Le traitement hormonal substitutif de la ménopause. Turbulences
| Auteur : Pierre Allain |
Date : 25-7-2002 |
L'étude intitulée "Avantages
et inconvénients d'une association estroprogestative
chez des femmes ménopausées bien portantes"
a été largement commentée, y compris
par la presse financière car elle a eu des répercussions
boursières. L'association estroprogestative utilisée
dans cette étude (Prempro*) comportait comme estrogène
le mélange d'estrogènes sulfoconjugués
d'origine équine et non de l'estradiol et comme progestatif
de la médroxyprogestérone. L'étude, menée
chez des femmes âgées de 50 à 79 ans,
a été interrompue au bout de 5 ans alors qu'elle
devait durer 8,5 ans parce que dans le groupe traité,
par rapport au groupe placebo, on a observé une augmentation
de 26 % des cancers du sein ainsi qu'une augmentation des
accidents cardiovasculaires et des accidents vasculaires cérébraux.
Cette augmentation a été nette à partir
de la deuxième année de traitement par Prempro*.
A l'opposé, une diminution des cancers colorectaux
et des fractures de hanche a été observée
dans le groupe traité.
Commentaires
Les journaux financiers sont presque toujours les premiers
à rapporter les résultats d'études de
médicaments dans la mesure où ils font baisser
ou monter la cotation des laboratoires en bourse.
Il faut souligner que l'estrogène présent dans
Prempro* est, en fait, un mélange complexe d'une dizaine
de produits à activité estrogène, extrait
d'urine de jument gravide. Même si ce produit est très
largement utilisé aux USA, il me semble qu'il aurait
été préférable de choisir l'estradiol,
l'hormone physiologique, surtout en association avec un progestatif,
de préférence à une préparation
complexe comme les estrogènes conjugués. Si
les résultats de l'étude analysée avaient
été positifs, le laboratoire aurait pu souligner
l'originalité " de son "estrogène".
Maintenant qu'ils sont négatifs cette "originalité
" peut aussi être soulignée.
La poursuite d'un traitement par Prempro*, et bien sûr
sa prescription à des femmes ménopausées,
est déconseillée, mais comme la spécialité
Prempro* n'est pas commercialisée en France ni, semble
t-il,dans d'autres pays d'Europe, le nombre de femmes concernées
y est très faible. La question qui se pose est de savoir
dans quelle mesure, dans le cadre du traitement hormonal substitutif
de la ménopause, les restrictions de prescription de
Prempro* doivent être étendues l'estradiol et
à la progestérone, y compris aux préparations
à administration transdermique .
Pour le moment, une certaine prudence dans la prescription
d'un traitement hormonal substitutif de la ménopause
est nécessaire. Il faut considérer notamment
les raisons justifiant la prescription et sa durée.
Voir la position
de l'AFSSAPS à ce sujet.
Remarques :
Les résultats concernant la contraception estroprogestative
sont plus rassurants, voir Pilule
estroprogestative et cancer du sein.
Les estrogènes conjugués seuls, non associés
à un progestatif, sont commercialisés en France
et dans de nombreux pays, sous le nom de Prémarin*
Pour informations générales, voir Associations
estroprogestatives.
Voir la mise à jour du 21 Mars 2003 : THS,
Traitement Hormonal Substitutif de la ménopause, Suite
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