Inhibiteurs de
la libération d'acétylcholine
La toxine botulinique,
produite par le bacille gram positif, anaérobie et sporulant,
Clostridium botulinum, se fixe aux terminaisons cholinergiques,
notamment neuromusculaires, dans lesquelles elle pénètre par
endocytose. C'est une enzyme à zinc qui, à l'intérieur du
cytoplasme, hydrolyse des protéines comme la synaptobrévine,
le VAMP (vesicle-associated membrane protein) nécessaires
à la migration et à l'exocytose des vésicules contenant l'acétylcholine.
Elle inhibe ainsi la libération d'acétylcholine.
Le botulisme, qui se
rapproche plus d'une intoxication que d'une infection, se
traduit par une parésie ou une paralysie des muscles assurant
la motricité oculaire, la déglutition, l'élocution, la posture
et la locomotion. Une sécheresse de la bouche est également
observée.
La toxine botulinique
est actuellement le seul inhibiteur de la libération d'acétylcholine
utilisé en thérapeutique. Administrée localement dans un muscle,
elle pénètre à l'intérieur des terminaisons cholinergiques
présynaptiques et inhibe la libération d'acétylcholine par
exocytose. Elle provoque une véritable dénervation des muscles
qui s'atrophient.
Elle est utilisée dans
le traitement de diverses dystonies, blépharospasme, torticolis
spasmodique, hémispasme facial, strabisme. Injectée dans le
sphincter inférieur de l'œsophage, elle améliore un trouble
de la motilité de l'œsophage, appelé achalasie. Son effet apparaît
en deux ou trois jours et dure longtemps, environ trois mois. Elle est par ailleurs utilisée dans le traitement de certaines rides.
Le principal danger de
la toxine botulinique injectée localement est sa diffusion
au niveau de muscles voisins de ceux que l'on souhaite inhiber
et qui sont malencontreusement paralysés. Son utilisation
est réservée aux spécialistes.
|
Toxine botulinique
|
BOTOX* Inj
DYSPORT* Inj
NEUROBLOC*, Inj
VISTABEL* Inj, (rides) |
Remarques
- Pipérazine
- La pipérazine
est utilisée comme antihelminthique dans le traitement
des oxyuroses (Enterobius vermicularis) et des ascaridioses
(Ascaris lumbricoides). La pipérazine, en provoquant
une paralysie des helminthes par inhibition des effets
de l'acétylcholine, provoque leur décrochement de
la paroi digestive et leur élimination. Bien qu'absorbée
par le tube digestif, la pipérazine ne provoque pas
d'inhibition neuromusculaire chez l'homme. La raison
de sa sélectivité d'action sur les vers n'est pas
connue.
- Pyrantel
pamoate (Combantrin*,
Helmintox*)
- Le pyrantel
est un antihelminthique actif sur Enterobius vermicularis,
Ascaris lumbricoides, Ankylostoma duodenale, Necator
americanus, Trichuris trichiura. Le pyrantel provoque
une paralysie des vers précédemment cités par dépolarisation
consécutive à l'activation des récepteurs neuromusculaire
nicotiniques; de plus il inhibe les cholinestérases.
La paralysie est à l'origine de l'expulsion des vers.
- Il est
très peu absorbé par le tube digestif, ce qui est
à l'origine de sa sélectivité d'action. Lorsqu'il
est administré expérimentalement par voie parentérale
chez l'animal, il entraîne une paralysie due à l'inhibition
de la transmission neuromusculaire.
- Le pyrantel
a un mécanisme d'action opposé à celui de la pipérazine.
Ces deux produits étant antagonistes ne doivent pas
être utilisés simultanément.
- Il
existe un autre antiparasitaire utilisé dans le traitement
de l'oxyurose, le pyrvinium ou POVANYL* agissant par un
mécanisme mal précisé mais différent de celui du pyrantel.
| Sommaire de ce chapitre : | |
|
Extrait de "Les médicaments" 3ème édition - P. Allain
avec mise à jour Août 2008 par P. Allain |