Matrice extracellulaire
L'espace qui entoure
les cellules, appelé espace extracellulaire, contient un ensemble
de macromolécules, polysaccharides ou glycosaminoglycanes,
protéines fibreuses, sels et eau, que l'on désigne sous le
nom de matrice extracellulaire. Les glycosaminoglycanes portent
des charges négatives notamment sur les groupes sulfate et
sont l'acide hyaluronique, la chondroïtine sulfate, le dermatan
sulfate, l'héparan, l'héparine et la kératine Les principales
protéines de structure sont le collagène et l'élastine et
les protéines d'adhésion, fibronectine et laminine. Selon
sa composition la matrice extracellulaire peut prendre divers
aspects, liquide comme le liquide interstitiel ou le liquide
synovial riches en polysaccharides, gélatineux comme les tendons
riches en protéines fibreuses, solides comme l'os riche en
phosphate de calcium. La membrane basale qui sépare le tissu
épithélial du tissu conjonctif constitue un type de matrice
extracellulaire. Les constituants de la
matrice extracellulaire sont synthétisés et sécrétés par les
cellules comme les fibroblastes et les chondroblastes et décomposés
par des enzymes appelés MMP (matrix metalloproteinases). Ces métalloprotéinases
sont ainsi appelées car ce sont des enzymes à zinc ayant une
activité endopeptidasique, c'est-à-dire qu'elles hydrolysent
les protéines. Auparavant désignées sous les termes de matrilysine,
collagénases, stromélysines, gélatinases, elles sont actuellement
désignées par MMP suivi d'un chiffre, ainsi la stromélysine
est le MMP-7. La majorité des métalloprotéinases sont sécrétées
par les cellules dans l'espace extracellulaire et sont désignées
seulement par MMP. Certaines, tout en ayant une activité extracellulaire,
restent incluses dans la membrane plasmique et sont appelées
MT-MMP (membrane type-matrix metalloproteinases). Toutes sont
synthétisées sous forme de pro-enzymes ou pro-MMP inactives
et sont activées par hydrolyses post-traductionnelles soit
à l'intérieur de la cellule par exemple sous l'influence de
la furine soit à l'extérieur par exemple sous l'action de
la plasmine. La plupart des MMP ne
sont pas exprimées d'une manière constitutive par les cellules
normales mais seulement après induction par des cytokines
et des facteurs de croissance lors de cicatrisation ou d'inflammation.
De plus leur activité
est inhibée par des antagonistes endogènes appelés TIMP (tissue
inhibitor of metalloproteinases) et par d'autres protéines
comme l'a2-macroglobuline.
Les TIMP sont des glycoprotéines sécrétées par les cellules
dans l'espace extracellulaire où elles neutralisent les pro-MMP
et les MMP. La matrice extracellulaire
joue un rôle essentiel dans la constitution, le maintien et
le remodelage de l'architecture tissulaire. Les MMP interviennent
dans de nombreux processus physiologiques : embryogenèse,
menstruation, ovulation, implantation du blastocyste, cicatrisation,
angiogenèse, migration cellulaire, morphogenèse. En pathologie
les MMP facilitent l'extension tumorale notamment par altération
de la membrane basale des tissus épithéliaux, la dissémination
métastatique, l'angiogenèse tumorale, l'altération du tissu
conjonctif normal. Sur le plan pharmacologique,
de nombreux inhibiteurs des MMP et des MT-MMP ont été développés
et une dizaine sont en cours d'essais cliniques, notamment
en cancérologie et dans les maladies démyélinisantes. Les
produits les plus étudiés sont le marimastat et le batimastat.
Les plaques séniles,
observées en quantité anormalement élevée dans le cerveau
des malades atteints de la maladie d'Alzheimer, peuvent être
considérées comme une altération de la matrice extracellulaire.
Elles sont formées de peptides d'une quarantaine d'acides
aminés qui constituent la substance amyloïde, terme utilisé
parce que leur coloration rappelait celle de l'amidon. Ces
peptides résultent du clivage d'une protéine appelée APP (amyloid
precursor protein) par deux enzymes, une ß-sécrétase et une
g-sécrétase. L'APP est une protéine transmembranaire
ayant une partie intracytoplasmique et une partie extramembranaire.
La ß-sécrétase, également appelée BACE (beta-site APP cleaving
enzyme) est une aspartyl protéase qui détache l'extrémité
extracellulaire de l'APP; la partie restante de l'APP est
ensuite coupée par la g-sécrétase,
libérant à l'extérieur de la cellule les peptides amyloïdes,
assemblés en feuillets de type ß. Pour tenter d'inhiber la
progression de la maladie, on essaie actuellement des inhibiteurs
de la ß-sécrétase ou BACE et des polypeptides susceptibles
d'empêcher l'empilement des feuillets
ß. Remarque
- La chondroïtine
sulfate, principal composant des cartilages, est un polysaccharide
de poids moléculaire de 10 000 à 50 000, formé d'unités
de N-acétylglucosamine sulfate et d'acide glucuronique.
Elle est obtenue par extraction à partir de trachées de
buf. Elle est commercialisée en France depuis de nombreuses
années comme anti-arthrosique d'action lente, c'est-à-dire
à effet retardé. Elle paraît avoir un effet bénéfique
modeste mais réel dans la gonarthrose et la coxarthrose.
Son mécanisme d'action est complexe et son métabolisme
reste à préciser. Elle connaît actuellement une certaine
vogue aux USA comme supplément diététique.
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Chondroïtine
sulfate |
CHONDROSULF*
Gél, Sachet
STRUCTUM*
Gélules |
Extrait de "Les
médicaments" 3ème édition - P. Allain
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