Régulation de
la division cellulaire
Le cycle cellulaire est
divisé en 4 phases : G1,
S, G2
et M auxquelles on peut ajouter la phase G0
ou de quiescence. La régulation de la division cellulaire
apparaît d'une très grande complexité car il existe des cascades
de réactions interdépendantes dont il est difficile de situer
le point de départ. Schématiquement la mitose, c'est-à-dire
la division elle-même, est précédée des phases G1,
S et G2
au cours desquelles la cellule accumule, après mise en jeu
de diverses transcriptions, le matériel nécessaire à la naissance
de deux cellules-filles. On peut considérer que, pendant les
phases G1
et S, il y a activation des gènes conduisant à la synthèse
de protéines nécessaires à la synthèse de DNA et pendant la
phase G2,
synthèse de protéines nécessaires à la séparation et
à la migration des chromosomes.
Ces phases sont indiquées
ci-après :
- phase
G1
(G = gap, intervalle)
- phase
S ou de synthèse. La replication du DNA s'effectue grâce
à la DNA polymérase de type III.
- phase
G2
ou prémitotique
- phase
M ou mitotique, de division cellulaire proprement dite
- La phase
M comprend 6 étapes :
- prophase
où le noyau de la cellule contenant les chromosomes
est visible
- prométaphase
où il y a rupture de l'enveloppe nucléaire et organisation
des microtubules (ou kinétophores)
- métaphase
où les chromosomes migrent le long des microtubules
pour former une plaque équatoriale. Les kinétophores
se coupent
- anaphase :
migration des chromosomes le long des kinétophores vers
les deux pôles de la cellule
- télophase :
une enveloppe nucléaire se forme aux deux pôles de la
cellule
- cytodiérèse :
la cellule mère se divise par clivage en deux cellules
filles séparées.
Le cycle cellulaire est
régulé par des protéines kinases cycline-dépendante ou Cdk
(cyclin-dependant protein kinases) c'est-à-dire que l'activité
enzymatique de type kinase nécessite la présence d'une autre
protéine appelée cycline.
On distingue plusieurs
cyclines et plusieurs Cdk.
Les cyclines, ainsi appelées
parce qu'il y a une variation cyclique de leur concentration
intracellulaire, D1,
D2,
D3
liées aux Cdk4 et Cdk6 interviennent à la phase G1
et la cycline E intervient aux phases G1
et S. Les cyclines A dont la concentration s'élève du début
de la phase S jusqu'au début de la mitose, liées soit au Cdk2
soit au Cdc2 (partie catalytique d'une protéine kinase dépendant
de la cycline A), interviennent aux phases S et G2
et les cyclines B, liées aux Cdk1 et Cdk2, aux phases G2
et M.
Le cycle cellulaire, M = mitose, G1,
G2, S phases du cycle, Cdk =" cyclin dependant kinases"
Les protéines kinases
et les cyclines correspondantes sont régulées par des facteurs
de croissance et des oncogènes. Ainsi les Cdk 4 et 6 sont
inhibées par des protéines P16, exprimées par le gène CDKN2A
qui, lorsqu'il présente une altération secondaire à des mutations,
ne les exprime plus : ainsi la freination du cycle cellulaire
est levée et le risque de cancers accru.
Les gènes P53 et RB jouent
un rôle déterminant dans la régulation du cycle cellulaire.
Régulation du rôle de la protéine RB
Le gène RB (pour rétinoblastome)
code pour une protéine RB qui inhibe la prolifération cellulaire
en contrôlant le cycle cellulaire par l'intermédiaire du facteur
transcriptionnel E2F. Ce facteur E2F stimule la transcription
de gènes conduisant à la synthèse d'enzymes impliquées dans
la division cellulaire : la dihydrofolate réductase (DHFR),
la thymidine kinase (TK), la thymidylate synthase (TS), la
DNA polymérase, les Cdk (cyclin dependant kinases), le Cdc
(autre kinase dépendant de la cycline A) et l'E2F lui-même.
La protéine RB à l'état non phosphorylé se lie à l'E2F et
l'empêche de jouer son rôle d'activateur de transcription
des gènes précédemment cités. Par contre, lorsqu'il est phosphorylé,
il se détache du facteur E2F qui, dès lors, devient actif.
La phosphorylation de la protéine RB est assurée par les Cdk4
et 7 liés aux cyclines D et le Cdk2 lié à la cycline E.
Le gène p53, appelé gène
suppresseur de tumeur et localisé dans le bras court du chromosome
1A, code pour une protéine p53. Il est transcrit en cas d'altération
du DNA. Cette protéine p53 a de nombreuses fonctions : elle
module la transcription de nombreux autres gènes.
- Elle stimule la
transcription du gène p21 à l'origine de la protéine p21
qui est un inhibiteur de plusieurs cyclines-Cdk
et celle d'autres gènes exprimant des protéines qui inhibent
la croissance cellulaire et favorisent l'apoptose.
- Elle réprime la
transcription de gènes inhibiteurs de l'apoptose, de c-fos
et de c-myc qui sont des oncoprotéines, de MDR1 (multi-drug
resistance oncoprotein).
- Elle stimule
la transcription du gène mdm2, à l'origine de la phosphoprotéine
nucléaire mdm2 qui se lie à la protéine p53 et l'inactive.
Il s'agit d'une boucle de régulation négative de la protéine
p53.
Par cet ensemble d'actions
et d'autres plus complexes qui ne sont pas rappelées ici,
le gène p53 freine le cycle cellulaire et favorise l'apoptose.
Une altération du gène p53, par mutation par exemple, augmente
le risque de cancers.
Rôle de la protéine p53
Extrait de "Les
médicaments" 3ème édition - P. Allain
avec mise à jour Décembre 2005 par P. Allain |