Adénosine
L'adénosine est un nucléoside
endogène, présent dans toutes les cellules de l'organisme.
Métabolisme
L'adénosine peut provenir
de l'hydrolyse de l'adénosine-monophosphate, AMP, sous l'influence
d'une 5-nucléotidase, enzyme à la fois intra et extracellulaire,
ou de celle de l'adénosylhomocystéine.
L'adénosine est métabolisée
:
- en inosine sous
l'influence de l'adénosine déaminase, l'inosine elle-même
donnant l'hypoxanthine sous l'influence d'une purine nucléoside
phosphorylase. L'inhibition de l'adénosine déaminase tend
à augmenter la concentration d'adénosine.
- en adénosine-monophosphate
(AMP) sous l'influence d'une adénosine kinase, ATP-dépendante
Les mécanismes de la
libération d'adénosine comme neuromodulateur au niveau du
système nerveux central sont mal connus. Durant les ischémies,
l'adénosine est libérée à partir de l'AMP par des nucléotidases
cytoplasmiques et membranaires. L'adénosine libérée dans
le plasma a une demi-vie extrêmement courte, environ une seconde,
car, outre les biotransformations métaboliques, elle est captée
par les érythrocytes. Des effets à distance des sites de sa
libération sont donc peu probables.
Adénosine et Adénosine
triphosphate (ATP)
Récepteurs et effets
L'adénosine exerce ses
effets par l'intermédiaire de récepteurs purinergiques P1
qui sont de type A1,
A2
(A2A,
A2B)
et A3.
L'activation des récepteurs
A1
inhibe l'adénylcyclase, diminue la concentration d'AMP cyclique
intracellulaire et favorise l'ouverture des canaux potassiques,
ce qui réduit indirectement la pénétration de calcium à l'intérieur
de la cellule. La stimulation des récepteurs
A2
a un effet inverse, elle active l'adénylcyclase.
Les effets de la stimulation
des récepteurs A3
sont encore mal cernés; on sait cependant qu'elle entraîne
une dégranulation des mastocytes avec libération de divers
médiateurs à effet pro-inflammatoire.
L'inosine serait le principal agoniste du récepteur A3.
Les effets de l'adénosine
résultant de la stimulation des récepteurs A1,
A2
et A3
aux conséquences souvent opposées sont extrêmement
complexes.
- Effet
cardiovasculaire
- Cœur :
- L'adénosine
ralentit le rythme sinusal et surtout la conduction
auriculo-ventriculaire; elle est bradycardisante
(effet A1)
et peut être utilisée pour traiter les tachycardies
supraventriculaires. Elle agit en favorisant l'ouverture
des canaux potassiques qui, laissant sortir le potassium,
augmentent la polarisation cellulaire. C'est une
action de même type que celle de l'acétylcholine
à ce niveau. L'adénosine s'oppose de plus à l'effet
inotrope positif des catécholamines.
- Elle
pourrait réduire l'importance des atteintes cardiaques
observées lors de la reperfusion post-ischémique.
- Vaisseaux
:
- Par stimulation
des récepteurs A2,
l'adénosine a un effet dilatateur des vaisseaux
squelettiques et coronaires ainsi que des artérioles
efférentes glomérulaires. Son action vasodilatatrice
est partiellement dépendante de la présence de l'endothélium.
- Par stimulation
des récepteurs A1,
elle provoque une vasoconstriction y compris des
artérioles afférentes glomérulaires.
- Elle
stimule (effet A2)
et inhibe (A1)
la sécrétion de rénine. Elle a un effet anti-agrégant
plaquettaire (A2).
- Elle
a un effet algogène. Injectée par voie intra-artérielle,
notamment intracoronaire, elle entraîne des douleurs.
Libérée lors d'une crise d'angor, son rôle serait
peut-être d'alerter le malade pour qu'il arrête
toute activité physique.
- Effet
bronchique : l'adénosine administrée en aérosol provoque
une bronchoconstriction (effet A1)
chez l'asthmatique, mais pas chez l'homme normal. Il est
possible qu'elle intervienne dans la physiopathologie de
l'asthme.
- Effet
sur le système nerveux central : L'adénosine a des effets
complexes, elle a un effet sédatif et anticonvulsivant (A1),
elle réduit (A1)
ou augmente (A2)
la libération de neuromédiateurs comme la noradrénaline
et l'acide glutamique.
- Des agonistes
des récepteurs à l'adénosine qui pénètrent dans le cerveau
ont des effets anticonvulsivants; certains antagonistes
faciliteraient la mémorisation.
- Au niveau
de la moelle épinière, l'adénosine pourrait avoir un
effet analgésique et la morphine favoriserait sa libération.
Cet effet contraste avec son action algogène au niveau
des coronaires.
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Effet A1
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Effet A2
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Coeur
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Ralentissement
du rythme
Effet inotrope
négatif |
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Vaisseaux
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Vasoconstriction
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Vasodilatation
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Bronches
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Bronchoconstriction |
Bronchodilatation |
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Système nerveux
central
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Sédation
Effet anti-convulsivant
Diminution de la
libération de neuromédiateurs |
Effets complexes
de type stimulant
Augmentation de
la libération de neuromédiateurs |
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Thrombocytes
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Effet anti-agrégant plaquettaire |
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Mastocytes
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Dégranulation
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Sécrétions intestinales
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Inhibition
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Principaux effets A1 et A2 de l'adénosine
- Autres
effets : L'adénosine module un certain nombre de réactions
immunitaires et exerce des effets anti-inflammatoires par
stimulation des récepteurs A2,
ceux des neutrophiles notamment.
- Elle participe
à la régulation de la production d'érythropoïétine d'une
manière complexe : elle l'inhiberait par effet A1
et la stimulerait par effet A2.
Utilisation thérapeutique
Adénosine L'adénosine elle-même
est utilisée comme anti-arythmique dans le traitement des
tachycardies supraventriculaires (tachycardie de Bouveret).
Elle s'administre en bolus intraveineux sous contrôle électrocardiographique
et en milieu spécialisé. Les effets indésirables les plus
fréquents de ce traitement sont bradycardies sévères, dyspnées,
bronchospasmes.
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Adénosine |
KRENOSIN* Inj
ADENOSCAN* Inj |
L'adénosine monophosphate
est proposée comme veinotonique, mais son mécanisme d'action
n'est pas bien élucidé.
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Adénosine monophosphate
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ADÉNYL*
Cp |
Adénosinomimétiques
indirects Les adénosinomimétiques
indirects agissent par l'intermédiaire de l'adénosine endogène
par différents mécanismes
- Augmentation
de sa synthèse ou de sa libération : il n'y a pas de médicament
commercialisé agissant par ce mécanisme.
- Diminution
de sa recapture : le dipyridamole inhibe la recapture d'adénosine.
Il est proposé dans la prévention des accidents thrombo-emboliques
mais son efficacité en clinique est faible.Toutefois, associé
à l'aspirine, il potentialise l'effet antiagrégant de cette
dernière.
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Dipyridamole
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PERSANTINE*
Cp, Inj |
- Inhibition
de son catabolisme : la pentostatine ou 2-déoxycoformycine,
isolée à partir de Streptomyces antibioticus, est un puissant
inhibiteur de l'adénosine déaminase. Elle augmente considérablement
la concentration d'adénosine intracellulaire et prive la
cellule d'inosine et de ses métabolites (Voir
"Médicaments, biosynthèse et dégradation des protéines".).
La pentostatine a une activité antinéoplasique et une activité
immunodépressive. Elle potentialise, en outre, les effets
de l'adénosine et de ses analogues antiviraux, comme l'arabinofuranosyl-adénine
ou de ses analogues immunosuppresseurs.
- Toutefois
en raison de sa toxicité, la pentostatine n'est utilisée
que dans le traitement des maladies graves, notamment
la leucémie à tricholeucocytes.
Remarque :
- La déficience
héréditaire en adénosine déaminase se traduit par un syndrome
d'immunodéficience attribué à l'excès d'adénosine et de
déoxyadénosine. La pégadémase, non commercialisée en France,
est une adénosine déaminase d'origine bovine, conjuguée
à du polyéthylène-glycol, et utilisée pour traiter ces
déficiences.
Extrait de "Les médicaments" 3ème édition - P. Allain
avec mise à jour Août 2008 par P. Allain |