Insuline - Effets
Le récepteur de l'insuline
est formé de deux unités a extracellulaires sur lesquelles se fixe l'insuline. Ces deux
unités a sont reliées par des ponts disulfures, entre elles d'une part,
et à deux unités ß d'autre part. Les unités ß sont à la fois
transmembranaires et intracellulaires. Il s'agit d'un récepteur-enzyme
: son activation par l'insuline entraîne directement la phosphorylation
de protéines intracytoplasmiques comme l'IRS-1 (insulin receptor
substrate) qui, lui-même, agit sur d'autres protéines. Il
y a également intervention probable de protéines G et de la
phosphatidylinositol-3 kinase (PI 3-K) qui joue un rôle essentiel
dans la stimulation des transporteurs de glucose.
Beaucoup des effets de
l'insuline sont la conséquence de ses effets nucléaires indirects
: elle module la transcription de gènes à l'origine de la
synthèse d'enzymes impliquées notamment dans le métabolisme
des glucides. Il y a, par exemple, augmentation de la synthèse
de la glucokinase et de la glycogène synthase, et diminution
de la synthèse de la phosphoénolpyruvate carboxykinase qui
intervient dans la néoglycogenèse. Il existe, de plus, des
différences de structure et de fonction entre les récepteurs
à l'insuline des différents tissus. L'insuline agit sur le
métabolisme des glucides, des protides, des lipides et du
potassium. Action hypoglycémiante
L'action hypoglycémiante
résulte de deux effets principaux qui sont la conséquence
de modifications de la transcription des gènes contrôlant
la synthèse d'enzymes :
- l'augmentation
de la captation du glucose par certains tissus, en particulier
le muscle squelettique et le tissu adipeux qui le métabolisent.
La pénétration du glucose y est insulinodépendante. L'insuline
fait migrer les transporteurs de glucose, intra-cytoplasmiques
et donc inactifs, vers la membrane plasmique dans laquelle
ils s'incorporent pour assurer la pénétration du glucose.
Elle pourrait de plus activer les transporteurs déjà insérés
dans la membrane. Ces transporteurs sont des canaux qui,
ouverts, assurent une entrée passive de glucose dans les
cellules en fonction d'un gradient de concentration.
Régulation de la glycémie
- la diminution
de la libération du glucose par le foie.
- L'insuline
ne modifie pas la pénétration du glucose dans les hépatocytes
qui lui sont normalement perméables, mais elle diminue
sa libération.
- Par ses effets
enzymatiques, elle favorise le stockage du glucose sous
forme de glycogène et inhibe la transformation du glycogène
en glucose. Elle augmente la transformation du glucose
en glycogène en augmentant l'activité des enzymes glucokinase
et glycogène-synthase.
Action sur les protides
L'insuline a une action
anabolisante protéique essentiellement par réduction de la
protéolyse. Elle favorise la captation
des acides aminés par les tissus, ce qui entraîne une diminution
de leur concentration plasmatique à l'exception de deux d'entre
eux : l'alanine, en raison de sa formation à partir du pyruvate,
et le tryptophane dont la concentration relative s'élève,
car, étant davantage fixé à l'albumine plasmatique, sa concentration
s'abaisse moins que celle des autres acides aminés. L'insuline inhibe la
néoglycogénèse, c'est-à-dire la transformation des acides
aminés en sucre. Métabolisme lipidique
L'insuline favorise la
lipogenèse et inhibe la lipolyse au niveau du foie, du tissu
adipeux et des muscles striés. En absence d'insuline, le catabolisme
des acides gras par ß-oxydation est très augmenté, avec production
excessive d'acétyl-CoA à l'origine de la cétogenèse, c'est-à-dire
de la production d'acétone et de ß-hydroxybutyrate. L'insuline favorise la
libération de leptine par les adipocytes. La leptine, en agissant
au niveau hypothalamique, réduit l'appétit et augmente la
thermogenèse. Transport de potassium
L'insuline, en augmentant
la captation de potassium par les cellules, tend à entraîner
une hypokaliémie. Elle a le même effet sur le magnésium. Une
déficience en potassium diminue l'effet hypoglycémiant de
l'insuline.
Effets centraux
En agissant sur des récepteurs
cérébraux, l'insuline pourrait moduler le comportement alimentaire.
Une déficience en insuline provoquerait une libération de
neuropeptide Y, responsable de l'augmentation de l'appétit
et une diminution de la libération par les adipocytes de leptine
ou protéine OB qui, en agissant au niveau hypothalamique,
réduit l'appétit et augmente la thermogenèse. Remarque
- Le peptide
C qui a longtemps été considéré comme dénué d'effets pourrait
jouer un rôle protecteur contre les atteintes vasculaires
observées chez les diabétiques.
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Extrait de "Les médicaments" 3ème édition - P. Allain
avec mise à jour Août 2008 par P. Allain |