Finastéride et cancer de la prostate
| Auteur : Pierre Allain |
Date : 1-9-2003 |
On pouvait penser que le finastéride (Chibro-Proscar*),
inhibiteur de la 5-alpha-réductase (enzyme permettant
la conversion de la testostérone en dihydrotestostérone),
actuellement utilisé dans le traitement des manifestations
de l'hypertrophie de la prostate, réduirait en traitement
préventif le risque de cancer de la prostate.
Un article
publié dans le NEJM du17 juillet 2003 rapporte
les résultats d'un essai de prévention du cancer
de la prostate par la prise de finastéride à
la dose de 5 mg par jour par des hommes de plus de 55 ans,
dont environ un tiers ayant plus de 65 ans. Cette étude,
menée contre placebo a duré 7 ans.
Les résultats : la fréquence des cancers a
été de 24 % dans le groupe placebo et 18 % dans
le groupe finastéride, soit une réduction d'environ
24 % par le finastéride. Mais la gravité des
cancers dans le groupe finastéride était plus
élevée que dans le groupe placebo et la mortalité
totale n'a pas été plus faible dans le groupe
finastéride que dans le groupe placebo. Par ailleurs,
dans le groupe finastéride, les troubles génito-urinaires
ont été un peu moins fréquents que dans
le groupe placebo mais les troubles sexuels beaucoup plus.
Que conclure ? Peut-être comme le commentateur
de l'article : "Au total, le finastéride ne
paraît pas un moyen intéressant pour la prévention
du cancer de la prostate".
Voir aussi : Antiandrogènes
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