THS, Traitement Hormonal Substitutif de la ménopause, Suite
| Auteur : Pierre Allain |
Date : 21-3-2003 |
Le traitement hormonal substitutif de la ménopause,
THS, par une association estro-progestative a été
suspecté au cours de l'année 2002 d'augmenter
le risque de cancer du sein et d'accidents cardiovasculaires
(accidents coronariens, accidents cardiovasculaires cérébraux,
embolie pulmonaire...). Le THS réduisait faiblement
le risque de fractures par ostéoporose et de cancer
du colon. Les dangers du THS semblaient toutefois plus importants
que les bénéfices et des restrictions à
sa prescription ont été proposées.
Voir : Le traitement hormonal
substitutif de la ménopause. Turbulences.
Mais il restait une grande inconnue : le THS améliorait-il
suffisamment la vie des femmes ménopausées,
leur entrain, leur sexualité, leur humeur, leur vivacité,
leur mémoire (quality of life) pour éventuellement
justifier la prise de certains risques ?
La réponse ou une réponse à cette question
vient de tomber. Elle va paraître dans le New England
Journal of Medicine du 8 mai 2003, numéro 19, mais
le NEJM a considéré les résultats de
l'étude WHI (Women's Health Initiative) comme suffisamment
importants sur le plan thérapeutique pour mériter
une diffusion électronique anticipée à
ses abonnés. Le titre de l'article est : "Effects
of estrogen plus progestin on health-related quality of life"
et le premier auteur est Jennifer Hays. Un autre article intitulé
"Postmenopausal hormones therapy for symptoms only"
de Deborah Grady commente les résultats de Jennifer
Hays.
Les résultats de l'étude WHI, effectuée
sur des femmes de 50 à 79 ans, moyenne 63 ans, sans
symptômes marqués de la ménopause, sont
assez clairs : le THS n'a pas été supérieur
au placebo sur les critères de qualité de vie
analysés (sexualité, humeur, mémoire
etc). Une supériorité du THS sur le placebo
a été observée sur le sommeil mais cette
amélioration était extrêmement faible
et transitoire. Par ailleurs il y a eu plus de femmes à
sortir spontanément de l'étude dans le groupe
THS que dans le groupe placebo.
Au total les raisons de prescrire ou de poursuivre un THS
de la ménopause s'amenuisent considérablement.
Comme le souligne Deborah Grady dans son commentaire, la prescription
d'un estro-progestatif dans le cadre de la ménopause
devrait être réservée au traitement curatif
de courte durée des troubles vasomoteurs, bouffées
de chaleur, en début de ménopause.
Et pourtant il paraissait si naturel de remplacer les hormones
manquantes ! Une phrase d'une lettre d'un anglais au Lancet
me vient à l'esprit, je la livre à votre réflexion
: "Si les chauves font plus d'accidents (il s'agissait
d'accidents cardiovasculaires) que les autres, il faut leur
prescrire des perruques".
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