Propagation des réactions radicalaires et conséquences
La phase initiale consiste
en l'apparition d'un radical O2
-
ou OH
ou encore R
dont la formation est favorisée par la présence d'un métal,
fer ou cuivre à l'état libre. Le radical libre peut interagir
avec une seule molécule cible ou créer une réaction en chaîne
dans laquelle un radical R
transforme une molécule R' en radical R'
qui elle-même réagit avec une autre molécule. Les réactions
suivantes illustrent cette possibilité (L = lipide). R
+ LH ®
L +
RH
L
+ O2
®
LOO
LOO
+ L'H ®
L'OOH + L'
Le peroxyde formé réagit
ensuite avec le fer pour former de nouveaux radicaux : LOOH +
Fe2+
®
LO
+ OH-
+ Fe3+
Les réactions radicalaires
sont à l'origine de la peroxydation lipidique se traduisant
in vitro par le rancissement. Les réactions radicalaires
engendrées par le tétrachlorure de carbone illustrent cet
aspect. Le tétrachlorure de carbone C-Cl4
est métabolisé par le cytochrome P-450 en radical trichlorure
de carbone C-Cl3
qui réagit avec l'oxygène pour donner le radical péroxyl C-Cl3O-O
qui à, son tour, réagit avec diverses molécules, parmi lesquelles
les acides gras insaturés. Les radicaux étant très
réactifs, réagissent avec les premières molécules qu'ils rencontrent
et particulièrement les lipides, les acides nucléiques, les
acides aminés. Parmi les acides gras,
ce sont les acides polyinsaturés comme l'acide linolénique
ou l'acide eicosapentenoïque qui comporte plusieurs doubles
liaisons, qui sont les plus sujets aux attaques radicalaires.
Les acides gras monoinsaturés,
comme l'acide oléique, qui comportent une seule double liaison
sont moins sensibles et les acides gras saturés réagissent
encore moins. Les radicaux libres détachent
d'un atome de carbone d'une molécule d'acide gras un hydrogène
(proton + électron) laissant un carbone avec un électron célibataire,
c'est-à-dire un nouveau radical libre. Cet électron célibataire
va, en se déplaçant dans la molécule, provoquer des réarrangements
suivis de la fixation d'oxygène sous forme radicalaire O2-,
à l'origine de la poursuite de la réaction. Les lipides peroxydés
donnent des aldéhydes comme le malondialdéhyde et le 4-hydroxynonénal
qui attaquent les fonctions amine et SH des protéines. La plupart des études
ont considéré que les radicaux libres altéraient dans un premier
temps la bicouche lipidique des membranes cellulaires. Un
certain nombre de travaux récents suggèrent que l'altération
membranaire n'est souvent que la conséquence de modifications
intracellulaires, attaque par les radicaux libres du DNA nucléaire
et mitochondrial et de diverses protéines à groupes SH. Dans
ce dernier cas, l'élévation de marqueurs comme le malondialdéhyde
ne serait que la conséquence de la destruction cellulaire.
Parmi les bases puriques et pyrimidiques qui constituent le
DNA et le RNA, c'est la thymine et la cytosine qui paraissent
les plus sensibles à l'attaque radicalaire.
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Extrait de "Les médicaments" 3ème édition - P. Allain
avec mise à jour Août 2008 par P. Allain |