Progestérone et accouchements prématurés : le retour ?
| Auteur : Pierre Allain |
Date : 7-7-2003 |
Le New England Journal of Medicine du 12 juin 2003, publie
une étude " Prévention
des accouchements prématurés répétés
par le caproate de 17 alpha-hydroxyprogestérone
" ainsi qu'un commentaire de cet article intitulé
"Progesterone
and preterm delivery déjà vu all over again"
que je propose de traduire par "progestérone et
accouchement prématuré du déjà
vu, l'éternel retour".
L'étude a été menée chez des
femmes enceintes ayant un antécédent d'accouchement
prématuré spontané (un accouchement est
dit prématuré lorsqu'il survient avant la 37ème
semaine de gestation, soit 259 jours). Ces femmes enceintes
à risque ont été réparties en
2 groupes, placebo ou 17 alpha-hydroxyprogestérone
250 mg par semaine en injection, l'administration débutant
entre la 16ème et la 20ème semaine de gestation
et se poursuivant jusqu'à la 36ème semaine ou
l'accouchement. Il est à noter qu'aucun bilan hormonal
n'est mentionné dans cette étude.
Résultats : la fréquence des accouchements
prématurés a été de 36 % dans
le groupe progestérone (111 sur 306) et 55 % dans le
groupe placebo (84 sur 153). L'administration de 17 alpha-hydroxyprogestérone
a donc réduit indiscutablement la fréquence
des accouchements prématurés.
Interprétation : la progestérone a été
par le passé plus largement utilisée dans la
prévention de l'accouchement prématuré
qu'elle ne l'est aujourd'hui. Les résultats de cette
étude pourraient inciter à y recourir plus fréquemment.
Dans son commentaire M.F. Greene suggère, bien que
rien d'anormal n'ait été observé chez
les enfants nés des mères traitées, de
les suivre au long cours.
En France, la 17 alpha-hydroxyprogestérone est commercialisée
sous le nom de Progestérone-Retard Pharlon en ampoules
injectables huileuses de 250 et 500 mg. La posologie indiquée
dans le RCP "en cas de menace d'accouchement prématuré
en rapport avec une hypermotilité utérine"
est de 500 à 1000 mg par semaine ou tous les 2 jours,
c'est-à-dire nettement plus élevée que
celle qui a été utilisée par les auteurs
de l'article analysé.
Pour généralités sur les progestatifs,
voir : Progestérone
et Progestatifs.
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