospitalisation. Cette acidose lactique se voit surtout
chez l'insuffisant rénal ou l'insuffisant hépatique. Le diagnostic
est confirmé par le dosage de l'acide lactique, le prélèvement
étant à faire sans garrot. Elle peut avoir d'autres
effets indésirables : troubles digestifs divers, nausées,
vomissements, diarrhées, surtout en début de traitement. La metformine doit être
interrompue en cas d'examen radiologique par les agents de
contraste iodés parce qu'ils sont hyperosmolaires et créent
une déshydratation cellulaire, susceptible de favoriser l'acidose
lactique.
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Metformine |
GLUCOPHAGE* Cp
à 500, 850 et 1000 mg
METFORMINE Cp à 500, 850 et 1000 mg |
Dérivés de structure
thiazolidinedione
Le premier médicament du groupe des thiazolidinediones a été la troglitazone, dont l'activité se rapproche de celle de la metformine : elle ne stimule pas la sécrétion d'insuline mais potentialise son action, diminue l'hyperglycémie et la concentration sanguine d'hémoglobine glycosylée. Il s'agit d'un médicament intéressant mais dont la commercialisation a été arrêtée car il a été à l'origine d'hépatites graves.
Les nouveaux analogues de la troglitazone, pioglitazone et rosiglitazone, sont mieux tolérés. Leur intérêt par rapport à la metformine reste à préciser.
Les glitazones sont des agonistes des récepteurs PPAR gamma (Peroxisome Proliferator Activated Receptor gamma) qui, activés, forment des hétérodimères avec des récepteurs des rétinoïdes et modulent la trancription de gènes en ARN messager puis protéines (enzymes, transporteurs comme Glut-4) impliquées dans le métabolisme du glucose et des acides gras notamment. Elles stimulent la libération d'adiponectine par les adipocytes.
Formule chimique de la rosiglitazone avec l'explication du terme thiazolidinedione :

Au cours des études cliniques la rosiglitazone et la pioglitazone ont amélioré certains paramètres biologiques : diminution de l'hyperglycémie, de l'hémoglobine glycosylée, des acides gras libres plasmatiques. Mais il n'existe pas encore de données sur la réduction éventuelle des complications du diabète et de la mortalité globale. Par ailleurs ses effets indésirables possibles sont à prendre en compte : rétention hydrique et insuffisance cardiaque, troubles hépatiques (surveiller ALAT), prise de poids, anémie, notamment.
Ce médicament est utilisé dans le traitement du diabète de type 2, habituellement en complément de la metformine ou d'un sulfamide hypoglycémiant.
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Pioglitazone |
ACTOS* Cp à 15 et 30 mg |
Note : la rosiglitazone (AVANDIA*) a été retirée du commerce en septembre 2010 dans divers pays.
Inhibiteurs de l'absorption
digestive des glucides Les a-glucosidases
intestinales, situées au niveau de la bordure en brosse des
entérocytes, libèrent le glucose par hydrolyse des résidus
d'amidon, des oligosaccharides et des disaccharides.. Cette
hydrolyse est nécessaire à l'absorption digestive des glucides
car seuls les monosaccharides comme le glucose et le fructose
sont absorbés.
Si on inhibe les a-glucosidases
par des produits comme l'acarbose, le miglitol ou l'émiglitate,
on réduit et on retarde l'absorption digestive du glucose
et, par là-même, l'hyperglycémie post-prandiale. L'acarbose est un pseudotétrasaccharide
qui se fixe avec une très grande affinité aux a-glucosidases
et les inhibe. Son effet est réversible car il est hydrolysé
et inactivé par les amylases et des enzymes bactériennes.
L'acarbose est peu absorbé par le tube digestif.
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Acarbose |
GLUCOR* Cp 50 et
100 mg |
Le miglitol comme l'acarbose
agit au niveau de l'intestin mais il est absorbé par le tube
digestif avec une biodisponibilité pouvant atteindre 90% lorsque
la dose administrée est faible. La partie absorbée se distribue
principalement dans l'espace extracellulaire et s'élimine
par le rein.
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Miglitol |
DIASTABOL* Cp 50
et 100 mg |
On peut prescrire un
inhibiteur des a-glucosidases
dans le traitement du diabète non insulinodépendant, seul
ou en association à d'autres antidiabétiques. Le principal inconvénient
de l'acarbose et du miglitol est de donner des troubles digestifs :
flatulences, diarrhée, douleurs abdominales, surtout en début
de traitement. L'acarbose a pu être exceptionnellement à l'origine
d'états subocclusifs et d'hépatites. Par ailleurs une alimentation
enrichie en fibres végétales améliore le contrôle de la glycémie,
diminue l'hyperinsulinémie et les lipides plasmatiques des
diabétiques de type II. Inhibiteurs de l'aldose
réductase Lorsque l'hyperglycémie
provoque une augmentation des concentrations intracellulaires
de glucose dans les tissus où sa pénétration est indépendante
de l'insuline, l'excès de glucose non transformé en glucose-6-phosphate
du fait de l'insuffisance de l'activité de la glucokinase,
est réduit par l'aldose réductase en sorbitol et ensuite par
la sorbitol déshydrogénase en fructose. L'excès de sorbitol et
de fructose intracellulaires altère la cellule, peut-être
par un effet osmotique entraînant un appel d'eau et un gonflement
cellulaire, avec rupture de la membrane plasmique. La déplétion
de la cellule en taurine et en myoinositol qui intervient,
notamment dans la synthèse de PIP2,
participerait aussi à son altération. L'inhibition de l'aldose
réductase par des substances en cours d'étude comme le tolrestat,
l'imirestat, le ponalrestat, diminuerait certaines conséquences
néfastes de l'hyperglycémie.
Une supplémentation par
la vitamine C, même à doses faibles, de l'ordre de 100 mg/jour,
inhiberait l'aldose réductase et s'opposerait à l'accumulation
de sorbitol dans les érythrocytes mais ce résultat ne semble pas avoir été confirmé.
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Extrait de "Les médicaments" 3ème édition - P. Allain
avec mise à jour Août 2008 par P. Allain |