Antiparkinsoniens
Dans la maladie de Parkinson,
du fait de la dégénérescence des neurones dopaminergiques
des noyaux gris centraux, il y a une déficience en dopamine.
On cherche à compenser cette déficience en dopamine par augmentation
de sa synthèse et de sa libération ou par réduction de son
catabolisme. Il ne s'agit là que d'un traitement symptomatique
qui ne s'attaque pas à la cause de la maladie qui poursuit
son évolution.
Par augmentation de
la synthèse de dopamine : L-DOPA
La lévodopa ou L-Dopa
est le précurseur de la dopamine. Elle peut être utilisée
seule mais le plus souvent on l'associe à un inhibiteur de
la Dopa décarboxylase.
L-Dopa seule
Comme la dopamine elle-même
ne pénètre pas dans le cerveau, pour pallier sa déficience,
on a recours à son précurseur, la L-Dopa qui y pénètre par
transport actif puis est transformée en dopamine. L'augmentation
d'apport de L-Dopa compense, du moins transitoirement, la
déficience de la synthèse de dopamine.
La L-Dopa est utilisée
de préférence à la L-tyrosine car l'activité de la tyrosine
hydroxylase cérébrale chez les parkinsoniens risque d'être
insuffisante pour assurer sa transformation en L-Dopa.
La L-Dopa améliore successivement
et préférentiellement l'akinésie, la rigidité, les tremblements
(amélioration moindre) et diminue l'apathie.
Il s'agit d'un traitement
symptomatique qui compense l'insuffisance de dopamine mais
ne guérit pas la maladie qui continue à évoluer, la destruction
des noyaux gris se poursuivant.
Les effets indésirables
de la L-Dopa sont périphériques et centraux.
- périphériques
:
- très fréquemment
hypotension, parfois hypertension, tachycardie (extrasystoles)
- coloration
brun-noir des urines
- troubles
digestifs : anorexie, nausées, vomissements, atteintes
hépatiques (élévation des transaminases).
- centraux :
- mouvements
involontaires anormaux siégeant au niveau de la face
et du cou, que l'on explique par l'apparition d'une
hypersensibilité de certains récepteurs à la dopamine
- insomnie,
agitation, parfois délire de type psychotique
- effets "on-off"
: variations des effets au cours de la journée, traduisant
le plus souvent une aggravation de la maladie
- hyperthermie.
En réalité, seule une
faible partie de L-Dopa administrée pénètre dans le cerveau.
La plus grande partie, environ 95%, est rapidement décarboxylée
par la L-Dopa décarboxylase des tissus périphériques et transformée
en dopamine qui ne pénètre pas dans le cerveau. L'activité
de la L-Dopa décarboxylase est dépendante de la vitamine B6
dont la prise augmente l'inactivation de la L-Dopa à la périphérie.
L'importance de l'inactivation
de la L-Dopa a conduit à développer des inhibiteurs de la
L-Dopa décarboxylase périphérique et à les associer à la L-Dopa.
L-Dopa associée
à un inhibiteur de la L-Dopa décarboxylase
Les inhibiteurs de la
L-Dopa décarboxylase périphérique sont le bensérazide et la
carbidopa. Ils s'administrent en association avec la L-Dopa.
Aux doses utilisées, ces inhibiteurs ne pénètrent pas dans
le cerveau et, en conséquence, ils inhibent la dopa décarboxylase périphérique mais pas la dopa décarboxylase cérébrale.
Ainsi la
L-Dopa
est moins détruite à la périphérie, il y a donc moins de dopamine
périphérique, moins d'effets secondaires périphériques et
plus de L-Dopa à pénétrer dans le cerveau.
En pratique, les résultats
sont atteints plus rapidement avec moins de L-Dopa et moins
d'effets indésirables périphériques, mais les effets indésirables
centraux, tels que les mouvements anormaux (dyskinésies) et
les hallucinations, ne sont pas réduits.
Administrés seuls, c'est-à-dire
sans L-Dopa, les inhibiteurs de la L-Dopa décarboxylase sont
sans effet apparent, bénéfique ou indésirable.
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Levodopa + Bensérazide
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MODOPAR* Gélules, plusieurs présentations |
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Levodopa + Carbidopa
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SINEMET* Cp, 3 présentations |
Par augmentation de
la libération
L'amantadine, utilisée
comme antiviral dans le traitement de la grippe de type A,
s'est révélée posséder des propriétés antiparkinsoniennes.
Elle agit en augmentant la libération de dopamine. Il s'agit
toutefois d'un antiparkinsonien mineur, utilisé seul dans
les formes débutantes ou associé à un autre antiparkinsonien
pour en compléter l'effet. Elle est utilisée dans la prophylaxie
et le traitement de la grippe à virus A. Elle a des effets
indésirables : insomnie, nervosité, nausées, anorexie, hypotension,
rarement troubles de type psychotique.
Inhibition du catabolisme
: inhibiteurs de la COMT et de la MAO
Les deux types d'enzymes
qui catabolisent les catécholamines sont la COMT et la MAO.
Leur inhibition ralentit la dégradation des catécholamines.
Inhibiteurs de la
COMT
La COMT catalyse le transfert
d'un groupe méthyl sur un oxygène du groupe catéchol des catécholamines
et de la L-DOPA qui est ainsi transformée en 3-O-méthyldopa,
métabolite inactif.
Si on associe à la L-DOPA,
utilisée dans la maladie de Parkinson, un inhibiteur de la
COMT, l'inactivation de la L-DOPA par méthylation sera inhibée
et on aura dans le plasma une plus grande concentration de
L-DOPA et une diminution de celle de la 3-O-méthyldopa qui
entre en compétition avec la L-DOPA pour pénétrer dans le
cerveau. Ainsi l'augmentation de la concentration plasmatique
de L-DOPA et la diminution de celle de 3-O-méthyldopa favorise
le passage de la L-DOPA dans le cerveau. De plus, si l'inhibiteur
de la COMT pénètre dans le cerveau, il ralentit l'inactivation
des catécholamines, notamment celle de la dopamine, ce qui
renforce et prolonge ses effets.
Les deux principaux inhibiteurs
de la COMT sont la tolcapone et l'entacapone. Le premier produit
à être commercialisé en France a été la tolcapone. Peu après
sa mise sur le marché, il est apparu que la tolcapone pouvait
être à l'origine d'hépatites fulminantes et l'arrêt de sa
commercialisation a été décidé ; il a été réintroduit dans le commerce avec des précautions d'emploi renforcées, axées sur le risque hépatique.
L'entacapone, inhibiteur
spécifique et réversible de la COMT, a un effet essentiellement
périphérique et est utilisé dans le traitement de la maladie
de Parkinson en complément du traitement par l'association
L-Dopa/inhibiteur de la dopa décarboxylase. Du fait de son
mécanisme d'action, l'entacapone inhibe le catabolisme des
médicaments et des produits endogènes comportant une fonction
catéchol (c'est-à-dire deux groupes -OH contigus sur un noyau
benzénique) : dopamine, adrénaline, dobutamine, a-méthyldopa.
Elle potentialise les effets recherchés de la L-Dopa, mais
aussi certains de ses effets indésirables tels que les dyskinésies,
les troubles digestifs. L'entacapone peut chélater le fer
dans le tube digestif et diminuer sa biodisponibilité, ce
qui contre-indique la prise simultanée de fer et d'entacapone
et explique la possibilité d'apparition d'une anémie. L'entacapone peut également être à l'origine d'hépatites.
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Entacapone |
COMTAN*
Comprimés à 200
mg |
| Tolcapone |
TASMAR*, Comprimés à 100mg |
Stalévo* est une association de 3 principes actifs : lévodopa, un inhibiteur de la dopa décarboxylase, carbidopa, et un inhibiteur de la COMT, entacapone. Il existe plusieurs dosages différents sous le nom de Stalévo*.
Inhibiteurs de la
MAO ou IMAO
En inhibant la monoamine
oxydase, plus spécifiquement la monoamine oxydase B, la sélégiline
réduit le catabolisme de la dopamine endogène et est utilisée
dans le traitement de la maladie de Parkinson.
La sélégiline
pourrait, par son activité IMAO, réduire la transformation
de certaines substances comme le MTPT en métabolites toxiques. Le MPTP, ou 1-méthyl-4-phényl-tétrahydropyridine,
dont le métabolite est le MPP+ ou 1-méthyl-4-phényl-pyridinium, n'est pas un médicament mais
un produit chimique susceptible de provoquer la destruction
des neurones dopaminergiques chez l'animal et chez l'homme.
La sélégiline, en inhibant la transformation du MPTP en MPP+,
réduit sa toxicité.
La sélégiline est métabolisée
en L-amphétamine et en L-métamphétamine et dans les dérivés
hydroxylés correspondants.
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Sélégiline |
DÉPRÉNYL* Cp
OTRASEL*, Lyophilisat oral |
La rasagiline est un nouvel inhibiteur irréversible de la monoamine oxydase B, IMAO B, qui inhibe l'inactivation de la dopamine par la MAO B. Elle est destinée à être utilisée seule ou en association avec la Dopa dans le traitement de la maladie de Parkinson. La rasagiline ne donne pas de métabolites amphétaminiques.
La rasagiline a été commercialisée en France en 2009 sous le nom d'Azilect*.
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Rasagiline |
AZILECT*, comprimés à 1 mg |
Les propriétés des autres
IMAO sont étudiées au chapitre « Sérotonine ».
Remarques
- Des inhibiteurs
de la recapture de dopamine pourraient avoir un intérêt
dans le traitement de la maladie de Parkinson.
- Des greffes
de neurones dopaminergiques effectuées chez des parkinsoniens
gravement atteints ont, par leur sécrétion de dopamine,
amélioré l'état clinique.
- Enfin et
surtout, il reste à trouver des médicaments susceptibles
d'arrêter ou de ralentir la destruction des neurones dopaminergiques
et pas seulement de la compenser transitoirement.
| Sommaire de ce chapitre : | |
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Extrait de "Les médicaments" 3ème édition - P. Allain
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