Agonistes alpha-2 adrénergiques
et imidazolines
Les agonistes a2-adrénergiques
ont, à la périphérie, un effet vasoconstricteur par stimulation
des récepteurs postsynaptiques a2,
mais ils diminuent la libération de catécholamines par leurs
effets présynaptiques, ce qui peut compenser le premier effet.
Les a2-adrénergiques
qui traversent facilement la barrière hémato-encéphalique
diminuent la libération des catécholamines au niveau des centres
de régulation de la pression artérielle, et diminuent ainsi
le tonus sympathique et la libération de catécholamines à
la périphérie. On les appelle hypotenseurs centraux ou sympatholytiques ;
le médicament de référence de ce groupe est l'a-méthyldopa.
L'existence de récepteurs
différents des récepteurs a2-adrénergiques,
mais ayant la même fonction qu'eux au niveau des zones de
régulation de la pression artérielle, a été démontrée. Ils
sont appelés récepteurs aux imidazolines parce que leurs agonistes,
des médicaments comme la clonidine et la rilménidine, ont
une structure chimique comportant un noyau imidazole.
Les deux premiers médicaments
utilisés comme hypotenseurs centraux ont été l'a-méthyldopa
et la clonidine.
- Alpha-Méthyldopa
- L'a-méthyldopa,
après métabolisation en a-méthyl-noradrénaline,
active les récepteurs adrénergiques a2
centraux et diminue le tonus sympathique. Elle est indiquée
dans le traitement de l'hypertension artérielle. L'a-méthyldopa
a été à l'origine de différents effets indésirables
: anémie hémolytique, granulopénie, fièvre, atteinte
hépatique. Elle peut aggraver un état dépressif.
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Méthyldopa
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ALDOMET*
Cp 250 mg |
- Clonidine
- La clonidine,
qui était classée parmi les médicaments stimulant les
récepteurs adrénergiques a2,
stimule, en fait, les récepteurs aux imidazolines et,
par ce mécanisme, entraîne une diminution de la pression
artérielle. Elle a de plus une action sédative et anxiolytique
et renforce l'effet analgésique de la morphine et l'effet
des anesthésiques généraux.
- Il existe
d'autres médicaments de type clonidine, la guanfacine,
la rilménidine, la moxonidine qui sont également utilisés
dans le traitement de l'hypertension artérielle.
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Clonidine
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CATAPRESSAN*
Cp, Inj |
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Guanfacine
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ESTULIC*
Cp |
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Rilménidine
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HYPERIUM*
Cp |
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Moxonidine
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PHYSIOTENS*
Cp |
- Ces médicaments,
qu'ils agissent préférentiellement sur les récepteurs
a2-adrénergiques
ou sur les récepteurs aux imidazolines, sont susceptibles
de majorer un état dépressif ou de faire apparaître
un état dépressif latent. Les antagonistes des récepteurs
a2
présynaptiques centraux ont au contraire un effet antidépresseur.
Par ailleurs, selon un essai clinique, l'utilisation
de la moxonidine est contre-indiquée en cas d'insuffisance
cardiaque.
- L'arrêt brutal
des agonistes a2,
en particulier celui de la clonidine, peut être suivi
d'un rebond de l'hypertension artérielle, d'une tachycardie,
de sueurs, d'agitation. La réadministration de clonidine
supprime les troubles précédents qui ressemblent à ceux
que l'on observe aussi lors de l'arrêt des morphiniques.
La clonidine peut être utilisée pour réduire l'intensité
des manifestations observées lors du sevrage des morphiniques.
- Apraclonidine
- L'apraclonidine,
ou para-aminoclonidine, est un agoniste a2
adrénergique qui est utilisé sous forme de collyre car
il réduit la pression intra-oculaire, sans doute en
réduisant la formation d'humeur aqueuse.
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Apraclonidine
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IOPIDINE*
Collyre |
- La brimonidine
a des propriétés proches de celles de l'apraclonidine
et est aussi utilisée en collyre dans le traitement
du glaucome.
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Brimonidine
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ALPHAGAN*
Collyre |
Remarques
- La médétomidine
et son énantiomère, la dexmédétomidine, non commercialisés,
se classent parmi les agonistes adrénergiques a2
les plus actifs.
- La tizanidine
est un agoniste a2 adrénergique proposé dans le traitement de l'hypertonie
musculaire d'origine neurologique; son mécanisme d'action
dans cette indication reste à élucider.
- La guanéthidine
est un médicament qui ne traverse pas la barrière hémato-encéphalique
mais pénètre par transport actif dans les terminaisons
adrénergiques périphériques où il prend la place de la
noradrénaline et inhibe sa libération. Son effet est parfois
désigné sous le terme de sympathoplégique. Elle n'est
plus utilisée dans le traitement de l'hypertension artérielle
en raison, notamment, des hypotensions orthostatiques
qu'elle provoquait.
Elle a aussi été commercialisée sous forme de collyre destiné, en association avec
l'adrénaline dont elle renforce les effets, au traitement
du glaucome chronique.
- L'iobenguane est une dérivé qui comporte un groupe guanidine et un
groupe phényl portant un atome d'iode radioactif. Il est
désigné sous le sigle MIBG (méta-iodobenzylguanidine).
Il pénètre dans les terminaisons adrénergiques et est
utilisé dans le diagnostic et le traitement des phéochromocytomes
et des neuroblastomes.
Extrait de "Les
médicaments" 3ème édition - P. Allain
avec mise à jour Septembre 2004 par P. Allain |