Atropiniques
Il est exceptionnel que
toutes les propriétés de l'atropine soient utiles simultanément
chez le même malade. On a donc cherché à obtenir des produits
ayant d'une part une plus grande spécificité d'action (sur
tels types de récepteurs M1,
M2,...),
et d'autre part des caractéristiques pharmacocinétiques les
rendant plus adaptés à tel ou tel usage. Leurs effets indésirables
et leurs contre-indications sont toutefois semblables à ceux
de l'atropine.
Mydriatiques
Le tropicamide est l'atropinique
le plus utilisé comme mydriatique.
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Tropicamide |
MYDRIATICUM*
Collyre |
Le tropicamide se différencie
de l'atropine par sa plus courte durée d'action qui est d'environ
1 heure 30. L'effet apparaît en 10 minutes, est maximum en
15 ou 20 minutes. La pupille retrouve son diamètre normal
en 6 heures environ.
Le cyclopentolate est présenté sous forme de collyre mydriatique avec effet de plus courte durée que l'atropine.
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Cyclopentolate |
SKIACOL* Collyre |
Antisécrétoires
gastriques
Divers atropiniques,
utilisés comme anti-ulcéreux, y compris la pirenzépine qui
a une spécificité d'action beaucoup plus grande que l'atropine
sur le tube digestif, notamment sur l'estomac, ont été retirés
du commerce à la suite de l'introduction en thérapeutique
des antihistaminiques H2
et des inhibiteurs de la pompe à protons qui sont plus
efficaces et mieux tolérés.
Bronchodilatateurs
atropiniques
Les
atropiniques
utilisés comme bronchodilatateurs sont l'ipratropium
et le tiotropium.
Ils sont administrés
par voie pulmonaire, sous forme d'aérosol, dans le traitement
préventif et curatif de l'asthme. Leur efficacité est toutefois
inférieure à celle des b-mimétiques.
L'avantage de ces produits
par rapport à l'atropine est d'ordre pharmacocinétique : comme
ils comportent un ammonium quaternaire dans leur formule chimique,
ils ne sont que peu ou pas absorbés au niveau des bronches
et ont donc un effet local prédominant.
Il existe également une
préparation à usage nasal destinée au traitement des rhinorrhées.
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Ipratropium |
ATROVENT*
Inhalation
ATROVENT
NASAl* Sol. nasale |
| Tiotropium |
SPIRIVA* Poudre par inhalation |
À effet vésical
La toltérodine est un
antagoniste cholinergique dont l'effet sur la vessie prédomine.
Il est utilisé dans le traitement de l'instabilité vésicale
avec symptômes de miction impérieuse ou incontinence.
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Toltérodine |
DÉTRUSITOL*
Cp |
L'oxybutynine, qui a
un effet musculotrope et atropinique, est proposée dans le
traitement de l'incontinence urinaire de l'adulte et pourrait
être utilisée dans le traitement de certaines énurésies infantiles.
Le trospium, anticholinergique
connu depuis longtemps, comportant un groupe ammonium quaternaire
dans sa structure, a fait l'objet d'études récentes dans les
troubles urinaires.
La solifénacine, atropinique récent est utilisé dans le traitement de l'incontinence urinaire.
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Solifénacine |
VESICARE* Comprimés |
Antispasmodiques
Les médicaments atropiniques
ont des propriétés antispasmodiques, mais tous les antispasmodiques
ne sont pas nécessairement des atropiniques. L'effet antispasmodique
de certains d'entre eux provient de propriétés dites musculotropes
car résultant de leur effet direct sur le muscle sans intervention
des récepteurs muscariniques.
Les antispasmodiques
atropiniques sont, outre l'atropine elle-même, la dihéxyvérine,
le prifinium et la propanthéline
qui n'est plus commercialisée.
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Dihexyvérine |
SPASMODEX*
Cp, Inj, Sup |
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Prifinium |
RIABAL*
Solution buvable (enfants) |
Dans les antispasmodiques
mixtes, c'est-à-dire ayant à la fois un effet atropinique
et un effet musculotrope, on peut classer le tiémonium, bien
que son activité musculotrope soit prédominante par rapport
à son activité atropinique.
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Tiémonium |
VISCÉRALGINE*
Cp |
Remarque :
- Les antispasmodiques
musculotropes comme le phloroglucinol (SPASFON*), le pinavérium
(DICÉTEL*), la mébévérine (DUSPATALIN*) et la trimébutine (DEBRIDAT*) semblent agir par effet
anticalcique (Voir "Inhibiteurs
calciques").
- Ces antipasmodiques
sont prescrits pour traiter les coliques hépatiques, les
coliques néphrétiques, les colopathies et les dysménorrhées.
Antiparkinsoniens
On admet que la maladie
de Parkinson est la conséquence de la destruction des neurones
dopaminergiques, ce qui entraînerait un déséquilibre de la
balance effets adrénergiques/effets cholinergiques, avec un
excès de type cholinergique. Les antiparkinsoniens de synthèse
par leurs effets atropiniques réduisent ce fonctionnement
cholinergique relativement excessif. Ce sont le trihexyphénidyle,
la tropatépine et le bipéridène.
Ces médicaments, en particulier
le trihexyphénidyle, sont très utilisés pour la prévention
et le traitement des dyskinésies provoquées par les neuroleptiques.
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Trihexyphénidyle
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ARTANE*
Cp 2 et 5mg
Cp retard 15 mg,
Gt, Inj
PARKINANE LP* Gél 2 et 5 mg |
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Tropatépine |
LEPTICUR*
Cp 10 mg, Inj
LEPTICUR
PARK* Cp 5mg |
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Bipéridène |
AKINETON
RETARD* Cp |
Autres médicaments
Il faut insister sur
le fait que divers médicaments dont la propriété principale
n'est pas d'être atropiniques ont des propriétés atropiniques
et peuvent avoir les effets indésirables qui en découlent.
C'est le cas de nombreux neuroleptiques et antidépresseurs.
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Extrait de "Les médicaments" 3ème édition - P. Allain
avec mise à jour Août 2008 par P. Allain |