Rosuvastatine (Crestor*) et autres statines
| Auteur : Pierre Allain |
Date : 30-11-2003 |
La rosuvastatine ou Crestor*, nouvelle statine découverte
par un laboratoire japonais et développée par
le Laboratoire AstraZénéca. a fait l'objet de
critiques dans le Lancet
du 25 octobre 2003, Vol 362.
Nous nous proposons de replacer ces critiques dans un contexte
plus général.
La situation actuelle en matière de statines est la
suivante : sont commercialisés en France la simvastatine
(Lodalès*, Zocor*), la pravastatine (Elisor*, Vasten*),
la fluvastatine (Fractal*, Lescol*), et l'atorvastatine (Tahor*).
La cérivastatine, en raison de ses effets indésirables,
a été retirée du commerce dans les pays
où elle venait d'être mise sur le marché
en 2001. La rosuvastatine vient d'être commercialisée
aux USA mais pas en France.
Les nouvelles statines commercialisées ont certes
été en général bien étudiées,
notamment leur effet sur le cholestérol, mais elles
n'ont pas subi l'épreuve d'une utilisation large et
prolongée permettant de préciser leur efficacité
(sur les accidents cardiovasculaires, la mortalité
globale) et leur tolérance.
Les critiques du Lancet vis-à-vis de la rosuvastatine
portent essentiellement sur les risques d'effets indésirables
lorsqu'elle était utilisée à la dose
de 80 et même de 40mg par jour mais le Laboratoire a
renoncé à l'utilisation de ces posologies élevées.
Voir à ce propos document
FDA.
Que penser de la position du Lancet vis-à-vis de la
rosuvastatine ? Elle est inhabituelle et aurait pu s'appliquer
à bien d'autres nouveaux médicaments dont la
supériorité sur les précédents
était loin d'être démontrée. S'il
s'agit d'une politique générale du Lancet pour
une plus grande rigueur dans l'évaluation des médicaments
et dans l'interprétation des résultats des études,
elle peut être constructive.
Compte tenu du fait que la rosuvastatine est plus efficace
que les autres statines pour abaisser le cholestérol,
(pour le reste on n'en sait rien), son utilisation à
une posologie plus faible que celles qui ont été
initialement testées, paraît logique. L'exemple
de la cérivastatine incite les laboratoires pharmaceutiques
qui développent une nouvelle statine à la proposer
à une posologie bien tolérée.
Quoiqu'il en soit, l'article du Lancet a placé la
rosuvastatine dans le collimateur et si elle est mal tolérée
aux nouvelles posologies, on le saura.
Pour compléter l'information à ce sujet, voir
les lettres
publiées dans le Lancet du 29 novembre 2003.
Voir Généralités
sur hypolipémiants.
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