Mitochondries
Les mitochondries sont
des organites intracytoplasmiques entourés de deux membranes,
l'une externe et l'autre interne, séparées par l'espace intermembranaire.
La membrane interne forme des replis à l'intérieur de l'espace
central appelé matrice. Le nombre de mitochondries peut dépasser
10 000 dans des cellules comme les hépatocytes. La membrane externe est
perméable à des molécules dépassant 5 000 daltons. La membrane
interne est peu perméable aux molécules mais contient des
transporteurs permettant un passage sélectif de certaines
molécules et un pore géant, généralement fermé. Les enzymes
de la chaîne respiratoire sont incluses dans la membrane interne.
La matrice contient les enzymes de la ß-oxydation des acides
gras et du cycle de Krebs ainsi que de certaines étapes de
la synthèse de l'hème et des stéroïdes. Le DNA mitochondrial,
différent du DNA nucléaire, est circulaire et d'origine maternelle
et assure le codage d'une partie des protéines mitochondriales,
l'autre partie étant d'origine cytoplasmique et dépendant
du DNA nucléaire. Ces dernières sont importées dans les mitochondries
par des transporteurs appelés translocases. La principale fonction
de la mitochondrie est la production d'ATP, source d'énergie
de l'organisme. Les molécules d'ATP sont produites par une
ATP synthase qui utilise l'énergie potentielle due à l'expulsion
de protons lors des transferts d'électrons par le complexe
I (NADH-Q réductase), le complexe III (QH2-cytochrome C réductase)
et le complexe IV (cytochrome oxydase). L'acétyl CoA provenant
du pyruvate et de la ß-oxydation des acides gras entre dans
le cycle de Krebs qui produit du NADH + H+
et du FADH2
qui donneront leurs électrons à la chaîne respiratoire qui
finalement réduit l'oxygène en eau. Sur le plan physiopathologique,
des altérations mitochondriales sont décrites dans certaines
cardiomyopathies, dans des maladies neurodégénératives dont
la maladie de Parkinson et divers troubles métaboliques. La
production de radicaux libres participerait à l'altération
du DNA mitochondrial. Sur le plan pharmacologique,
l'effet de certains médicaments comme la trimétazidine et
la ranolazine résulterait principalement de l'inhibition de
la ß-oxydation des acides gras par la mitochondrie. La trimétazidine,
bien que n'ayant pas d'effet hémodynamique, a montré un effet
bénéfique dans le traitement prophylactique de l'angor.
|
Trimétazidine |
VASTAREL* Cp, Gouttes
|
La ranolazine n'est pas
actuellement commercialisée en France. Des modulateurs des effets
de la thermogénine, protéine découplante de la phosphorylation
oxydative qui permet la re-entrée des protons dans la mitochondrie
et augmente ainsi la thermogenèse, pourraient avoir un effet
dans le traitement de l'obésité. Un certain nombre d'effets
indésirables des médicaments pourraient être liés à un effet
mitochondrial, soit par altération du DNA mitochondrial, soit
par trouble de la pénétration des acides gras à l'intérieur
de la mitochondrie, soit par ouverture inappropriée du pore
géant de la membrane interne, appelée transition de perméabilité.
Extrait de "Les
médicaments" 3ème édition - P. Allain
|