Antibiotiques agissant au niveau des sous-unités ribosomales 50 s
Les médicaments qui perturbent
le fonctionnement des sous-unités ribosomales 50 S ont des
propriétés antibiotiques; ce sont les macrolides, le chloramphénicol
et l'acide fusidique.
Macrolides
Les principaux macrolides
sont l'érythromycine, la spiramycine, la midécamycine, la
josamycine, la roxithromycine, la dirithromycine, la clarithromycine
et l'azithromycine.
Les macrolides inhibent
la synthèse protéique en se fixant sur la sous-unité ribosomale
50 S.
Ils pénètrent dans les
bactéries sous la forme non ionisée qui est prédominante à
pH alcalin. Les bactéries Gram positif accumulent environ
100 fois plus de macrolides que les germes Gram négatif, ce
qui explique leur action prédominante sur les germes Gram
positif.
Les macrolides ont une
activité bactériostatique ou bactéricide selon leur concentration
et la sensibilité des germes. Ils sont efficaces sur les cocci
Gram positif aérobies et anaérobies, les cocci gram négatif,
comme les gonocoques et les méningocoques, les bacilles gram
négatif comme Hélicobacter pylori, et des germes comme Legionella
pneumophilia, Mycoplasma, Clamydia. En France, actuellement,
un quart des pneumocoques sont résistants aux macrolides.
La spiramycine est de
plus utilisée dans le traitement de la toxoplasmose de la
femme enceinte (provoquée par Toxoplasma gondii, parasite
protozoaire intracellulaire).
La résistance aux macrolides
est la conséquence d'une diminution de leur pénétration cellulaire,
de leur hydrolyse par des estérases et de modifications ribosomales.
Sur le plan pharmacocinétique,
il faut noter que l'érythromycine peut être inactivée par
le liquide gastrique acide, qu'elle a une bonne diffusion
tissulaire, sauf dans le liquide céphalorachidien.
L'érythromycine inhibe
le catabolisme de plusieurs médicaments comme l'ergotamine,
la carbamazépine, la ciclosporine, le cisapride, la digoxine,
la warfarine, la bromocryptine, l'astémizole. Cette inhibition
peut entraîner des élévations importantes de la concentration
plasmatique d'un autre médicament administré en même temps
et être à l'origine d'effets indésirables parfois graves,
comme ceux qui ont été observés avec l'ergotamine.
La spiramycine n'entraîne
pas ces interactions de type pharmacocinétique et les macrolides
récemment commercialisés, d'après les études effectuées sur
les cytochromes P-450, en entraîneraient moins que l'érythromycine,
mais en pratique, il faut éviter leur association aux médicaments
précédemment cités.
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érythromycine
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ABBOTICINE*
Sirop
ÉRYTHROCINE*
Cp, Sirop, Poudre orale,
Inj
ÉRYFLUID* formes locales
ÉRYTHROGEL* formes locales |
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Josamycine |
JOSACINE*
Cp 500 mg, Sol buv, Poudre orale |
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Midécamycine |
MOSIL*
Cp |
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Spiramycine |
ROVAMYCINE*
Cp
1,5 et 3 M/U, Sirop, Sol buv,
Inj |
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Roxithromycine
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CLARAMID*
Cp 50, 100, 150 m, Poudre orale
RULID*
Cp 50, 100, 150 mg, Poudre orale |
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Dirithromycine
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DYNABAC*
Cp 250 mg |
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Clarithromycine
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ZÉCLAR*
Cp 250 et 500 mg
NAXY* Cp 500 mg |
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Azithromycine |
ZITHROMAX*
Cp
Zithromax* MONODOSE, Cp |
La clarithromycine est
utilisée dans le traitement de diverses infections : sinusites,
bronchites, pneumopathies (Cp à 250 mg) et à posologie plus
élevée (Cp à 500 mg) dans celui des infections à Mycobacterium
avium chez les patients infectés par le VIH ainsi que pour
l'éradication de Helicobacter pylori. Le catabolisme de la
clarithromycine est dose-dépendant, ce qui signifie que sa
concentration dans l'organisme augmente plus fortement que
ne le laisserait supposer l'augmentation de sa posologie.
L'azithromycine est utilisée
dans le traitement des angines et pneumopathies, et sous forme
de monodose dans celui des uréthrites non gonococciques à
Chlamydia trachomatis.
Les principaux effets
indésirables des macrolides sont de type allergique : fièvre,
éruption, éosinophilie, ainsi que des troubles auditifs surtout
après administration parentérale, comme avec les aminosides
: bourdonnements, perte de l'acuité auditive.
Les manifestations digestives
observées au cours des traitements par l'érythromycine ne
sont généralement pas la conséquence de son effet antibiotique
mais de son pouvoir de libérer de la motiline ou d'activer
les récepteurs à la motiline. Des dérivés de l'érythromycine
sans effet antibiotique pourraient être utilisés pour stimuler
la motilité intestinale et traiter la constipation.
Les synergystines, encore
appelées streptogramines, les lincosanides
ainsi que la télithromycine sont habituellement
rattachées au groupe des macrolides.
Les synergystines sont
la pristinamycine et la virginiamycine,
cette dernière n'est plus commercialisée. Elles ont un spectre
d'action relativement large mais sont surtout utilisées dans
le traitement des infections à staphylocoques. La pristinamycine
peut être à l'origine de réactions allergiques et d'atteintes
cutanées parfois sévères.
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Pristinamycine
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PYOSTACINE*
Cp |
La quinupristine-dalfopristine est une association de deux nouveaux antibiotiques semi-synthétiques dérivés de la pristinamycine qui agissent au niveau des sous-unités ribosomales 50 S et inhibent la synthèse protéique bactérienne. L'association s'administre par voie parentérale. Elle est active contre des germes Gram positif comme les staphylocoques, les pneumocoques et les entérocoques résistants à la méthicilline et à la vancomycine.
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Quinupristine +dalfopristine |
SYNERCID* IV perfusion |
Les lincosanides, clindamycine
et lincomycine, ont un spectre d'action semblable à celui
de l'érythromycine mais une meilleure activité contre les
bactéries anaérobies. Elles ont des propriétés similaires,
mais la clindamycine serait plus active.
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Clindamycine |
DALACINE* Cp
75 et 150 mg, Inj |
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Lincomycine |
LINCOCINE* Gélules,
Inj |
Le principal effet indésirable
des lincosamides est l'apparition d'une colite pseudomembraneuse,
parfois grave, provoquée par Clostridium difficile et que
l'on peut traiter par des antibiotiques comme la vancomycine
ou le métronidazole.
La télithromycine, dérivé semi-synthétique de l'érythromycine est classée parmi les kétolides parce qu'elle comporte une fonction cétone mais est rattachée aux macrolides. Elle est utilisée dans le traitement des pneumonies, des bronchites et des sinusites aiguës; Elle peut également être utilisée dans le traitement des angines à streptocoques bêta hémolytique du groupe A. Elle tend à allonger l'espace QT et est contre-indiquée chez les malades ayant un QT long ou une bradycardie. Elle inhibe les cytochromes de type CYP 3A4 avec, comme conséquence, de très nombreuses interactions médicamenteuses. Elle peut donner divers troubles visuels réversibles
et des atteintes hépatiques parfois graves.
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Télithromycine |
KETEK Cp 400 mg |
Chloramphénicol
et thiamphénicol
Le chloramphénicol et
le thiamphénicol ont une activité antibiotique de type bactériostatique
à large spectre. Ils sont actifs sur la quasi-totalité des
germes Gram négatif, Salmonella typhi, Brucella, ainsi que
sur les cocci Gram positif comme Clostridium.
Ils inhibent la synthèse
protéique bactérienne en se fixant à la sous-unité 50 S ribosomale,
sur un site accepteur proche mais différent de celui de la
clindamycine et des macrolides, ils empêchent l'adjonction
d'un amino-acyl-tRNA à la chaîne polypeptidique naissante.
Ils inhibent également
la synthèse protéique par les ribosomes des mitochondries.
Le chloramphénicol inhibe
de plus la synthèse protéique des cellules érythropoïétiques
des mammifères.
La résistance provient
de la synthèse par la bactérie d'une acétyl-transférase d'origine
plasmidique qui les inactive par acétylation.
Sur le plan pharmacocinétique,
ils ont une bonne absorption digestive, une distribution large,
une bonne pénétration dans le liquide céphalorachidien.
Le chloramphénicol n'est
commercialisé en France que sous forme de collyre.
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Chloramphénicol
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CÉBÉNICOL*
Collyre |
| Choramphénicol + dexaméthasone |
CEBEDEXACOL* Collyre |
Le thiamphénicol est
commercialisé sous forme de comprimés et d'une préparation
injectable. Il est indiqué dans les infections à germes résistants
aux autres antibiotiques.
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Thiamphénicol |
THIOPHÉNICOL*
Cp, Inj |
Leurs principaux effets
indésirables sont les atteintes de la moelle osseuse, anémies
aplastiques, agranulocytoses, thrombocytopénies, parfois mortelles,
mais le thiamphénicol est mieux toléré sur le plan hématologique
que le chloramphénicol. En cas de prescription de l'un de
ces deux antibiotiques, une surveillance de l'hémogramme est
nécessaire. On a suspecté les formes locales, les collyres
à base de chloramphénicol, d'être à l'origine d'accidents
hématologiques. Une étude récente semble indiquer que ce n'est
pas le cas, ce qui ne doit pas inciter à le prescrire lorsque
ce n'est pas indispensable.
Le linézolide, antibiotique
de type oxazolidone, agit également
au niveau de la sous-unité 50S. Il est actif contre des germes
résistants aux autres antibiotiques, notammant les staphylocoques. Il a une faible activité IMAO. Pour plus d'informations, voir :
ZYVOXID* (Linézolide).
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Linézolide |
ZYVOXID* Cp, Inj |
Acide fusidique
L'acide fusidique possède
une structure stéroïde. Il inhibe la synthèse protéique en
se fixant au facteur d'élongation EF-G, couplé à la GTPase.
Il empêche ainsi la poursuite de la fixation des amino-acyl-tRNA.
L'acide fusidique exerce
à faible concentration un effet bactériostatique, à plus forte
concentration un effet bactéricide sur les germes Gram positif,
en particulier Staphylococcus aureus. Il est inactif sur les
germes Gram négatif.
L'acide fusidique est
utilisé comme antistaphyloccique en association avec un aminoside
ou une ß-lactamine.
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Acide fusidique
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FUCIDINE*
cp, Sol buv, Inj,
Crème, Pommade
FUCITHALMIC* Gel
ophtalmique |
Extrait de "Les
médicaments" 3ème édition - P. Allain
avec mise à jour Décembre 2005 par P. Allain |