Cuivre - Métabolisme
Absorption digestive
Le cuivre d'origine alimentaire
est absorbé au niveau de l'estomac et de l'intestin. Tous
les aliments contiennent des traces de cuivre mais le plus
riche est incontestablement le foie et la consommation de
foie est déconseillée chez les malades atteints de la maladie
de Wilson qui ont une surcharge tissulaire en cuivre. Le mécanisme de l'absorption
digestive du cuivre est mal connu, des acides aminés comme
l'histidine la favoriseraient alors que le zinc pourrait l'inhiber.
L'apport quotidien recommandé
de cuivre est de 1 à 3 mg/jour, la quantité absorbée serait
d'environ 0,6 mg/j. Distribution
- Dans le sang
:
- Chez l'homme
adulte, la concentration plasmatique (ou cuprémie) moyenne
est de 0,8 à 1,2 mg/L. Chez la femme, elle varie d'une
manière physiologique; elle est plus élevée en période
d'activité génitale ou en cas de prise d'stroprogestatifs
et surtout en cas de grossesse où elle dépasse très
souvent 2 mg/L.
- Dans le plasma,
le cuivre est à plus de 90% présent dans la céruloplasmine
dont la concentration normale est comprise entre 150
et 450 mg/L, le reste étant lié à l'albumine ou à des
acides aminés comme l'histidine.
- On peut observer
une augmentations de la céruloplasmine et du cuivre
dans le plasma au cours de diverses maladies infectieuses
ou tumorales.
- La céruloplasmine
circulante, contrairement à la transferrine, n'échange
pas d'atomes de cuivre. Elle ne libère le cuivre qu'après
avoir pénétré par endocytose à l'intérieur des cellules.
- La concentration
érythrocytaire de cuivre est proche de celle du plasma.
- Dans les autres
tissus :
- Le cuivre
est présent dans le cytoplasme, le noyau et les mitochondries
de l'ensemble des cellules de l'organisme.
- L'organe
le plus riche en cuivre est le foie où il est fixé par
des métallothionéines qui sont des protéines cytoplasmiques
inductibles, sous l'effet du zinc notamment. Les autres
tissus riches en cuivre sont le cur et le rein.
- Le cuivre
est absolument indispensable au fonctionnement cérébral,
mais on ne connaît pas les mécanismes régulant ses échanges
entre le cerveau et le plasma, on sait cependant que
les groupes SH jouent un rôle déterminant.
Excrétion
La principale voie d'élimination
du cuivre est la bile, mais son mécanisme est mal élucidé.
Le cuivre est éliminé par la bile sous une forme non réabsorbable.
L'élimination urinaire
est faible, inférieure à 50 généralement de l'ordre de 10 dépassant
50 ou 100 mg par jour évoque une maladie de Wilson. Anomalies du métabolisme
Deux maladies, la maladie
de Wilson et la maladie de Menkes sont liées à un trouble
de la distribution du cuivre par anomalie d'une ATPase transportant
le cuivre. Il coexiste chez les malades qui en sont atteints
des tissus surchargés et des tissus déficients en cuivre.
La maladie de Wilson
qui atteint une personne sur 40 000, a une transmission autosomique
récessive et est liée à une anomalie située sur le chromosome
13 conduisant à la synthèse d'une pompe Cu-ATPase insuffisante
pour faire sortir l'excès de cuivre des cellules, permettre
sa sécrétion dans la bile et son incorporation dans la céruloplasmine.
Le cuivre s'accumule dans le foie provoquant des troubles
hépatiques, dans le cerveau entraînant des troubles neurologiques,
notamment une dysarthrie, et des troubles psychiatriques,
alors que dans le plasma sa concentration est nettement abaissée.
Son élimination urinaire est très augmentée, supérieure à
50 La maladie de Wilson
est traitée par des chélateurs (pénicillamine, trientine)
et par une supplémentation en zinc qui joue le rôle d'antagoniste
du cuivre. L'ammonium tétrathiomolybdate diminue l'absorption
digestive du cuivre mais son utilisation en thérapeutique
reste à évaluer. Dans la maladie de Menkes,
maladie congénitale liée au sexe, l'anomalie se trouvant sur
le bras long du chromosome X, il y a une diminution du cuivre
dans le foie, le cerveau et le plasma. La pompe Cu-ATPase,
présente au pôle basal des entérocytes et assurant l'absorption
digestive du cuivre est déficiente. A défaut de traitement
génétique, la maladie de Menkes est traitée par administration
de cuivre par voie parentérale mais avec des résultats assez
médiocres.
Extrait de "Les
médicaments" 3ème édition - P. Allain
avec mise à jour Mars 2006 par P. Allain |