Associations
estroprogestatives
L'association d'un estrogène
et d'un progestatif est utilisée dans deux indications principales
: traitement substitutif d'une déficience ou moyen contraceptif.
L'estrogène est l'estradiol
ou l'éthinylestradiol et le progestatif l'une des nombreuses
substances dont nous disposons. La quantité de l'estrogène
et du progestatif présent dans la même préparation commerciale
peut être constante ou varier en fonction du cycle hormonal
que l'on tente de reproduire. Association estroprogestative
substitutive Pour corriger une déficience
en estrogène et en progestérone, on peut évidemment prescrire
séparément les deux types d'hormones.
Il existe des associations
estroprogestatives destinées au traitement hormonal substitutif, THS, de la ménopause comportant de l'estradiol (et non de l'éthinylestradiol
comme les contraceptifs) et un progestatif qui est la cyprotérone,
la médroxyprogestérone, la noréthistérone ou la
dydrogestérone.
Les associations destinées
à un traitement discontinu, avec arrêt de 7 jours, sont présentées sous forme de plaquettes
de 21 comprimés.
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Estradiol
2 mg (21 jours)
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Cyprotérone 1 mg (10 jours)
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CLIMÈNE*Cp, 21 comprimés |
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Estradiol 2 mg
(21 jours)
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Médroxyprogestérone 10 mg (10 jours)
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DIVINA* Cp, 21 comprimés |
Pendant la semaine d'interruption
de la prise survient une hémorragie dite de privation qui
est absente en cas d'administration continue.
Celles qui sont destinées à un traitement continu , sans arrêt, sont en plaquettes de 28 comprimés. L'estradiol est l'estrogène et le progestatif soit la noréthistérone, la dydrogestérone, la médroxygestérone, le diénogest, le gestodène ou la drospirénone.
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Estradiol 2 mg
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Noréthistérone 1 mg
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KLIOGEST* |
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Estradiol 2 puis 1 mg
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Noréthistérone 1 mg (10 jours)
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TRISEQUENS*
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Estradiol 1 mg
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Noréthistérone 0,5 mg |
ACTIVELLE* |
| Estradiol 1 mg |
Noréthistérone 1 mg |
NOVOFEMME* |
| Estradiol 1 ou 2 mg |
Dydrogestérone 5 ou 10 mg |
CLIMASTON* |
| Estradiol 2 mg puis 1 mg |
Médroxyprogestérone 10 mr |
DIVISEQ* |
| Estradiol 1 ou 2 mg |
Médroxyprogestérone 2,5 ou 5 mg |
DUOVA* |
| Estradiol 2 mg |
Diénogest 2 mg |
CLIMODIENE* |
| Estradiol 1 ou 2 mg |
Gestodène 0,025 ou 0,05 mg |
AVADENE*, SUCCESSIA* |
| Estradiol 1 mg |
Drospirénone 2 mg |
ANGELIQ* |
| Estradiol 1,5 mg |
Nomégestrol 3,75 mg |
NAEMIS*, 24 comprimés, arrêt 4 jours |
Il existe une association estroprogestative en patch, par voie percutanée.
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Estradiol |
Lévonorgestrel |
FEMSEPTCOMBI* |
La tibolone et ses métabolites actifs ont une activité estrogène, progestative et androgène. Selon une étude clinique, la tibolone, utilisée en traitement hormonal substitutif de la ménopause, augmente le risque de cancer de l'endomètre, ce qui laisserait supposer que la composante progestative n'a pas été suffisante pur compenser l'effet estrogénique.
Le traitement estroprogestatif postménopausique réduit le risque de fractures par ostéoporose et était supposé réduire la fréquence des accidents cardiovasculaires et peut-être de maladie d'Alzheimer. Il reposait sur l'idée simple que la compensation de la chute des hormones après la ménopause allait de soi et ne comportait pas de risques. Des études récentes ont montré que le THS prolongé de la ménopause avait en réalité des effets bénéfiques limités, guère différents de ceux du placebo, et par ailleurs augmentait le risque de cancer du sein et le risque d'accidents thrombo-emboliques.
En 2005 la tendance est de limiter les estroprogestatifs au traitement des troubles de la ménopause eux-mêmes à une posologie faible pendant un temps court.
Association estroprogestative
contraceptive La possibilité d'inhiber
l'ovulation par administration orale de dérivés de la progestérone
entre le cinquième et le vingt-cinquième jour du cycle menstruel
a été montrée par Pincus vers 1960. L'efficacité obtenue par
lui était peut-être la conséquence de la présence involontaire
d'estrogène dans la préparation progestative. Les contraceptifs
sont aujourd'hui parmi les médicaments les plus utilisés.
Les contraceptifs les
plus utilisés comportent un estrogène et un progestatif. Ils
s'utilisent par voie buccale et sont appelés contraceptifs
oraux.
L'estrogène est l'éthinylestradiol,
utilisé à la dose de 15 à 40 40microgrammes dans les pilules dites minidosées, et de 50
microgrammes dans les pilules dites normodosée ou de première génération comme le Stédiril*.
Le progestatif, par contre,
peut être l'un des divers progestatifs de synthèse : noréthistérone,
lynestrénol, norgestriénone, norgestrel, lévonorgestrel, gestodène,
désogestrel, norgestimate, ou la cyprotérone. L'effet contraceptif
des estroprogestatifs est obtenu :
- par inhibition
de l'ovulation en freinant la sécrétion des FSH par les
estrogènes et de LH par les progestatifs, ce qui empêche
le développement du follicule. L'arrêt de la prise de l'estroprogestatif
provoque une chute de l'imprégnation hormonale, partiellement
responsable de la menstruation.
- par modification
du développement de la muqueuse utérine rendue impropre
à la nidation.
- par modification
de la glaire cervicale rendue impropre à la pénétration
des spermatozoïdes.
Les estroprogestatifs
ont clairement démontré leur efficacité contraceptive. Toutefois
l'efficacité de la pilule minidosée nécessite une prise régulière
et l'absence de traitement concomitant par des médicaments
inducteurs enzymatiques susceptibles d'accélérer son catabolisme.
En cas d'oubli de la prise d'un comprimé, la contraception
peut être insuffisante pendant sept jours, même si les autres
comprimés ont été pris normalement. En fonction de la combinaison
d'éthinylestradiol et du progestatif on peut distinguer plusieurs
types de contraception estroprogestative :
- La contraception
séquentielle qui comportait la prise d'un estrogène seul pendant
une dizaine de jours, suivie de la prise d'une association
estroprogestative. Cette contraception séquentielle est
efficace mais peut augmenter le risque de tumeurs endométriales
et n'est plus guère utilisée, sauf pour une contraception
de courte durée en cas d'atrophie de l'endomètre.
-
- La contraception
combinée commune qui comporte toujours l'association d'un
estrogène et d'un progestatif soit en quantités constantes,
soit en quantités différentes au cours du cycle. On a ainsi
des préparations dites monophasiques, biphasiques ou triphasiques.
- Dans les
préparations triphasiques comme le PHAEVA* ou le TRIMINULET*,
la quantité d'éthinylestradiol est successivement de
30, 40 et 30
microgrammes et celle de gestodène de 50, 70 et 100
microgrammes.
- Les estroprogestatifs
sont pris en général du cinquième au vingt-cinquième
jour du cycle à raison d'un comprimé par jour, chaque
boîte contenant habituellement vingt et un comprimés.
- Le tableau
suivant donne la composition et la dénomination commerciale
des estroprogestatifs combinés contenant de l'éthinylestradiol.
|
Progestatif
en microgrammes
|
Ethinylestradiol
en microgrammes
|
Dénomination commerciale
|
| Norgestrel 500 |
50 |
STEDIRIL* |
| Noréthistérone 1000 |
35 |
ORTHO-NOVUM* |
| Noréthistérone 1000 puis 2000 |
30 puis 40 |
MINIPHASE* |
| Noréthistérone 500 puis 750 puis 1000 |
35 |
TRIELLA* |
| Norgestimate 250 |
35 |
CILEST*
EFFIPREV* |
| Norgestimate 180 puis 215 puis 250 |
35 |
TRIAFEMI*
TRICILEST* |
| Lévonorgestrel 150 |
30 |
MINIDRIL*
LUDEAL* |
| Lévonorgestrel 150 puis 200 |
30 puis 40 |
ADEPAL* |
| Lévonorgestre 50 puis 75 puis 125 |
|
TRINORDIOL*
DAILY* |
| Désogestrel 150 |
20 |
MERCILON*
CYCLÉANE 20* |
| Désogestrel 150 |
30 |
CYCLÉANE 30* VARNOLINE*
VARNOLINE CONTINU* |
| Gestodène 60 |
15 |
MÉLODIA*, 24 Cp MINESSE*, 24 Cp |
| Gestodène 75 |
20 |
HARMONET*
MÉLIANE * |
| Gestodène 75 |
30 |
MINULET*
MONEVA* |
| Gestodène 50 puis 70 puis 100 |
30 puis 40 |
PHAEVA*
TRIMINULET* |
| Drospirénone 3000 |
30 |
JASMINE* |
- Plusieurs
critères sont à prendre en considération dans le choix d'un estroprogestatif :
- la quantité
d'éthinylestradiol par comprimé: quand elle est inférieure
à 40 microgrammes on parle de pilule minidosée, quand elle est égale à 50 microgrammesde pilule normodosée ou de première génération.
- les propriétés
du progestatif, en particulier son éventuel effet androgène.
Les trois progestatifs n'ayant que peu ou pas de propriétés
androgènes sont le désogestrel, le gestodène et le norgestimate.
- la combinaison
monophasique, biphasique ou triphasique, cette dernière
se rapprochant plus du cycle physiologique.
- le remboursement
ou non par la Sécurité Sociale.
- Les comprimés
présents dans une même présentation pharmaceutique ont
une couleur différente en fonction de leur composition. Dans certaines présentations commerciales à prise continue apparente, sans arrêt, il existe des comprimés placebo de couleur différente des comprimés actifs.
A côté des estroprogestatifs à prendre par voie orale il existe des présentations par voie transdermique ou vaginale.
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Ethinylestradiol |
Norelgestromine |
EVRA* (transdermique) |
|
Ethinylestradiol |
Etonogestrel* |
NUVARING* (anneau vaginal) |
-
- Nuvaring* est un anneau vaginal qui est mis en place pour une durée de 3 semaines. Les avantages de cette modalité de contraception ne sont pas évidents.
- La contraception
estroprogestative d'urgence
- Le norgestrel
associé à l'éthinylestradiol (Stédiril*)
a été utilisé en contraception post-coïtale en raison
de deux fois 2 comprimés à 12 heures d'intervalle avec
un succès estimé à 98%, cette prise devant être faite
dans les trois premiers jours après un rapport non protégé.
- Le lévonorgestrel
associé à l'éthinylestradiol, boite de 4 comprimés,
est destiné à la contraception post-coïtale. Ce mode
de contraception doit être réservé à des situations
exceptionnelles et ne doit pas remplacer la contraception
préventive. Ses effets indésirables les plus fréquemment
observés sont des nausées et des vomissements.
|
Lévonorgestrel 250 mg |
Éthinylestradiol 50mg |
TETRAGYNON* |
-
Utilisation Les estroprogestatifs
sont les contraceptifs les plus utilisés. L'efficacité de
la contraception s'exprime actuellement le plus souvent en
pourcentage de grossesses survenant en un an. Ce pourcentage
qui est d'environ 85% en absence de contraception est de l'ordre
de 0,1% avec les contraceptifs combinés, estroprogestatifs
Ils peuvent en outre
être prescrits dans des indications particulières : certaines
dysménorrhées, des dystrophies ovariennes micropolykystiques,
l'endométriose pour laquelle il existe actuellement des produits
plus efficaces tels que le danazol, l'acné où une pilule contraceptive
à propriété anti-androgène est plus appropriée. La contraception progestative
continue par voie orale faiblement dosée, ou discontinue par
voie orale à dose plus élevée, s'adresse aux femmes présentant
une contre-indication à l'usage de l'association estroprogestative.
Effets indésirables
Les effets indésirables
des estroprogestatifs sont principalement des accidents vasculaires.
L'augmentation du risque
d'accidents vasculaires est liée à des anomalies induites
ou révélées par la contraception estroprogestative : hypertension
artérielle, troubles de l'hémostase, risque thrombo-embolique
veineux (phlébites, thrombophlébites) et artériel (thromboses,
parfois infarctus du myocarde). Ce risque est majoré chez
les femmes qui fument, celles qui sont âgées de plus de trente
cinq ans et celles qui présentent une hyperlipidémie ou un
déficit en facteurs anticoagulants. L'augmentation du risque
thrombo-embolique a été attribué à l'éthinylestradiol car
il augmente la synthèse des facteurs X et II et diminue celle
de l'antithrombine Certains progestatifs
récents comme le gestodène et le désogestrel ont été suspectés
d'augmenter le risque thrombo-embolique veineux. On a pensé
qu'il pouvait s'agir, en raison de leur bonne tolérance initialement
supposée, d'un biais de prescription à des femmes à risque
thrombo-embolique plus élevé. Des données biologiques laissent
cependant supposer que ces progestatifs diminueraient l'efficacité
de certains facteurs anticoagulants. Un certain nombre d'incidents
peuvent être observés lors du traitement anticonceptionnel :
absence de règles, troubles digestifs à type de nausées, prise
de poids, tension mammaire, céphalées, modifications de l'humeur.
Des ictères par rétention ont été signalés. La prise d'estrogènes
seuls augmente probablement le risque d'apparition de certains
cancers notamment du sein mais, lorsqu'ils sont associés à
un progestatif, ce risque serait moindre. A l'inverse, la
prise d'estroprogestatif diminue le risque de cancer de l'ovaire
et de l'endomètre. Contre-indications
Il existe des contre-indications
absolues et relatives à l'utilisation de la contraception
hormonale.
- Absolues :
la grossesse, les antécédents d'accident thrombo-embolique
ou d'affection cardiovasculaire, (atteintes coronaires,
valvulaires...), les tumeurs du sein ou de l'utérus, les
affections hépatiques.
- L'utilisation
de la pilule chez les femmes âgées de plus de 35 ans,
surtout si elles fument, peut augmenter le risque d'accident
cardiovasculaire.
- Relatives
: le diabète, l'hyperlipidémie, le tabac ; chez les femmes
qui fument, il est préférable d'utiliser des pilules minidosées
à 20
microgrammes d'éthynilestradiol.
Précautions d'emploi
Un examen médical général
et gynécologique est nécessaire avant la mise en route d'un
traitement contraceptif. Les facteurs de risque précédemment
énumérés doivent être pris en compte. Lors d'une intervention
chirurgicale prévue ou d'une immobilisation prolongée qui
favorise le risque de thrombose, il est nécessaire d'interrompre
le traitement contraceptif. La prise simultanée de
médicaments inducteurs enzymatiques tels que la rifampicine,
le phénobarbital, certains autres anticonvulsivants, peut accélérer la dégradation des produits contraceptifs
et les rendre inefficaces. Remarque
- En plus de
la contraception hormonale on dispose :
- de moyens mécaniques
féminins :
- diaphragmes
(cupules en forme de dôme à bords flexibles qui s'adaptent
sur le col, empêchant la pénétration du sperme) et capes
cervicales ayant le même rôle.
- stérilets
ou dispositifs intra-utérins en cuivre ou imprégnés de
progestérone.
- d'un moyen
mécanique masculin : le préservatif qui, par ailleurs,
doit être utilisé pour éviter le risque de contamination
par le virus du SIDA.
- de moyens chimiques :
spermicides à base surfactants ionique comme le benzalkonium,
ou non ioniques comme le monoxynol, présentés sous forme
de crèmes et d'ovules, dont l'efficacité anticonceptionnelle
est aléatoire.
Extrait de "Les
médicaments" 3ème édition - P. Allain
avec mise à jour Juillet 2005 par P. Allain |