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Posologie et surface corporelle... En attendant Godot...
| Auteur : Pierre Allain |
Date : 1-10-2001 |
L'habitude et le prestige de ce que l'on ne comprend pas
font que l'on ne s'étonne pas de prescrire des médicaments
en fonction de la surface corporelle.
Et pourtant il s'agit là d'une pratique absurde empêchant
de progresser en matière d'adaptation de posologie. Sur le
plan pratique, aucun médicament ne s'administre par application
sur la totalité de la surface corporelle et aucun médicament
ne s'élimine notablement par la peau. Sur le plan théorique,
tous les concepts et les calculs de pharmacocinétique reposent
sur des volumes, volumes de distribution, concentration par
volumes. La surface n'intervient jamais.
Il n'est pas possible d'établir un lien mathématique simple
entre la surface et le volume d'un corps complexe. Le fait
d'administrer un médicament en fonction de la surface corporelle
- qui ne peut pas être relié à un volume- et ensuite de mesurer
sa concentration dans un volume est saugrenu.
Et pourtant la posologie des médicaments les plus toxiques
comme les antinéoplasiques est établie en fonction de la surface
corporelle.
En réalité la posologie d'un médicament doit être établie
en fonction du volume, volume corporel total, proche du poids
puisque la densité moyenne du corps est voisine de un, volume
de la masse maigre, volume de la masse grasse en fonction
de la distribution du médicament concerné dans l'organisme.
Il reste à conceptualiser ces notions mais c'est possible
puisque nous sommes dans un cadre logique. Le rapport poids
/ taille donne une idée de l'importance de ces volumes mais
sa traduction en surface corporelle est une aberration.
Pharmacorama est ouvert à tous ceux qui veulent donner leur
opinion à ce sujet.
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