La dépendance alcoolique et la naltrexone
| Auteur : Pierre Allain |
Date : 20-2-2002 |
Après la dépendance tabagique et le Zyban*,
la dépendance alcoolique et la naltrexone.
La naltrexone, antagoniste morphinique ( voir Antagonistes
morphiniques) est commercialisée dans divers pays
dont la France sous le nom de Revia*, comprimés à
50 mg, dans l'indication: traitement de soutien dans le maintien
de l'abstinence chez des patients alcoolodépendants.
L'article de JH Krystal et collaborateurs, paru dans le New
England Journal of Medicine, a montré que la naltrexone
n'était pas plus efficace que le placebo dans le traitement
de la dépendance alcoolique.
Krystal
JH, Cramer JA, Krol WF, Kirk GF, Rosenheck RA; Veterans Affairs
Naltrexone Cooperative Study 425 Group.
Naltrexone in the treatment of alcohol dependence
N Engl J Med 2001 Dec 13;345(24):1734-9
Des restrictions aux conclusions de ce travail ont été
avancées : les alcooliques de cette étude étaient
trop invétérés, trop vieux, une cinquantaine
d'années, et puis il n'y avait presque que des hommes
et la plupart vivaient seuls! Ils étaient "veterans".
Voir les commentaires
sur l'article de JH Krystal.
Quoiqu'il en soit, si les conclusions de cet article sont
justes, celles des Autorités Administratives et de
leurs experts qui ont accordé l'AMM à la naltrexone
dans cette indication le sont moins. Même si l'on admet
que la naltrexone a une activité bénéfique
dans le traitement de la dépendance alcoolique, cette
activité serait relativement limitée et on peut
s'interroger sur l'intérêt de sa prescription.
Si l'on considère le mécanisme d'action, le
fait que la naltrexone ne soit pas très active dans
le traitement de la dépendance alcoolique n'est pas
très surprenant!
Goodwin
FL, Campisi M, Babinska I, Amit Z.
Effects of naltrexone on the intake of ethanol and flavored
solutions in rats.
Alcohol 2001 Aug;25(1):9-19
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