ZYVOXID* (Linézolide)
| Auteur : Pierre Allain |
Date : 15-5-2002 |
Le linézolide est un nouvel antibiotique de structure
chimique originale, actif contre les germes Gram-positifs
résistants à la plupart des antibiotiques dont
on dispose actuellement.
La structure chimique du linézolide est indiquée
ci-dessous ; c'est une oxazolidinone substituée obtenue
par synthèse chimique en 1987 (et non par extraction
à partir d'un microorganisme comme un grand nombre
d'autres antibiotiques).

Le linézolide est actif contre les germes Gram-positifs
comme les streptocoques (dont Streptococcus pneumoniae = pneumocoques),
les staphylocoques, les entérocoques résistants
à la plupart des antibiotiques dont on dispose actuellement.
Il est également actif contre certains anaérobies
Gram-positifs comme Clostridium perfringens. Il n'est pas
actif contre les germes Gram- négatifs dans lesquels
il pénètre mal.
Comme beaucoup d'antibiotiques déjà connus,
le linézolide inhibe la synthèse des protéines
chez les microorganismes dans lesquels il pénètre
bien, en perturbant la traduction du RNA messager en protéines
au niveau des ribosomes qui sont situés dans le cytoplasme.
Cette traduction s'effectue selon un mécanisme très
complexe, schématiquement divisé en 3 étapes
: l'initiation, l'élongation et la terminaison. Le
linézolide inhibe l'initiation en agissant sur des
sites différents de ceux des autres antibiotiques inhibiteurs
de la traduction, ce qui explique l'absence de résistance
croisée.
Sur le plan pharmacocinétique, le linézolide
qui existe sous la forme injectable et buccale, a par voie
buccale une biodisponibilité de 100 %, qu'il soit pris
à jeun ou pendant le repas, ce qui explique que la
dose administrée par voie buccale et parentérale
est la même. Sa demi-vie plasmatique est 5 à
7 heures, ce qui permet de se limiter à deux administrations
par jour. Il n'est pas métabolisé par les cytochromes
P-450 et ne modifie pas leur fonctionnement mais donne deux
métabolites par transformations non enzymatiques du
cycle morpholine. Son élimination, sous forme inchangée
et sous forme de deux métabolites, est essentiellement
rénale.
Les indications du linézolide découlent de
son activité antibactérienne : les infections
à germes gram-positifs résistants aux autres
antibiotiques. Pour éviter le développement
de germes résistants au linézolide, son utilisation
est réservée au milieu hospitalier.
Le linézolide apparaît globalement assez bien
toléré. On peut signaler des diarrhées,
des céphalées, un goût métallique,
des thrombopénies (contrôle hématologique)
Noter une particularité, le linézolide a un
effet inhibiteur, certes faible, de la monoamine oxydase,
c'est un IMAO faible mais cette activité demande de
prendre des précautions, notamment ne pas associer
au linézolide des sympathomimétiques (Voir Par
inhibition du catabolisme). Pour ceux qui s'intéressent
à la chimie : la toloxatone ou Humoryl* qui est un
IMAO d'activité modérée, est également
un dérivé de l'oxazolidinone.
En conclusion, le linézolide qui doit encore confirmer
son intérêt en pratique quotidienne, est un antibiotique
bienvenu.
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