Interactions médicamenteuses
Lorsque deux ou plusieurs
médicaments sont prescrits simultanément à un même malade,
leurs effets peuvent en être modifiés. Effets indépendants
Les effets propres de
deux ou plusieurs médicaments peuvent être indépendants l'un de l'autre tout en étant complémentaires. Par
exemple, l'action d'un antibiotique prescrit pour traiter
un abcès très douloureux peut être indépendante de celle d'un
antalgique prescrit simultanément. L'antalgique ne modifie
pas l'action de l'antibiotique et réciproquement. Interactions On parle d'interactions
médicamenteuses quand l'effet E1 d'un médicament M1 est modifié
par l'effet E2 d'un médicament M2. Pour que cette interaction
apparaisse, il faut que les médicaments M1 et M2 soient simultanément
présents dans l'organisme ou que les effets de l'un d'eux
persistent encore lors de l'administration du deuxième. Quels
que soient les mécanismes responsables de cette interaction,
et qu'il s'agisse d'un effet recherché ou indésirable, on
peut observer une synergie, une potentialisation ou un antagonisme.
- Synergie
- additive totale
lorsque les effets E1 et E2 s'ajoutent totalement.
- additive partielle
lorsque les effets s'ajoutent partiellement.
- Potentialisation
- Lorsque l'effet
E1 du médicament M1 est augmenté sous l'effet E2 du
médicament M2 de telle manière que la somme des effets
E1 + E2 soit nettement supérieure à leur simple addition,
on dit qu'il y a potentialisation.
- Antagonisme
- Il y a antagonisme
lorsque l'effet E1 du médicament M1 est diminué ou supprimé
sous l'effet E2 du médicament M2 ou réciproquement.
Les interactions entre
deux médicaments dépendent :
- de leurs effets
directs ou indirects
- des modifications
de leurs paramètres pharmacocinétiques
- des deux mécanismes
précédents à la fois.
Les interactions liées
aux effets des médicaments sont dans la plupart des cas prévisibles.
Ainsi, l'administration simultanée de deux médicaments donnant
des effets similaires (deux anticoagulants, deux vasoconstricteurs,
deux hypnotiques etc.), agissant par le même mécanisme ou
non, ont en général des effets synergiques. Les interactions de type
pharmacocinétique sont, du moins au premier abord, plus inattendues.
Par exemple, la plupart des macrolides (érythromycine, troléandomycine),
qui sont des antibiotiques, potentialisent les effets des
dérivés de l'ergot de seigle comme l'ergotamine qui est un
vasoconstricteur. L'explication de cette potentialisation
qui a entraîné des accidents graves est d'origine pharmacocinétique
: les macrolides inhibent l'inactivation de l'ergotamine dans
l'organisme, l'ergotamine s'accumule donc et devient toxique.
Les interactions entre
deux médicaments s'observent en général lorsque les deux médicaments
sont pris simultanément ou avec un intervalle de temps assez
court, de quelques heures à une journée. Mais des interactions
sont possibles avec des intervalles séparant la prise de l'un
de celle de l'autre beaucoup plus longs, de quelques jours
à deux ou trois semaines. Dans ce dernier cas, l'un au moins
des médicaments a des effets prolongés provenant, le plus
souvent, d'une forme retard à libération prolongée ou d'une
inhibition enzymatique irréversible nécessitant une synthèse
nouvelle de l'enzyme.
Extrait de "Les
médicaments" 3ème édition - P. Allain
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