Inhibiteurs des cyclooxygénases, AINS - Paracétamol : inhibiteur des COX-3
Le paracétamol ou acétaminophène
est un dérivé du para-amino-phénol. C'est le produit le plus
utilisé actuellement comme antalgique et antipyrétique.
Le paracétamol n'a pas
de propriété anti-inflammatoire et n'entraîne pas de lésions
gastriques. Cette particularité s'explique par le fait que
le paracétamol inhibe
préférentiellement COX-3 présent dans le du
système nerveux central où il pénètre bien.
Chez un adulte, la posologie
habituelle est de 0,5 à 1 g par prise, répétée si nécessaire
trois fois par jour. Sa biodisponibilité par voie orale est
presque complète, sa demi-vie plasmatique d'environ deux heures.
La concentration plasmatique habituelle de paracétamol au
cours d'un traitement va de 10 à 20 mg/L, le prélèvement
étant fait une heure après son administration. Il est métabolisé
essentiellement par glucuronoconjugaison et sulfoconjugaison
du groupe OH fixé sur le cycle benzénique. Mais en cas d'intoxication,
en absence d'une réserve suffisante de glutathion endogène
qui le neutralise, le paracétamol est en partie transformé
en un métabolite très toxique, le N-acétyl-p-benzoquinonéimine.
L'indication du paracétamol
est le traitement de la douleur. Son utilisation comme antipyrétique, notamment chez l'enfant,
est
fréquente mais pas généralement justifiée mais elle calme l'appréhension des parents qui sont rassurés lorsque le fièvre descend.
Quelques spécialités
à base de paracétamol sont indiquées ci-dessous :
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Paracétamol |
DOLIPRANE* Cp 500
mg, Sup
Sachets 50 et
250 mg,
EFFERALGAN* Cp
500 mg,
Sachets 80, 150
et 250 mg
DAFALGAN* Gél 500
mg
PERFALGAN* Inj en perfusion intraveineuse |
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Paracétamol + Codéine
|
CODOLIPRANE* Cp
EFFERALGAN-CODÉINE*
DAFALGAN CODÉINE* |
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Paracétamol + propoxyphène |
DI-ANTALVIC* Gélules
|
Le paracétamol est un
médicament généralement bien supporté mais qui, lors des surdosages
d'origine volontaire ou accidentelle, provoque des intoxications
extrêmement graves, parfois mortelles en absence de traitement.
Après une période asymptomatique, une nécrose hépatique irréversible
apparaît vers le troisième ou quatrième jour après le début
de l'intoxication sans être précédée de signes cliniques évocateurs.
Ensuite, l'aggravation conduit à une insuffisance hépatique
aiguë vers le cinquième ou sixième jour. Cette nécrose s'explique
par la formation au niveau des microsomes hépatiques d'un
métabolite toxique qui est jusqu'à un certain point inactivé
par le glutathion et la cystéine endogènes. Lorsque ceux-ci
sont épuisés, sa toxicité se manifeste. Les médicaments à groupe
SH comme la N-acétylcystéine, à condition d'être administrés
dans les huit premières heures après l'intoxication, sont
des antidotes efficaces. En cas de suspicion d'intoxication
au paracétamol, la démarche suivante doit être entreprise
:
- en absence de
possibilité de dosage du paracétamol plasmatique permettant
de vérifier la réalité de l'intoxication, administrer de
la N-acétylcystéine;
- si le dosage
de paracétamol est possible, tenir compte des concentrations
plasmatiques en fonction du moment présumé du début de l'intoxication.
Les concentrations plasmatiques suivantes sont considérées
comme toxiques :
- 200 mg/L,
4 heures après la prise de paracétamol
- 100 mg/L,
8 heures après
- 50 mg/L,
12 heures après.
- Comme l'heure
de l'intoxication n'est généralement pas connue avec
précision, il est préférable de mettre en route un traitement
lorsque les concentrations de paracétamol sont nettement
supérieures à celles que l'on observe habituellement
en thérapeutique.
La N-acétylcystéine s'administre
comme antidote soit par voie buccale (FLUIMUCIL* granulé ou
MUCOMYST* soluté), soit en perfusion intraveineuse (FLUIMUCIL*
5 g/25 ml injectable) à doses élevées, 150 mg/Kg au départ
puis 75 mg/Kg toutes les quatre heures pendant deux à trois
jours. En dehors de la N-acétylcystéine,
d'autres substances peuvent antagoniser la toxicité du paracétamol,
c'est le cas de la méthionine qui dans certaines spécialités
à l'étranger est associée à titre préventif au paracétamol.
La prise de paracétamol
pendant la grossesse ne semble pas, selon les données actuelles,
augmenter le risque de malformations chez l'enfant.
- Le propacétamol est un médicament qui, après administration par voie intramusculaire ou intraveineuse, est hydrolysé par les estérases plasmatiques en paracétamol, molécule active, et en diéthylglycine, molécule utilisée pour rendre le paracétamol soluble dans l'eau et administrable par voie parentérale. Le propacétamol, par l'intermédiaire de la diéthylglycine, peut entraîner un eczéma de contact chez les infirmières qui préparent extemporanément les solutions à injecter. Il était utilisé dans le traitement de la douleur en chirurgie postopératoire et en cancérologie, il n'est plus commercialisé.
- La phénacétine est transformée dans l'organisme en paracétamol
et d'autres métabolites peut-être plus toxiques. Elle
est de moins en moins utilisée.
- L'utilisation prolongée, à fortes doses, de paracétamol
ou d'anti-inflammatoires non stéroïdiens, à l'exception
de l'aspirine, augmenterait le risque d'apparition d'insuffisance
rénale tardive.
- Le néfopam, produit connu depuis plus de trente ans, est
un antalgique central non morphinique, non anti-inflammatoire,
non antipyrétique, dont le mécanisme d'action reste mal
connu. Il a aussi des propriétés antidépressives par inhibition
de la recapture de noradrénaline et de sérotonine et atropiniques.
- Le bromfénac est un anti-inflammatoire non stéroïdien, utilisé dans certains pays comme antalgique.
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Extrait de "Les médicaments" 3ème édition - P. Allain
avec mise à jour Août 2008 par P. Allain |