Insuline - Métabolisme
Biosynthèse
L'insuline est produite
dans les cellules ß qui constituent 75% des îlots de Langerhans
du pancréas. Les cellules a
sécrètent le glucagon, les cellules d
la somatostatine. L'insuline est synthétisée
sous forme d'une chaîne polypeptidique unique : la préproinsuline
qui se transforme en proinsuline qui, elle-même, sous l'influence
de protéases appelées furines, donne l'insuline et le peptide
C (C pour connecting, car reliant les deux chaînes A et B).
Liée à deux atomes de zinc, elle est stockée dans des granules
sous forme d'un polymère, probablement un hexamère. Sécrétion
L'insuline, ainsi que
le peptide C, est libérée par exocytose dans la veine pancréatico-duodénale
qui la conduit directement au foie, lequel en conserve ou
détruit près de 50%. Le reste de l'insuline se distribue dans
l'ensemble de l'organisme. Sur un fond de sécrétion
continue d'environ 40 jeun, il y a des augmentations de sécrétion
liées aux repas. A ces variations se superposent des pointes
de sécrétion de type pulsatile. Le but du traitement substitutif
par l'insuline exogène est de se rapprocher de la courbe de
sécrétion physiologique. Le principal stimulant
de la sécrétion d'insuline est le glucose; il provoque une
libération biphasique : un effet immédiat de courte durée
et un effet prolongé. Les canaux jonctionnels, en permettant
le passage d'ions, de métabolites, de messagers secondaires
d'une cellule à l'autre, jouent un rôle important pour synchroniser
sa sécrétion. La stimulation de la
sécrétion
d'insuline
par le glucose nécessite plusieurs étapes :
- sa pénétration
dans la cellule ß, pénétration
par les transporteurs Glut2,
indépendante de la présence
d'insuline.
- sa phosphorylation
par une glucokinase présente dans les cellules ß puis sa
métabolisation avec synthèse d'ATP dont la concentration
intracellulaire augmente. Cette augmentation d'ATP entraîne
la fermeture des canaux potassiques ATP-dépendants et donc
l'arrêt de la sortie de potassium, ce qui entraîne une dépolarisation
à l'origine de l'ouverture des canaux calcium voltage-dépendants.
L'entrée du calcium provoque l'activation de phospholipases
A2
et C et la sécrétion d'insuline.
Les autres stimulants
de la sécrétion d'insuline sont les acides aminés (arginine, lysine), les acides gras
et les corps cétoniques.
Des hormones, autres
que l'insuline, et des médiateurs modulent la sécrétion d'insuline.
Certains l'augmentent :
- les catécholamines
par effet ß2-mimétique.
Les ß-bloqueurs pourraient théoriquement aggraver l'hyperglycémie
en diminuant la sécrétion d'insuline mais, en réalité,
ils inhibent surtout l'effet hyperglycémiant des catécholamines
et aggravent l'hypoglycémie.
- l'acétylcholine
et diverses hormones d'origine intestinale : gastrine,
sécrétine, cholécystokinine, glucagon.
D'autres la diminuent :
- les sympathomimétiques
à effet a2,
dont les antihypertenseurs à effet central qui peuvent
ainsi aggraver l'hyperglycémie.
- la somatostatine
qui inhibe la sécrétion d'insuline et de glucagon et pourrait
participer à la régulation de leur sécrétion. Elle est
présente dans les cellules d
du pancréas. A doses élevées, la somatostatine inhibe
aussi la libération de plusieurs autres hormones dont
l'hormone de croissance et la TSH. Elle inhibe également
l'absorption et la motilité intestinales. La sécrétion
de somatostatine est stimulée par le glucose, divers acides
aminés et diverses hormones intestinales.
- la leptine
ou OB protéine, en agissant sur des récepteurs OB du pancréas.
Distribution
Après injection intraveineuse,
la demi-vie de l'insuline dans le plasma est d'environ six
minutes chez le sujet normal et chez le diabétique. Son volume
de distribution est égal au volume du liquide extracellulaire,
soit environ 20% du poids corporel. C'est essentiellement
la forme monomère de l'insuline qui diffuse dans les tissus.
L'insuline peut traverser la barrière hémato-encéphalique
grâce à des transporteurs.
Catabolisme
L'insuline est inactivée
par des biotransformations enzymatiques : hydrolyse par des
métalloprotéinases et réduction, c'est-à-dire rupture des
liaisons S -
S. L'élimination rénale d'insuline est faible car, après filtration,
elle est réabsorbée par le tubule.
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Extrait de "Les médicaments" 3ème édition - P. Allain
avec mise à jour Août 2008 par P. Allain |