Adénosine triphosphate,
ATP
L'adénosine triphosphate,
ou triphosadénine, ou ATP, est, en plus de son rôle de réserve
d'énergie de la cellule et de constituant des acides nucléiques,
un médiateur de type purinergique qui est utilisé dans les
mêmes indications que l'adénosine. L'ATP est synthétisée
au cours de la glycolyse, mais surtout au cours de la respiration
mitochondriale, à partir de l'ADP ou adénosine diphosphate,
grâce à une ATPase de type F ou ATP synthase. L'ADP provient
de l'adénosine monophosphate ou AMP.
Schéma du métabolisme de l'ATP
Essentiellement intracellulaire,
elle est libérée par exocytose dans l'espace synaptique en
même temps que d'autres médiateurs comme les catécholamines.
Elle est aussi libérée lors des
altérations cellulaires et
en cas d'hypoxie.
L'ATP intracellulaire est une réserve d'énergie qui sera libérée lors de sa transformation
en ADP. C'est un donneur de groupes phosphates lors des phosphorylations.
L'augmentation de l'ATP intracellulaire dans les cellules
ß du pancréas entraîne la fermeture des canaux potassiques
de la membrane plasmique, une dépolarisation, l'entrée du
calcium et la libération d'insuline. Il existe également des
canaux potassiques régulés par l'ATP au niveau des mitochondries.
L'ATP extracellulaire agit sur des récepteurs membranaires de type P2 subdivisés en deux sous-groupes appelés P2X , récepteurs-canaux, qui comportent un canal perméable à l'état ouvert au sodium et au calcium et P2Y , métabotropiques, couplés aux protéines G.
Les effets extracellulaires
de l'ATP sont difficiles à systématiser : elle favorise la
libération de monoxyde d'azote par les cellules endothéliales,
l'ouverture des canaux potassiques cardiaques conduisant à
une hyperpolarisation et elle augmente le calcium intracytoplasmique
dans des cellules comme les macrophages. Au niveau du système
nerveux central, les récepteurs canaux de type P2X, lorsqu'ils
sont activés par l'ATP, laissent entrer le calcium et le sodium
dans les neurones et joueraient un rôle dans la transmission
synaptique.
L'activation des récepteurs P2X2 et P2X3 provoquent des douleurs, effet nociceptif, et les antagonistes de ces récepteurs ont des effets antalgiques. Dans certaines conditions pathologiques, ils pourraient
avoir un rôle toxique similaire à celui du glutamate par l'intermédiaire
des récepteurs NMDA.
L'ATP est rapidement
hydrolysée par des nucléotidases présentes à la surface de
divers types de cellules pour donner successivement de l'ADP,
l'AMP et l'adénosine.
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Adénosine-triphosphate
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STRIADYNE*
Inj |
L'ATP est utilisée dans
le traitement des tachycardies paroxystiques, de type Bouveret,
mais, comme elle ne pénètre pas dans les cellules, son administration,
même par voie parentérale, ne permet pas de corriger une déficience
intracellulaire.
L'ADP , adénosine diphosphate , est un puissant agrégant plaquettaire qui agit en activant un récepteur plaquettaire appelé P2Y12 . La ticlopidine et le clopidrogrel sont des inhibiteurs de ce récepteur. Voir Coagulation.
L'UTP ou uridine triphosphate est un agoniste de certains récepteurs purinergiques, notamment des récepteurs P2Y. Par ailleurs l'existence d'un récepteur de l'uridine, dont l'activation favoriserait le sommeil, a été suggérée.
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Extrait de "Les médicaments" 3ème édition - P. Allain
avec mise à jour Août 2008 par P. Allain |