Inhibiteurs des interactions virus-cellule cible
L'adhésion des cellules
les unes aux autres ou à la matrice extracellulaire joue un
rôle essentiel dans l'extension des lésions, les phénomènes
métastatiques, thrombotiques et infectieux.
En matière d'infectiologie,
la plupart des recherches sont consacrées à la fixation (attachment) du
virus à la cellule cible, à sa pénétration et à la libération
des nouveaux virus à partir de la cellule infectée.
Ces études concernent
principalement
le virus du SIDA qui se fixe
par une protéine de sa capside, appelée Gp120, à la protéine
plasmique de la cellule hôte, CD4+,
appelée récepteur, présente sur les lymphocytes T, les monocytes
et les macrophages
et le virus de la grippe.
Antigrippaux : amantadine et rimantadine
L'amantadine et la rimantadine réduisent l'extension de l'infection grippale en inhibant la fixation du virus à la cellule, cible par modification de l'hémaglutinine et en inhibant la sortie des acide nucléique hors de la capside (uncoating) dans la cellule cible. L'amantadine et la rimantadine se fixent à la protéine-canal ionique de la nucléocapside du virus de la grippe, appelée M2, qui est absente chez le virus B. La protéine M2 régule le pH du virus et la conformation de son hémagglutinine intervenant dans sa fixation à la cellule cible.
L'amantadine est utilisée
dans le traitement de la grippe de type A, à titre préventif
et curatif en début de maladie, ainsi que dans le traitement
de la maladie de Parkinson. Ses principaux effets
indésirables sont de type neuropsychiatrique : nervosité,
insomnie, parfois confusions et hallucinations, rarement convulsions.
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Amantadine |
MANTADIX*
Gélules |
La rimantadine n'est
plus commercialisée en France. Antigrippaux : Inhibiteurs de la
neuraminidase
La neuraminidase est une enzyme , présente à la surface des virus A et B de la grippe, qui détache des glycoconjugués les résidus acide N-acétyl neuraminique, également appelé acide sialique. Cette hydrolyse, est une étape nécessaire à la diffusion de l'infection virale par libération des particules virales à partir de la surface des cellules infectées en direction de nouvelles cellules-cibles.
Les inhibiteurs de la neuraminidase, administrés préventivement ou en tout début de la grippe, réduisent sa gravité. Les deux inhibiteurs les plus connus sont le zanamivir et l'oseltamivir, analogues de l'acide sialique.
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Zanamivir |
RELENZA* Dispositif pour inhalation |
Le zanamivir qui s'administre par voie bronchique et par voie nasale peut être à l'origine de dyspnées et de bronchospasmes qui doivent conduire à l'arrêt de sa prescription.
L'oseltamivir qui s'administre par voie buccale est une prodrogue transformée dans l'organisme en produit actif; utilisé pour la prévention après exposition et le traitement de la grippe. Son effet indésirable le plus fréquent sont des nausées.
Bien que l'efficacité du zanamivir et de l'oseltamivir dans la grippe banale semble modérée, ils ont été, notamment l'oseltamivir, considérés comme pouvant être efficaces en cas de grippe aviaire et ont fait l'objet de stockage dans divers pays. En complément, voir Grippe, vaccin et antiviraux.
Inhibiteurs de l'entrée du VIH dans la cellule cible,
enfuvirtide
L'enfuvirtide est un polypeptide de synthèse formé de 36 acides aminés qui inhibe l'entrée du VIH dans les cellules-cibles.
L'entrée du VIH dans la cellule hôte comporte schématiquement 2 étapes presque simultanées, fixation puis fusion ponctuelle de leurs membranes, par l'intermédiaire de leurs protéines de surface, notamment :
- les protéines virales associées l'une à l'autre, gp120 (qui intervient dans la fixation) et gp41(qui intervient dans la fusion);
- la molécule CD4, appelée également récepteur CD4, et les co-récepteurs CXCR4 et CCR5 (qui sont en réalité des récepteurs aux chémokines, du lymphocyte T (et de certains autres types de cellules).
Selon leur mécanisme d'action, les inhibiteurs d'entrée du VIH se divisent en- inhibiteurs de la fixation (attachment) agissant sur la gp 120 ou la protéine CD4, - les antagonistes des co-récepteurs CCR5 ou CXCR4, -et les inhibiteurs de la fusion
L'enfuvirtide , appelé initialement T-20 et pentafuside se fixe sur la protéine g41, l'empêche de remplir son rôle et inhibe la fusion des membranes et inhibe ainsi l'entrée du VIH dans les cellules hôtes comme les lymphocytes T. C'est un inhibiteur de l'entrée du virus dans la cellule qui est classé comme inhibiteur de fusion pour le différencier de médicaments également en cours d'expérimentation qui agissent sur la fixation.
L'enfuvirtide s'administre par voie sous-cutanée, deux fois par jour. Pour éviter l'apparition rapide de résistances, il faut toujours l'utiliser en association à d'autres anti-HIV.
Autres
Le pléconaril, classé parmi les antipicornavirus, se fixe à la capside des entérovirus et des rhinovirus et réduit l'extension des infections correspondantes.
Le docosanol est un alcool saturé de 22 carbones, qui interagit avec l'enveloppe lipidique de certains virus comme les herpesvirus, et réduit leur infectiosité. Il est commercialisé sous forme de crème à 10 %, Abreva* aux USA.
Remarque
- Le bleu de
trypan qui est un colorant empêche expérimentalement les
virus de se fixer sur les cellules et d'y pénétrer. Il
inhibe la synthèse de l'enveloppe virale à partir des
structures membranaires de la cellule infectée. Il n'est
pas utilisé comme médicament.
Extrait de "Les
médicaments" 3ème édition - P. Allain
avec mise à jour Mai 2006 par P. Allain |