Hormone hypothalamique : gonadoréline
Les hormones sexuelles
sont sécrétées par les gonades, testicules et ovaires. Ce
sont des stéroïdes. Leur sécrétion est régulée par le complexe
hypothalamo-hypophysaire qui libère des stimulines qui sont
des polypeptides.
L'hypothalamus libère
plusieurs hormones, dont la gonadoréline ou GnRH (gonadotropine
releasing hormone), appelée aussi LHRH (luteinizing hormone
releasing hormone), qui est un décapeptide régulant la sécrétion
hypophysaire de LH (luteinizing hormone) et de FSH (follicle-stimulating hormone).
La GnRH est sécrétée
physiologiquement d'une manière pulsatile par décharges intermittentes,
à la fréquence d'environ 0,5 à 1 décharge par heure. Ces décharges
sont déclenchées par une structure parfois appelée générateur
hypothalamique pulsatile. Cette sécrétion est modulée
par certains médiateurs, et freinée par les hormones sexuelles
gonadiques testostérone, estradiol et progestérone. Cependant,
chez la femme, au milieu du cycle menstruel, c'est l'élévation
de la concentration d'estradiol qui déclenche la libération
de GnRH et l'ovulation. La GnRH libérée par l'hypothalamus
gagne directement l'hypophyse par un système veineux porte.
Effets
La GnRH déclenche la
sécrétion hypophysaire de FSH et de LH en faisant intervenir
le calcium et la calmoduline. Lorsqu'on administre
la GnRH sous forme de décapeptide exogène, ses effets sont
différents en fonction du mode d'administration :
- En administration
pulsée, c'est-à-dire discontinue, se rapprochant de la sécrétion
physiologique, elle augmente la libération de FSH et de
LH. Elle stimule la transcription des gènes qui codent pour
les sous-unités protéiques a
et b
des
gonadotropines.
- En administration
continue, le maintien d'une concentration constamment élevée
de GnRH entraîne, après une stimulation transitoire, un
tarissement des sécrétions de FSH et de LH par désensibilisation
des récepteurs.
- En absence
de FSH et de LH, il y a chute de la sécrétion des estrogènes
ou des androgènes, conduisant à une véritable castration
chimique. L'effet de l'administration continue de GnRH
est généralement réversible en deux mois environ après
l'arrêt du traitement et le fonctionnement normal reprend.
- L'administration
d'antagonistes de la GnRH conduirait aux mêmes effets
que l'administration continue de GnRH qui tarit la sécrétion
de FSH et de LH.
Utilisation
La GnRH ou gonadoréline
et ses analogues, triptoréline, leuproréline, buséréline,
goséréline et nafaréline, sont commercialisés sous des formes
différentes :
- Sous forme destinée
à l'administration pulsée, en raison d'une « pulsation »
toutes les 90 minutes, généralement par voie intraveineuse,
pendant plusieurs jours. Cette administration se fait à
l'aide d'une pompe à perfusion spéciale. La gonadoréline
est utilisée comme inducteur de l'ovulation dans le traitement
des stérilités féminines.
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Gonadoréline
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LUTRELEF* Inj
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- La gonadoréline
est également commercialisée sous une forme destinée à l'exploration
de la fonction gonadotrope, dans un but diagnostique.
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Gonadoréline
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STIMU-LH 50*
Inj |
- Les analogues
de la gonadoréline, sous la forme de préparations à longue
durée d'action, sont destinés au traitement du cancer de
la prostate, indication la plus fréquente, et au traitement
des pubertés précoces et de l'endométriose (l'endométriose
est définie par la présence d'un tissu endométrial ectopique,
soit au niveau génital, soit au niveau extra-génital).
Ils sont également utilisés (Salvacyl*, triptoréline) pour diminuer les pulsions sexuelles chez l'homme adulte ayant des déviances sexuelles sévères.
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Triptoréline
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DÉCAPEPTYL 0,1 mg* Inj
DÉCAPEPTYL LP* 3 et 11,25 mg Inj
SALVACYL* LP, 11.25 mg, inj |
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Leuproréline
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LUCRIN* Inj
ENANTONE* LP 3,75 et 11,25 mg Inj
ELIGARD* 45 mg - 1 inj tous les 6 mois |
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Buséréline
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SUPREFACT* Inj, Sol nasale
BIGONIST * Implant inject. SC |
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Goséréline
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ZOLADEX* 3,6 et 10,8 mg Inj |
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Nafaréline
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SYNAREL* Sol nasale |
- Les analogues
de la gonadoréline sont indiqués dans le tableau précédent.
Le même analogue, sous des présentations pharmaceutiques
différentes, peut être utilisé soit comme stimulant,
soit comme inhibiteur de la sécrétion des gonadotrophines
hypophysaires.
Au début d'une administration
continue, dans le traitement des cancers de la prostate par
exemple, il peut y avoir une aggravation des symptômes par
stimulation de la libération de testostérone. Antagonistes de
la gonadoréline
On dispose
d'analogues de la GnRH ayant la capacité d'inhiber les récepteurs
hypophysaires de la GnRH et ainsi d'inhiber son action. Les
analogues les plus connus sont le cétrorélix et le ganirélix.
Leur administration inhibe immédiatement la sécrétion de FSH
et de LH et ils auront des indications en endocrinologie et
en cancérologie.
Une de leurs indications particulières est
la fécondation in vitro. Pour favoriser la maturation des
ovocytes à prélever avant d'être fécondés in vitro, on administre
de la FSH, laquelle entraîne parallèlement une augmentation
de l'estradiol qui déclenche une sécrétion prématurée et non
souhaitée de LH. Cette sécrétion de LH peut être prévenue
par l'administration d'un antagoniste de la GnRH comme le cétrorélix ou le ganirelix.
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Cétrorélix |
CETROTIDE*, Inj |
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Ganirelix |
ORGALUTRAN*, Inj |
Le degarelix est un antagoniste des récepteurs hypophysaires de la GnRH à longue durée d'action après une injection sous-cutanée. Il est utilisé dans le traitement du cancer de la prostate et est commercialisé sous le nom de Firmagon*.
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Degarelix |
FIRMAGON*, Injectable |
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Extrait de "Les médicaments" 3ème édition - P. Allain
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