Griffithsine, protéine antivirale, antiVIH à usage local

La griffithsine, souvent désignée par GRFT, est une protéine de 121 acides aminés, isolée à partir d’un extrait aqueux d’une algue rouge appelée Griffithsia. C’est une lectine qui se fixe avec une très grande spécificité à la partie glucidique (mannose) des glycoprotéines présentes à la surface des cellules notamment le gp120 présent à la surface du VIH. La griffithsine inhibe ainsi la fixation et la pénétration du VIH dans la cellule cible. Plusieurs études montrent qu’elle pourrait avoir un intérêt comme gel vaginal dans la prévention de l’infection par le VIH.

La griffithsine est présente dans l’algue rouge mais en quantité faible, peu compatible avec l’obtention d’une quantité suffisante pour une utilisation comme microbicide vaginal.  On a donc eu recourt au génie génétique pour la synthétiser, d’abord au moyen d’Escherichia coli et surtout Nicotiana benthamiania. Ce plant de tabac génétiquement modifié (c’est un OGM) synthétise de la griffithsine en grande quantité, on trouve dans ses feuilles environ 1 g par kg, ce qui semble résoudre le problème de son obtention. Aucune préparation de griffithsine ne semble actuellement commercialisée.

Au total, il s’agit d’études expérimentales très intéressantes mais il est peu probable que le gel de griffithsine soit aussi efficace que le préservatif. Son utilisation conjointe avec le préservatif pourrait s’envisager.

Pour en savoir plus sur la griffithsine, voir ici et cet article.

Rappel

Deux inhibiteurs de l’entrée du VIH dans la cellule cible  sont utilisés en thérapeutique par voie générale, l’enfuvirtide, inhibiteur de gp41, et maraviroc, antagoniste de CCR5 : 

Enfuvirtide, Fuzéon*, préparation pour injection sous-cutanée

Maraviroc, Celsentri*, comprimés.

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