Vitamine A - Effets
Les différentes formes,
rétinol, rétinal, acide trans-rétinoïque et acide-9-cis rétinoïque,
coexistent dans les tissus et sont en équilibre les unes avec
les autres. Leur rôle n'est pas identique. Le rétinal joue
un rôle essentiel dans la vision alors que l'acide rétinoïque
intervient dans la croissance et la différenciation cellulaire.
Métabolisme et effets de la vitamine
A Rôle dans la vision
La vitamine A améliore
la vision crépusculaire. Sa carence se traduit par une héméralopie,
c'est-à-dire un défaut d'adaptation de la vision à l'obscurité.
La rhodopsine est formée
de 11-cis-rétinal lié à l'opsine qui est un polypeptide d'environ
350 acides aminés, le rétinal étant fixé au groupe NH2
de la lysine. La chaîne polypeptidique de l'opsine est transmembranaire.
L'absorption d'un photon
entraîne une série de réactions conduisant à la transformation
de la rhodopsine en métarhodopsine II et isomérisation du
cis-rétinal en trans-rétinal qui se détache de la rhodopsine.
Rôle de la vitamine A au niveau de la
rétine La rhodopsine activée
interagit avec la protéine Gt ou transducine. La transducine
stimule une phosphodiestérase, PDE, qui transforme le GMP
cyclique en 5'GMP. Le GMPc maintient ouverts les canaux sodiques
du segment externe des bâtonnets, ce qui permet l'entrée de
sodium et le maintien d'une dépolarisation cellulaire. La
diminution du GMPc inhibe cette entrée de Na+,
ce qui entraîne une hyperpolarisation relative du segment
externe des bâtonnets. En cas de déficience
en vitamine A, l'effet est plus marqué sur les bâtonnets que
sur les cônes. Le trans-rétinal est
retransformé en cis-rétinal par isomérisation et il y a équilibre
entre rétinal et rétinol. Rôle dans la différenciation
et la croissance cellulaire
Les effets de la vitamine
A dans la différenciation et la croissance cellulaire sont
assurés par l'intermédiaire de l'acide tout-trans-rétinoïque
et de l'acide 9-cis-rétinoïque qui pénètrent dans le noyau,
agissent sur des récepteurs de type RAR (retinoic acid receptor)
et RXR (retinoic X receptor). Ces récepteurs activés se dimérisent,
formant des homodimères ou des hétérodimères, se lient aux
éléments de réponse de l'acide rétinoïque (ou RARE) et modulent
la transcription de certains gènes. Ils modulent ainsi la
synthèse de diverses protéines encore insuffisamment identifiées.
Par ailleurs les rétinoïdes inhibent le facteur AP-1 et réduisent
ainsi la synthèse de métalloprotéases (par exemple les collagénases),
de certaines cytokines et de certaines enzymes comme l'ornithine
décarboxylase qui est augmentée dans les cellules cancéreuses
du colon. Par ailleurs, la vitamine
A qui comporte une partie hydrophobe et une partie hydrophile
est présente dans les membranes qu'elle pourrait protéger
contre les réactions radicalaires. Le rétinylphosphate intervient
comme transporteur de mannose dans la synthèse de glycoprotéines.
Les actions de la vitamine
A précédemment décrites expliquent peut-être son effet "anticancéreux".
La déficience en vitamine A pourrait augmenter les risques
de certains cancers. Chez l'animal, l'administration de fortes
doses de vitamine A réduit la croissance et le développement
de certaines tumeurs. Le ß-carotène et les
caroténoïdes auraient un effet anticancérigène plus prononcé
que la vitamine A elle-même. Plusieurs études ont montré chez
l'homme une corrélation inverse entre la fréquence des cancers
et l'élévation de la concentration des caroténoïdes dans le
plasma mais il n'est pas prouvé qu'une supplémentation en
carotène réduise leur fréquence. Chez l'animal, les caroténoïdes
s'opposent au développement de diverses tumeurs.
Extrait de "Les
médicaments" 3ème édition - P. Allain
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