Acétylcholinomimétiques
directs
Les acétylcholinomimétiques,
appelés aussi cholinomimétiques, sont des produits qui reproduisent les effets de l'acétylcholine, de façon directe
ou indirecte.
Certains pénètrent facilement
dans le cerveau et ont des effets centraux prédominants. D'autres
y pénètrent mal et ont des effets périphériques prédominants.
De là dépendront leurs indications thérapeutiques respectives.
Les cholinomimétiques
directs produisent leurs effets en agissant eux-mêmes sur
les récepteurs cholinergiques. Alors que l'acétylcholine active
tous les types de récepteurs cholinergiques, d'autres cholinomimétiques
agissent préférentiellement sur un type donné de récepteurs
cholinergiques, soit muscariniques, soit nicotiniques.
Les cholinomimétiques
directs utilisés en thérapeutique sont, outre l'acétylcholine,
la carbaminoylcholine, la pilocarpine, l'acéclidine et la
nicotine.
Acétylcholine
L'acétylcholine n'est
pas utilisée par voie générale mais seulement en solution
intra-oculaire pour l'obtention rapide d'un myosis au cours
de la chirurgie oculaire.
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Acétylcholine |
MIOCHOLE* Sol intra-oculaire
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Carbachol
Par remplacement de l'acide
acétique de la molécule d'acétylcholine par l'acide carbamique
on obtient le carbachol ou carbaminoylcholine qui est relativement
résistant aux cholinestérases et devient ainsi plus actif
mais aussi plus toxique. Il possède des actions muscariniques
et nicotiniques. Il a été utilisé par voie locale, sous forme
de collyre, dans le traitement du glaucome mais, en raison
de sa toxicité, il ne l'est plus.
Béthanéchol
Le béthanéchol ou carbamylméthylcholine
a des effets essentiellement muscariniques et stimule la motricité
gastro-intestinale et vésicale. Il peut être obtenu par ATU
pour le traitement du reflux gastro-oesophagien du nourrisson
Dans d'autres pays il est utilisé dans le traitement de l'atonie
vésicale en stimulant la miction.
Pilocarpine
La pilocarpine, alcaloïde
d'origine végétale, aux propriétés essentiellement muscariniques,
provoque une hypersécrétion sudorale et salivaire. Actuellement,
la pilocarpine est surtout utilisée sous forme de collyre
dans le traitement du glaucome où elle agit en favorisant
l'écoulement de l'humeur aqueuse par le trabeculum puis le
canal de Schlemm du fait de la diminution du diamètre de l'iris.
Elle est
également utilisée par voie générale dans le traitement des hyposialies. Elle est présente dans plusieurs spécialités pharmaceutiques.
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Pilocarpine |
ISOPTO-PILOCARPINE*
Collyre
SALAGEN* Cp à 5 mg |
Acéclidine
L'acéclidine est un cholinomimétique
de synthèse, utilisé sous forme de collyre dans le traitement
du glaucome et agissant par le même mécanisme que la pilocarpine.
Nicotine
La nicotine est un alcaloïde
du tabac qui passe dans la fumée. Elle stimule les récepteurs
nicotiniques des ganglions du système nerveux autonome et
du cerveau, mais peut les paralyser à doses très élevées.
Elle est utilisée comme médicament et comme insecticide.
Action sur le système
nerveux autonome : effet ganglionnaire
La nicotine, dans un
premier temps et à doses faibles, stimule les récepteurs ganglionnaires
du système nerveux autonome, ce qui se traduit par la libération
d'acétylcholine par les terminaisons cholinergiques, et de
noradrénaline par les terminaisons adrénergiques et la glande
médullosurrénale. C'est seulement à doses très élevées qu'elle
inhibe la transmission ganglionnaire.
Action cardiovasculaire
L'analyse des modifications
cardiovasculaires produites par la nicotine chez un animal
anesthésié rend compte de la complexité de ses effets. Une
injection intraveineuse de nicotine à dose moyenne provoque
successivement :
- une
hypotension par stimulation du ganglion parasympathique
avec libération d'acétylcholine qui ralentit le cœur et diminue
la force de ses contractions. Cette hypotension est supprimée
par l'atropine.
- une
hypertension artérielle par stimulation du ganglion sympathique
et libération de catécholamines, à l'origine d'une stimulation
cardiaque et d'une vasoconstriction. Cette hypertension
est inhibée par les adrénolytiques a.
L'antagoniste sélectif
de l'ensemble des effets stimulants de la nicotine sur le
système nerveux autonome est un ganglioplégique de type penthonium,
qui agit au niveau de la synapse interneuronale (Voir
"Synapses du système nerveux autonome").
Lorsque la nicotine est
administrée à plusieurs reprises et d'une manière rapprochée,
ses effets s'atténuent puis disparaissent : il y a tachyphylaxie;
c'est la composante parasympathique, c'est-à-dire hypotensive,
qui s'atténue et disparaît avant la composante sympathique,
c'est-à-dire hypertensive.
Ce n'est qu'avec des
doses extrêmement élevées que l'on parvient à la paralysie
des ganglions sympathiques, ce qui se traduit par un abaissement
de la pression artérielle.
Action sur les fibres
lisses et les sécrétions
La nicotine provoque
des nausées, des vomissements, comme on peut l'observer lors
des premières cigarettes, et une augmentation du péristaltisme
intestinal au stade de stimulation. A doses très élevées apparaît
une diminution du tonus et de la motilité (stade de paralysie).
Selon les doses, la nicotine
stimule ou inhibe diverses sécrétions digestives et cutanées.
Action sur la plaque
motrice : transmission neuromusculaire
L'effet de la nicotine
sur les récepteurs cholinergiques de la synapse neuromusculaire
est beaucoup moins important que celui qu'elle exerce sur
le ganglion du système nerveux autonome. La nicotine à faible
dose favorise la transmission neuromusculaire, ce qui se traduit
par des fasciculations des muscles squelettiques; à dose élevée,
elle tend à l'inhiber.
Action sur le système
nerveux central
La nicotine et le tabac,
par leur effet stimulant, semblent améliorer l'attention dans
les tâches monotones et faciliter la mémorisation. La nicotine
a, de plus, une action anxiolytique et antinociceptive.
Elle diminue l'activité
de la monoamine oxydase cérébrale, ce qui expliquerait peut-être
la moindre fréquence de la maladie de Parkinson chez les fumeurs,
comparée à celle des non fumeurs.
Son utilisation entraîne
une tolérance à ses effets, ce qui conduit les fumeurs à augmenter
leur consommation ; elle entraîne aussi, par augmentation
de la libération de dopamine, une dépendance qui rend difficile
son arrêt.
Les symptômes de sevrage
apparaissent habituellement quelques heures après son arrêt,
sont à leur maximum en quelques jours et durent environ un
mois.
A forte dose, la nicotine
provoque des tremblements et des convulsions. Différentes
substances, en particulier les antiparkinsoniens, peuvent
inhiber ces manifestations.
Par ailleurs, la nicotine
possède une action antidiurétique par stimulation de la libération
de l'hormone antidiurétique.
Action sur la respiration
Par stimulation des chémorécepteurs
du sinus carotidien, la nicotine peut entraîner des modifications
de la respiration, bien mises en évidence par injection intraveineuse
chez l'animal (apnée, stimulation, apnée). A dose toxique,
on observe une dépression respiratoire pouvant aller jusqu'à
l'arrêt respiratoire.
Toxicité
La voie habituelle d'absorption
de la nicotine est la voie respiratoire chez les fumeurs actifs
et passifs, mais une absorption digestive de
nicotine présente dans certains aliments d'origine végétale est possible. Une
cigarette contient de 6 à 11 mg de nicotine dont 1 à 3 mg
seront absorbés par voie pulmonaire.
La nicotine existe aussi
sous forme concentrée dans certains insecticides et, en raison
de ses propriétés caustiques, elle est rapidement absorbée
par toutes les voies (voie orale, muqueuse et même cutanée)
et peut donner lieu à des intoxications d'autant plus graves
qu'elle touche des sujets non fumeurs, en raison de l'absence
de tachyphylaxie.
Chez le fumeur, la nicotine
semble responsable d'une certaine vasoconstriction périphérique
et d'une élévation de la pression artérielle systolique et
diastolique. Le tabac est déconseillé en cas de maladie cardiovasculaire
car son utilisation augmente les risques d'accidents cardiovasculaires.
Enfin, rappelons que
le tabac augmente considérablement le risque de cancer des
voies respiratoires, mais parmi les quatre mille substances,
environ, présentes dans la fumée de tabac, la nicotine n'est
pas le composant responsable de la cancérisation.
Utilisation thérapeutique
La nicotine est utilisée
pour faciliter l'arrêt du tabac. Elle est commercialisée sous
forme de gomme à mâcher et de dispositifs d'administration
transdermique qui assurent une absorption meilleure et plus
régulière que la prise par voie buccale. La prise de nicotine
diminue le besoin de fumer et peut faciliter l'arrêt du tabac,
mais elle ne provoque pas de réaction de répulsion vis-à-vis
de lui. Il faut donc avertir les malades qu'ils doivent cesser
de fumer volontairement.
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Nicotine |
NICORETTE* Gomme à mâcher, Dispositif transdermique, Inhaleur
NICOTINELL* Gomme à mâcher, TTS
NICOPACH* |
Remarques :
- Des analogues
de la nicotine pourraient avoir un intérêt dans le traitement
de certains troubles de mémoire.
- L'épibatidine
est un alcaloïde agoniste très puissant des récepteurs
nicotiniques qui a une activité antinociceptive.
Extrait de "Les
médicaments" 3ème édition - P. Allain
avec mise à jour Septembre 2004 par P. Allain |